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Réunion des bailleurs pour améliorer l'efficacité de l'aide

Michel Aublanc - AFD

20 octobre 2006 – En pleine surenchère de l’aide publique et privée pour le développement, les directeurs des plus grandes agences d’aides bilatérales et multilatérales au monde, ainsi que des investisseurs et des fondations se sont réunis à Paris la semaine dernière. Ils ne réclament pas une augmentation de la quantité de l’aide au développement, mais ils demandent que celle-ci soit mieux utilisée. Leur appel fait partie d’une initiative singulière pour améliorer l’efficacité de l’aide, en utilisant la microfinance comme exemple concret.

Il y a tout juste une semaine, le Prix Nobel de la Paix a été décerné à Muhammad Yunus et à la Grameen Bank pour avoir fait œuvre de pionniers en ouvrant aux pauvres l’accès à des services financiers pour lutter contre la pauvreté.

« Face à l’augmentation croissante des capitaux publics et privés consacrés à l’aide au développement, les bailleurs de fonds doivent s’assurer que les investissements sont bien conçus, exécutés et évalués», explique Jean-Michel Severino, Directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD) et co-président de la réunion.

L’autre co-président de la réunion, Kemal Dervis, qui dirige le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a ajouté : « Nous sommes à un moment critique de l’évolution de la microfinance. Beaucoup de nouveaux produits et services sont en train d’être développés et d’importantes quantités de capital et d’expertise sont disponibles dans le secteur privé. Profiter de ces nouvelles ressources et faire mieux connaitre la microfinance seront des défis cruciaux pour tous». Messieurs Dervis et Severino se sont joints à 28 autres chefs d’organismes de développement pour discuter ensemble d’un Accord pour une aide plus efficace permettant d’élargir l’accès à la finance. L’Accord engage les signataires à renforcer la coordination de leurs activités sur le terrain, à comparer leurs résultats grâce à un indicateur évaluant la « qualité de l’aide» et à appliquer les « bonnes pratiques » dans la gestion de leurs programmes de microfinance.

Selon Jean-Michel Severino, le choix de la microfinance pour cet exercice était délibéré. « L’accès aux services financiers – depuis les petits crédits jusqu’aux produits d’épargne et aux services de transferts d’argent– donne aux personnes pauvres la possibilité d’agir elles-mêmes». M. Severino explique également que « les leçons tirées de cette initiative concrète sont tout à fait applicables à d’autres domaines du développement». L’agence dirigée par Jean-Michel Severino, est l’un des 33 organismes qui forment le Groupe consultatif d’assistance aux pauvres (CGAP), organisateur de la réunion qui s’est tenue aujourd’hui. Les membres du CGAP représentent la quasi-totalité des fonds publics consacrés aux programmes de microfinance à travers le monde ainsi que certaines des plus grandes fondations qui soutiennent la microfinance.

Elizabeth Littlefield, directeur du CGAP, a souligné qu’« une grande partie des fonds publics consacrés à la microfinance sont mal utilisés ou font double emploi. Devant l'afflux de nouveaux capitaux consacrés à la microfinance, il est urgent que nous nous attachions à dépenser chaque centime plus efficacement. La qualité des programmes d’aide est au moins aussi importante que la quantité d’argent dépensée. Voilà le sens de l’Accord conclu aujourd’hui. »

Près de deux milliards et demi de pauvres à travers le monde n’ont pas accès à des services financiers, qu’il s’agisse de crédits abordables ou des moyens sûrs d’épargner ou de transférer de l’argent à des proches. En œuvrant en faveur de l’accès de tous à des services financiers, y compris grâce à des programmes de microfinance bien conçus et durables, les bailleurs de fonds peuvent contribuer à libérer la «richesse invisible» et le dynamisme des personnes pauvres.

Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, considère que la microfinance est cruciale dans la lutte contre la pauvreté dans le monde. Réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté est le premier des Objectifs du millénaire pour le développement qui font l’objet d’un accord international.

Situé au siège de la Banque mondiale, le Groupe consultatif d’assistance aux pauvres (CGAP) est un centre de ressources mondiales offrant standards de microfinance, outils opérationnels, formation et prestations d’expertise-conseil. Ses membres — qui comprennent des bailleurs de fonds bilatéraux, multilatéraux et privés —ont pour mission de mettre en place des systèmes financiers qui fonctionnent pour les pauvres. Mohammad Yunus est président-fondateur du Groupe de conseil politique du CGAP. Pour en savoir plus sur la réunion du 20 octobre et l’Accord pour une aide plus efficace permettant d’élargir l’accès à la finance, ou pour organiser une interview, veuillez contacter Jeanette Thomas ou Michel Aublanc.

L’ Agence Française de Développement (AFD) est un établissement public au service d’une mission d’intérêt général : le financement du développement. L’AFD finance dans les cinq continents et dans les collectivités d’Outre-mer des projets économiques et sociaux portés par les pouvoirs publics locaux, les entreprises publiques ou le secteur privé et associatif. En 2005, les engagements du Groupe (AFD et Proparco , sa filiale spécialisée dans le financement et la promotion du secteur privé) ont été de 2,5 milliards d’euros, dont 1,7 milliard dans les pays en développement et 800 millions en direction des collectivités d’Outre-mer.

Le PNUD est le réseau mondial de développement dont dispose le système des Nations Unies. Il prône le changement, et relie les pays aux connaissances, expériences et ressources dont leurs populations ont besoin pour améliorer leur vie. Nous sommes présents sur le terrain dans 166 pays, les aidant à identifier leurs propres solutions aux défis nationaux et mondiaux auxquels ils sont confrontés en matière de développement. Pour renforcer leurs capacités, ces pays peuvent s’appuyer à tout moment sur le personnel du PNUD et son large éventail de partenaires.

Pour plus d’information sur le PNUD, veuillez contacter Christina LoNigro au +1 212 906-5301 ou chistina.lonigro@undp.org.

Source :
Michel Aublanc, Conseiller de presse
Email : michel.aublanc@wanadoo.fr
Télécopie : 33 (0) 1 69 288 298
Téléphone : 33 (0) 6 08 719 795

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