Une nouvelle loi réglemente les Systèmes financiers décentralisés (SFD). La directrice nationale de la microfinance, Yvette Djigma Sawadogo, fait le point sur la situation de la microfinance au Burkina Faso.
Les acteurs du microfinance auraient réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 79 milliards de FCFA…
Il s’agit en fait de l’encours de crédit qui est passé de 55,5 milliards de FCFA en 2006 à 79,3 milliards de FCFA en 2010, soit un accroissement de 43% sur la même période. S’agissant de l’encours de l’épargne, il a connu une hausse de 33,15%, passant de 63,1 milliards de FCFA en 2006 à 84,1 milliards de FCFA en 2010.
Les principaux indicateurs témoignent d’un engouement accru de la population. Le nombre des SFD sur l’ensemble du territoire est passé de 232 en 2000 à 330 en 2006, pour se situer à 263 en 2010. Le nombre de bénéficiaires directs des services de microfinance est passé de 773 420 en 2006 à 1 176 286 en 2010, soit un taux d’accroissement de 52% en cinq ans.
Au delà de la crise, quelles sont les difficultés auxquelles fait face le secteur ?
Malgré les performances appréciables enregistrées par les IMF, le secteur connaît un certain nombre de difficultés parmi lesquelles on peut citer les insuffisances au plan de la gouvernance, la faiblesse des systèmes d'information et de gestion (SIG), et le non-respect de certaines dispositions légales, réglementaires et statutaires par l’ouverture de certaines structures sans autorisation d’exercice.
Les IMF sont également confrontées à des problèmes de ressources de refinancement. Elles éprouvent des difficultés à lever des ressources longues et concessionnelles auprès du secteur bancaire, malgré la mise en place de la Société Financière de Garantie Interbancaire (SOFIGIB) limitant ainsi leur capacité d’intermédiation financière.
On relève aussi le manque de professionnalisme de certains acteurs du secteur, imputable principalement à l’insuffisance de formation et à l’analphabétisme des élus de la plupart des SFD notamment ceux constitués sous forme mutualiste ou coopérative. L’insuffisance des ressources humaines qualifiées, de moyens financiers conséquents et de constitution des garanties conformément aux dispositions de l’Acte Uniforme OHADA relatif aux suretés expliquent ces difficultés.
Comment surmonter ces obstacles au développement de la filière ?
L’adoption par l’Assemblée Nationale de la loi n°023-2009/AN du 14 mai 2009, devrait contribuer à résorber certaines insuffisances qui minent le développement du secteur, par la prise de mesures plus contraignantes pour l’obtention de l’agrément ainsi que le renforcement des sanctions à l’encontre des SFD qui n’observeraient pas les règles de fonctionnement du secteur.
Avec l’application de cette nouvelle loi, les SFD sont obligés de se professionnaliser s’ils veulent être rentables et viables. Ainsi, les structures qui ne seraient pas à mesure d’assurer leur viabilité sur le long terme seront donc appelées à disparaître pour laisser la place à celles qui sont performantes. Quand on parle de professionnalisation, on suppose une modernisation des outils de travail, une main d’œuvre qualifiée, une gestion rigoureuse et efficiente, une diversification des services financiers en intégrant les nouvelles technologies comme le « le mobile- banking » ou la banque à distance et la création de produits destinés au financement du monde rural et des PMI/PME.
Dans cette optique, la nouvelle réglementation vise la protection du public, la sécurité des transactions, la rigueur dans la régulation et la surveillance, la modernisation des Systèmes d’informations de gestion (SIG) le renforcement des capacités des dirigeants des IMF.
Lire l'article complet : ici
Les acteurs du microfinance auraient réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 79 milliards de FCFA…
Il s’agit en fait de l’encours de crédit qui est passé de 55,5 milliards de FCFA en 2006 à 79,3 milliards de FCFA en 2010, soit un accroissement de 43% sur la même période. S’agissant de l’encours de l’épargne, il a connu une hausse de 33,15%, passant de 63,1 milliards de FCFA en 2006 à 84,1 milliards de FCFA en 2010.
Les principaux indicateurs témoignent d’un engouement accru de la population. Le nombre des SFD sur l’ensemble du territoire est passé de 232 en 2000 à 330 en 2006, pour se situer à 263 en 2010. Le nombre de bénéficiaires directs des services de microfinance est passé de 773 420 en 2006 à 1 176 286 en 2010, soit un taux d’accroissement de 52% en cinq ans.
Au delà de la crise, quelles sont les difficultés auxquelles fait face le secteur ?
Malgré les performances appréciables enregistrées par les IMF, le secteur connaît un certain nombre de difficultés parmi lesquelles on peut citer les insuffisances au plan de la gouvernance, la faiblesse des systèmes d'information et de gestion (SIG), et le non-respect de certaines dispositions légales, réglementaires et statutaires par l’ouverture de certaines structures sans autorisation d’exercice.
Les IMF sont également confrontées à des problèmes de ressources de refinancement. Elles éprouvent des difficultés à lever des ressources longues et concessionnelles auprès du secteur bancaire, malgré la mise en place de la Société Financière de Garantie Interbancaire (SOFIGIB) limitant ainsi leur capacité d’intermédiation financière.
On relève aussi le manque de professionnalisme de certains acteurs du secteur, imputable principalement à l’insuffisance de formation et à l’analphabétisme des élus de la plupart des SFD notamment ceux constitués sous forme mutualiste ou coopérative. L’insuffisance des ressources humaines qualifiées, de moyens financiers conséquents et de constitution des garanties conformément aux dispositions de l’Acte Uniforme OHADA relatif aux suretés expliquent ces difficultés.
Comment surmonter ces obstacles au développement de la filière ?
L’adoption par l’Assemblée Nationale de la loi n°023-2009/AN du 14 mai 2009, devrait contribuer à résorber certaines insuffisances qui minent le développement du secteur, par la prise de mesures plus contraignantes pour l’obtention de l’agrément ainsi que le renforcement des sanctions à l’encontre des SFD qui n’observeraient pas les règles de fonctionnement du secteur.
Avec l’application de cette nouvelle loi, les SFD sont obligés de se professionnaliser s’ils veulent être rentables et viables. Ainsi, les structures qui ne seraient pas à mesure d’assurer leur viabilité sur le long terme seront donc appelées à disparaître pour laisser la place à celles qui sont performantes. Quand on parle de professionnalisation, on suppose une modernisation des outils de travail, une main d’œuvre qualifiée, une gestion rigoureuse et efficiente, une diversification des services financiers en intégrant les nouvelles technologies comme le « le mobile- banking » ou la banque à distance et la création de produits destinés au financement du monde rural et des PMI/PME.
Dans cette optique, la nouvelle réglementation vise la protection du public, la sécurité des transactions, la rigueur dans la régulation et la surveillance, la modernisation des Systèmes d’informations de gestion (SIG) le renforcement des capacités des dirigeants des IMF.
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