Des prêts avec des garanties… de bonne foi ?
Si la discrétion à ce sujet est la règle, il faut dire que le problème est délicat. Pendant des années, le microcrédit aura joui d’une réputation de système sans risque, affichant un taux d’impayés inférieur à 1%. Un chiffre qui fait la fierté du Maroc.
Puis, la machine s’est emballée : le taux d’impayés, appelé aussi, dans le jargon du microcrédit, «portefeuille à risque» (PAR) a atteint, à fin juin 2008, le niveau sans précédent de 5%. Rapporté aux 7,5 milliards de DH d’encours actuel, le montant des créances risquées atteint tout de même près de 375 MDH.
Certes, pourra-t-on dire, 5%, ce n’est pas très élevé, puisque le secteur bancaire affiche un taux de 6,8%. Mais la comparaison s’arrête là. Primo, les banques se protègent en adossant leurs crédits à des garanties physiques ou morales (hypothèque, nantissement, caution personnelle…) là où les associations de microcrédit, elles, ne peuvent compter que sur la caution solidaire du groupe d’emprunteurs.
Secundo, le montant des prêts, quoique ayant doublé, reste modeste. Pas de quoi tenir devant un juge, qui tiendrait d’abord compte de la condition sociale de l’emprunteur.
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