La crise que traverse, depuis quelques jours, le PADME (Projet d’Appui au Développement des Micro-entreprises), risque de porter atteinte au système de financements alternatifs béninois, surtout à la réputation de l’institution, si rien n’est fait pour amener les protagonistes à jouer la carte de l’apaisement.
Les révélations du Conseil des Ministres du 5 mars 2008, sur les scandales financiers, ont certainement fait tomber des nues de nombreux partenaires techniques et financiers qui ont toujours cité le PADME comme un exemple de réussite dans le microcosme des structures de financement alternatif, un cas d'école, voire un label d'octroi de microfinance en Afrique.
Voici l'appréciation qu'en fait une institution financière internationale dont nous taisons le nom pour ne pas la remettre au coeur de la polémique. '' A première vue, le Projet d'Appui au Développement des micro-entreprises (PADME) est l'une des institutions africaines micro financières les plus profitables. Bien que cette rentabilité soit en partie attribuable aux faibles coûts de capital et investissements dans la gestion et les systèmes d'exploitation, le PADME a mis en place un projet dont le potentiel de croissance au niveau de ses activités de vulgarisation paraît solide''.
Un autre cabinet de renommée internationale, ayant une expertise avérée dans l'audit des banques et établissements financiers soulignait, il y a trois ans, dans un rapport : '' Le PADME est une institution solide, dotée d'une équipe de direction entièrement capable de gérer un emprunt commercial, et le potentiel de croissance dont il dispose justifie de nouvelles injections de fonds''. Ce cabinet ajoutait : '' L'équipe de direction, le Conseil d'Administration et l'ensemble du personnel adhèrent à la mission du PADME; accès facile et rapide au crédit à tous les micro entrepreneurs . Cette mission et la personnalité charismatique du Directeur général ont créé une véritable culture d'entreprise centrée sur l'efficacité et le service client. Elle transparaît à tous les niveaux de l'institution et elle est une source de motivation du personnel''.
Ces appréciations plutôt flatteuses des milieux financiers internationaux tranchent avec les conclusions de la mission d'audit commanditée par le gouvernement qui a abouti à ce qu'on peut appeler aujourd'hui la crise du PADME.
Le rapport de l'inspection générale des finances révèle une mauvaise gouvernance dans la gestion et le contrôle du PADME, caractérisée entre autres par «une mauvaise gestion du portefeuille crédits, avec un détournement de crédits par des agents à travers la mise en place de crédits fictifs reconnu par 39 agents pour un montant de plus d'un milliard de FCFA, la non supervision des activités du projet en raison des multiples voyages de son directeur général, qui n'a pas d'adjoint depuis 2005, ni de directeur technique». Il est également relevé, selon le gouvernement, une perte de 1.504.167.295 FCFA en 2006, «occasionnée par la mise en place de crédits irréguliers et autres malversations, l'attribution fantaisiste (hors grille salariale) de salaires trop élevés au directeur général et la découverte d'un réseau de faussaires de garanties».
Mais toutes ces accusations sont balayées d'un revers de main par le Directeur général René AZOCLI soutenu par les agents de l'institution qui sont d'ailleurs en cessation de travail à la suite, de la nomination d'un nouveau directeur général par le ministre en charge de la Microfinance.
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