Finances News Hebdo : On mise beaucoup sur le secteur du microcrédit comme vecteur de développement humain et social. Qu’en est-il actuellement, face à la stagnation de cette activité durant ces deux dernières années ?
- Tariq Sijilmassi : Il ne faut pas qu’il y ait de confusion. Dans un premier temps, il faut signaler que la crise mondiale n’a rien à voir avec celle de notre secteur. En effet, il n’y a pas eu de vase communiquant puisqu’on est dans deux mondes différents. Le deuxième élément important à citer est que cette crise qu’a connue le secteur du microcrédit est beaucoup plus une crise de croissance. Elle est en quelque sorte le revers de la médaille du grand succès du secteur, plus qu’elle n’est pas une crise profonde mettant le secteur en danger. Troisième point : inévitablement, quand on arrive à 5 milliards de DH d’encours, on n’est plus dans l’anecdotique. Du coup, le régulateur s’en mêle et à juste titre. La pérennité et la durabilité des associations de microcrédit deviennent de ce fait un véritable enjeu. Sinon, si rien n’est fait, on pourrait souffrir de répercussions systémiques !
- F.N.H. : A quel niveau ?
- T. S. : A deux niveaux : d’abord, sur le système financier parce que vous avez des préteurs et des banquiers qui alimentent ce secteur et 5 milliard de DH, ce n’est pas une somme négligeable.
Systémique aussi parce qu’actuellement le secteur du microcrédit est devenu l’un des pans importants du dispositif social du pays. Par conséquent, il faut impérativement le préserver car son absence serait tout de même dramatique. Dès à présent, on peut dire que cette crise de croissance a été salutaire parce qu’elle permet à un moment donné de dire «Stop ! On va arrêter cette croissance effrénée à deux chiffres, mettre en place des outils adéquats et assurer un fondement solide pour repartir de plus belle». Et c’est justement ce que nous sommes en train de faire.
Je souligne qu’on se trompe lorsqu’on croit que le nombre des bénéficiaires a baissé. En réalité, dans l’ancien système il s’est installé, un peu par volonté de trop bien faire ou par effet de volume, un certain nombre de dérives dont la plus importante est l’endettement croisé. Ainsi, une même personne contracte un, deux ou trois crédits auprès d’associations différentes.
Lire l'article complet : ici
- Tariq Sijilmassi : Il ne faut pas qu’il y ait de confusion. Dans un premier temps, il faut signaler que la crise mondiale n’a rien à voir avec celle de notre secteur. En effet, il n’y a pas eu de vase communiquant puisqu’on est dans deux mondes différents. Le deuxième élément important à citer est que cette crise qu’a connue le secteur du microcrédit est beaucoup plus une crise de croissance. Elle est en quelque sorte le revers de la médaille du grand succès du secteur, plus qu’elle n’est pas une crise profonde mettant le secteur en danger. Troisième point : inévitablement, quand on arrive à 5 milliards de DH d’encours, on n’est plus dans l’anecdotique. Du coup, le régulateur s’en mêle et à juste titre. La pérennité et la durabilité des associations de microcrédit deviennent de ce fait un véritable enjeu. Sinon, si rien n’est fait, on pourrait souffrir de répercussions systémiques !
- F.N.H. : A quel niveau ?
- T. S. : A deux niveaux : d’abord, sur le système financier parce que vous avez des préteurs et des banquiers qui alimentent ce secteur et 5 milliard de DH, ce n’est pas une somme négligeable.
Systémique aussi parce qu’actuellement le secteur du microcrédit est devenu l’un des pans importants du dispositif social du pays. Par conséquent, il faut impérativement le préserver car son absence serait tout de même dramatique. Dès à présent, on peut dire que cette crise de croissance a été salutaire parce qu’elle permet à un moment donné de dire «Stop ! On va arrêter cette croissance effrénée à deux chiffres, mettre en place des outils adéquats et assurer un fondement solide pour repartir de plus belle». Et c’est justement ce que nous sommes en train de faire.
Je souligne qu’on se trompe lorsqu’on croit que le nombre des bénéficiaires a baissé. En réalité, dans l’ancien système il s’est installé, un peu par volonté de trop bien faire ou par effet de volume, un certain nombre de dérives dont la plus importante est l’endettement croisé. Ainsi, une même personne contracte un, deux ou trois crédits auprès d’associations différentes.
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