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Les bienfaits du microcrédit justifient-ils les tarifs qui y sont appliqués ? (Maroc)

Mohammed El Haitamy- Finances News Hebdo, 7 octobre 2011

Réflexion sur les taux d’intérêt appliqués aux pauvres

Deux courants, institutionnaliste et utilitariste, ont deux visions différentes des taux d’intérêt appliquées par les IMF. Les premiers plaident pour des taux d’intérêt garantissant la pérennité des IMF tandis que les seconds prônent une tarification subventionnée et avancent la nécessité de venir à l’aide d’une population vulnérable qui n’aurait pas la capacité d’assumer les taux élevés. Néanmoins, l’unanimité est presque acquise quant à la nécessité d’engager des coûts assez élevés pour octroyer des microcrédits.

C’est fondamentalement le coût de revient qui explique le niveau de tarifs facturés aux clients. Au cours des différents processus : instruction des dossiers, déblocage des prêts, remboursement, gestion des impayés, les IMF engagent plus de dépenses que les structures bancaires classiques. En effet, les entretiens, les enquêtes de vérification, l’encaissement des remboursements, les visites d’accompagnement, obligent les IMF à mobiliser une ressource humaine importante.

Certains contextes, comme celui du Maroc, favorisent le surplus de coût supporté par les IMF. Les associations de microcrédit marocaines (AMC) n’ont pas le droit de collecter les dépôts. Elles financent leurs activités en empruntant auprès du secteur financier et en payant le prix de l’argent. Tandis que les banques classiques peuvent compter sur la multiplicité des produits et services offerts, les intérêts et frais liés constituent les seules sources de revenus pour les AMC, qui restent des associations monoproduits.

Les IMF qui ont fait le choix de compter sur leurs propres efforts et de ne pas dépendre des dons et subventions sont acculées à facturer le coût réel du microcrédit majoré d’une marge permettant à l’institution de pérenniser son activité et de conforter ses créanciers. Les IMF du monde entier seront appelées à innover et à expérimenter d’autres modalités de financement. Pourquoi pas une microfinance alternative ?

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