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Microfinance et politique publique : Portée, performance et efficacité

Bernd Balkenhol-OIT

Comment préserver le double engagement des institutions de microfinance (IMF) envers la réduction de la pauvreté et la rentabilité, tout en assurant leur intégration progressive sur le marché financier et l’émancipation vis-à-vis des subventions ?

" Microfinance et politiques publiques : Portée, performance et efficacité " est une étude qui vise à clarifier un problème auquel les praticiens de la microfinance et les donateurs sont souvent confrontés : comment préserver le double engagement des institutions de microfinance (IMF) envers la réduction de la pauvreté et la rentabilité, tout en assurant leur intégration progressive sur le marché financier et l’émancipation vis-à-vis des subventions.

L’efficacité de 45 IMF, situés dans 25 pays différents, a été analysée, en vue de mieux appréhender les liens qui existent entre leur performance sociale et leur performance financière.

Cinq critères ont été appliqués : situation géographique, forme juridique, technique de distribution (prêt individuel ou prêt collectif), subventions et questions de personnel.

Les IMF ont pu être classées en 4 catégories :

  • celles qui sont inefficaces tant en terme de performance sociale que financière
  • celles qui sont efficaces au plan social
  • celles qui sont efficaces au plan financier
  • celles qui se comportent bien sur le plan financier et social.
L’étude a aussi démontré l’importance des subventions, des subventions sous la forme de prêts à des conditions avantageuses, dans le financement des IMF. Sur les 45 IMF passées au crible, toutes ont été subventionnées d’une manière ou d’une autre, et 34 sont convaincues que sans ces subventions elles n’auraient pas été capables de progresser en améliorant l’utilisation de leurs ressources humaines et financières.

Pour que les subventions accroissent la concurrence et l’efficacité : la forme, l’intensité, le moment, les conditions et la transparence doivent être soigneusement définis.
Les auteurs de l’étude ont constaté que :

  • subventionner les intermédiaires entraîne moins de distorsions pour le marché qu’en subventionnant directement le client ;
  • les subventions attribuées sans condition sont susceptibles d’avoir un impact plus négatif sur l’IMF que des subventions liées à la performance ;
  • les subventions dégressives sont préférables aux subventions linéaires ;
  • les subventions assorties d’une stratégie de sortie sont préférables à celles qui n’ont pas de limites dans le temps;
  • les subventions aux réseaux ou aux institutions Apex risquent moins d'être dénaturées que celles octroyées aux IMF individuelles.
Les donateurs doivent se concentrer sur l’efficacité comme critère fondamental de performance et s’appuyer sur une base contractuelle plus transparente, plus stable et inscrite dans le long terme avec des objectifs de performance afin d’aider les IMF à conjuguer leurs objectifs financiers et sociaux.

Quelques mesures seront à prendre :

  • l’établissement des normes pour mesurer la progression
  • l’instauration des sanctions claires en cas de non atteinte des objectifs
  • l’allocation des récompenses et des primes si l’IMF progresse en terme d’efficacité et de performance
  • la transparence et la rationalisation du système d’allocation des subventions.

Pour en savoir plus

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