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Le microcrédit fait-il baisser la pauvreté ?
Guérin, I.
Périodique : Le Monde, IV
Date de publication : 2006
Publié par : Le Monde
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Le prix Nobel de la paix décerné à Muhammad Yunus, fondateur de la banque des pauvres du Bangladesh,
consacre le principe du crédit solidaire. La volonté du secteur privé de le récupérer est critiquée
Article paru dans le Monde - Economie : Controverses, en date du 14 Novembre 2006
Le microcrédit a été récompensé par le prix Nobel remis au fondateur de la Grameen Bank. Le sommet international du microcrédit réuni à Halifax du 12 au 15 novembre envisage de plus que doubler le nombre de ses clients pauvres, de 82 millions à la fin 2005 à 175 millions en 2015.
Estimez vous qu’il s’agit d’un moyen adapté de lutter contre la pauvreté ?
Non, ce n’est pas un instrument de lutte contre la pauvreté et encore moins contre les inégalités : c’est ce qui ressort des études que je mène avec Marc Roesch, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement en poste à l’Institut français de Pondichéry (Inde) et Jean-Michel Servet, professeur à l’Institut universitaire d’études du développement de Genève. Ce n’est pas pour autant que le microcrédit est inutile : il améliore la gestion des budgets familiaux et stabilise les petites activités entrepreneuriales. Mais le discours actuel repose sur un mythe, celui du « pauvre entrepreneur », et sur une vision erronée du marché. Les échecs sont de plusieurs ordres : non- rentabilité de l’activité – comme l’élevage dans certains contextes ; saturation rapide des marchés locaux, en partie faute de pouvoir d’achat ; fonctionnement très hiérarchique des marchés locaux – les monopoles ou quasi-monopoles sont fréquents ; compétitivité insuffisante face à des produits manufacturés.
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