En premier lieu, financer des projets portés par des personnes pauvres ou précarisées constitue une opportunité pour capter une nouvelle clientèle. En France, par exemple, plusieurs études montrent que le marché actuel du microcrédit professionnel, dans sa définition européenne, est très largement inférieur à son potentiel maximal. Au-delà du microcrédit professionnel, le microcrédit social, la microassurance, la microépargne, ainsi que les transferts d'argent de la part des personnes immigrées… représentent également des marchés actuellement sous-exploités en France.
En second lieu, prendre des initiatives dans la microfinance pourrait se révéler stratégique dans la mesure où il s'agit de devancer la mise en place d'une réglementation contraignante qui viserait à combler cette défaillance de marché et à établir l'accès aux services financiers pour tous. La crise ayant fait augmenter le risque d'exclusion bancaire par le resserrement du crédit, la France pourrait s'inspirer du CRA (Community Reinvestment Act) voté en 1977 aux Etats-Unis : cette initiative ancienne a été mise en place pour contraindre les banques commerciales américaines à augmenter de façon importante leur offre de crédit dans les zones défavorisées.
En troisième lieu, les expériences menées dans d'autres secteurs économiques montrent que les stratégies dites « du bas de la pyramide » consistant à développer des produits ou des services spécifiques pour les pauvres favorisent l'innovation et la créativité.
Lire l'article complet










