Selon Arnaud Poissonnier, fondateur du site Babyloan, une plate-forme qui propose aux particuliers de prêter de l’argent à des entrepreneurs du Sud via des institutions de microfinance : « Le jour même où l’on entre en bourse, toute la logique change. On doit assurer un retour sur investissement pour ses actionnaires et donc penser en termes de rentabilité. » Comme lui, beaucoup d’acteurs du secteur voient l’entrée en bourse de SKS d’un mauvais œil. Car elle a eu un précédent. En 2007, les fondateurs de Compartamos au Mexique avaient dégagé d’énormes bénéfices lors de son introduction sur le marché, avant que la valeur boursière ne se dégrade.
« Ces deux cas sont très différents », estime néanmoins Elodie Parent, chargée de mission chez Proparco. Selon elle, Compartamos pratiquait alors des taux d’intérêt très élevés (frôlant les 100% annuels) et gérait ses fonds de manière peu fructueuse tandis que les coûts d’exploitation de SKS « font partie des plus bas du secteur » et ses taux d’intérêts nets « sont de 25% en moyenne, alors que la plupart des entreprises du pays demandent des taux d’environ 35%. »
Voir le marché du microcrédit dominé par des entreprises à visée lucrative serait donc profitable aux plus pauvres ?
« Non », répond nettement Arnaud Poissonnier : « Une entreprise qui cherche uniquement la croissance va toujours vouloir prêter plus, quitte à prêter à des gens qui ne pourront pas rembourser ou à prêter plusieurs fois à la même personne », craint-il.
Une inquiétude que ne partage pas Elodie Parent : « Le marché indien a encore un bon potentiel de croissance devant lui. »« Tout dépend de la stratégie des actionnaires. S’ils le souhaitent, ils sauront trouver de bons garde-fous pour préserver la mission sociale. »
Lire l'article complet : ici
« Ces deux cas sont très différents », estime néanmoins Elodie Parent, chargée de mission chez Proparco. Selon elle, Compartamos pratiquait alors des taux d’intérêt très élevés (frôlant les 100% annuels) et gérait ses fonds de manière peu fructueuse tandis que les coûts d’exploitation de SKS « font partie des plus bas du secteur » et ses taux d’intérêts nets « sont de 25% en moyenne, alors que la plupart des entreprises du pays demandent des taux d’environ 35%. »
Voir le marché du microcrédit dominé par des entreprises à visée lucrative serait donc profitable aux plus pauvres ?
« Non », répond nettement Arnaud Poissonnier : « Une entreprise qui cherche uniquement la croissance va toujours vouloir prêter plus, quitte à prêter à des gens qui ne pourront pas rembourser ou à prêter plusieurs fois à la même personne », craint-il.
Une inquiétude que ne partage pas Elodie Parent : « Le marché indien a encore un bon potentiel de croissance devant lui. »« Tout dépend de la stratégie des actionnaires. S’ils le souhaitent, ils sauront trouver de bons garde-fous pour préserver la mission sociale. »
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