Notre Voie : Madame le directeur général, déjà 30 ans que la COOPEC existe. Pouvez-vous brièvement nous parler de votre institution ?
Marie Virginie Doffou : Oui, effectivement, le réseau a 30 ans. Il a commencé dans les zones rurales, parce que c'était destiné au monde rural pour lutter contre la pauvreté. A l'époque, et même aujourd'hui, on disait, et on le dit encore, que l'économie de ce pays repose sur le monde rural. Il fallait donc trouver des infrastructures financières au monde rural, acteur de cette économie. La Coopérative rural d'épargne et de crédit (CREP) est l'ancêtre des COOPEC aujourd'hui. La première CREP a été installée à Kouto, dans le Nord du pays. Progressivement, ce réseau s'est étendu parce qu'aujourd'hui on parle de plus en plus de lutte contre la pauvreté. La pauvreté sévit plus en zone urbaine qu'en zone rurale, parce qu'en zone rurale, il y a encore un brin de solidarité entre les familles, tandis qu'elle a disparu en zone urbaine. On a pris l'initiative de créer la première COOPEC à Abobo, non loin du lycée St Joseph. C'est une caisse urbaine créée en zone urbaine, donc on ne pouvait plus dire CREP. On a trouvé le vocable de COOPEC (Coopérative d'épargne et de crédit). A l'époque, celle d'Abobo s'appelait COOPA. On l'a appelée ensuite COOPEC. A la suite du succès remporté par cette caisse, plusieurs communes et plusieurs sous-préfectures ont eu leur COOPEC. Il y a quelques difficultés liées à la situation globale du pays, sinon la situation financière est reluisante et nous sommes au-delà de 160 agences à travers tout le pays. Malgré la crise qui perdure, nous avons continué l’extension du réseau. Nous avons 165 COOPEC dont 46 en zone assiégée.
N.V. : Il se raconte de plus en plus que la COOPEC est devenue une véritable banque. Vous auriez même mis en place la monétique comme les banques …
M.V.D. : La COOPEC n'est pas une banque. La COOPEC, comme son nom l'indique, c'est la coopérative d'épargne et de crédit...
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