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Maroc : un exemple pour le Maghreb

Jeune Afrique du 2 novembre 2006

Il est 9 heures du matin à Meknès, dans un quartier excentré de cette ville du nord du Maroc. Dans la salle d’attente d’une agence d’Al Amana, une association de microcrédit reconnue dans le pays, des hommes, mais aussi et surtout des femmes, échangent quelques nouvelles. Puis, à tour de rôle, seuls ou en petits groupes, ils se lèvent pour se rendre dans l’une des pièces du bâtiment et rejoindre leur agent de crédit. On est lundi, le jour où l’agence encaisse le remboursement des emprunts et délivre de nouveaux prêts. Les sommes sont modestes : 1 000 DH par-ci, 2 500 DH par-là. Elles représentent pourtant une petite fortune pour leurs bénéficiaires. Car la clientèle servie ici n’intéresse pas les banques. Il s’agit des habitants d’un quartier pauvre, artisans pour la plupart, souvent analphabètes et sans compte en banque.

Dans le bureau de Madi, les clients défilent : une brodeuse qui doit financer son fil, puis un chauffeur de taxi dont le moteur est tombé en panne, alors qu’il rembourse actuellement son premier emprunt de 5 000 DH. Viennent ensuite un photographe qui équipe son studio et Mohamed, 34 ans, qui achète à crédit de l’huile d’olive pour la distribuer à motocyclette dans son quartier. À peine assise, Roula, qui en est déjà à son neuvième prêt, plonge la main dans son caftan bleu et en sort un sac en plastique transparent contenant une liasse de 1 200 DH. Elle la jette sur la table. La routine. Madi vérifie la somme en faisant glisser les billets entre ses doigts, puis tapote sur sa petite calculette pour déterminer les échéances encore à venir. Deux coups de tampon sur une fiche cartonnée, un reçu, et on n’en parle plus…

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