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Le Microcrédit au chevet de la Tunisie ?

Yasmine Hamraoui & Arnaud Poissonnier- Babyloan, le blog. 9 mai 2011

Le microcrédit, un outils à actionner pour relancer la machine économique

La Tunisie, mère du printemps arabe, se réveille un peu groggy du clash économique provoqué par la grande déflagration démocratique. On ne le souligne pas assez mais le choc politique s’est aussi soldé par un choc économique violent auquel le pays doit plus que jamais faire face : arrêt de l’activité pendant la crise, grèves massives dans certains secteurs, fuite de capitaux ou d’investisseurs, désertion des touristes etc.…

La question est donc fondée : le microcrédit est-il LA solution pour la Tunisie ? Une grande conférence se tenait les 20 et 21avril dernier sur le sujet à Tunis qui a montré les besoins du secteur. Sur une population de 10 millions d’habitants, on peut compter sur une population cible de l’ordre 600 et 700 000 clients potentiels, c'est à dire 300 à 400 000 de plus qu’actuellement.

Cependant, l’engouement pour le sujet ne doit surtout pas occulter les risques qu’il y aurait à trop vouloir libéraliser. Si c'est une chance pour la Tunisie que de pouvoir tirer les enseignements de la crise actuelle en Inde ou ailleurs, elle ne pourra jamais prétendre ne l’avoir pas vue tant elle est violente, les médias nous le rappellent au quotidien. Elle dispose donc entre ses mains de toutes les cartes pour développer sa microfinance sur des bases sainement régulées.

Avec 400 000 bénéficiaires supplémentaires, il n’y a de place que pour deux ou trois nouveaux acteurs sérieux. Ouvrir trop grand le robinet ou l’illusion que le marché est infini entraînerait une course à la création et à la concurrence tout à fait dommageable pour le futur du pays. La question du surendettement telle qu’elle surgit en Inde montre aussi que le sujet doit être traité en amont : la constitution d’un bureau de crédit (fichier central des emprunteurs), même si l'outil n'est pas parfait, paraît faire sens dans un pays où l’usure est plutôt moins développée qu’ailleurs. Cette même usure, autre grande source potentielle de surendettement, doit également être traitée par le législateur. Elle doit être combattue et la Tunisie libre ne doit surtout pas devenir son terrain de jeu.

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