Christophe Jacquemin est affirmatif : « Il y a des opportunités à saisir avec le développement de la finance islamique. » Cet associé du cabinet d’avocats d’affaires Allen & Overy en est d’autant plus persuadé qu’il a conseillé trois opérations dans ce domaine en 2008 et travaille sur d’autres encore. Ceux qui sont aujourd’hui privés de perspectives de carrières dans les grandes banques occidentales ont donc toutes les raisons de s’intéresser à un marché dont l’essor peut leur apporter de nouvelles voies.
Toutefois, pour que s’ouvrent en grand les portes de cette finance alternative, conforme aux règles de la loi islamique - la charia - qui interdit le recours aux intérêts et les investissements dans les secteurs jugés « impurs » (jeu, alcool, armement, pornographie, tabac...), les financiers de l’Ouest devront se familiariser avec une logique économique totalement différente de celle qu’ils connaissent. Car la finance islamique est dotée de ses propres instruments financiers : sukuk (obligation islamique), murabaha (opération d’achat-vente, très utilisée dans les opérations de financement), ijara (crédit-bail)… qui permettent d’éviter le taux d’intérêt comme rémunération de l’établissement financier.
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