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La directrice de la microfinance explique la politique d’assainissement du secteur (Côte d’Ivoire)

Augustin Kouyo-Notrevoie.com, 23 octobre 2011

Certains acteurs n’ont pas la compétence et le professionnalisme nécessaires

La direction générale du Trésor et de la comptabilité publique a récemment retiré à plusieurs dizaines d’établissement de microfinance leur agrément. Mme Dollo Kokoura Hélène, directrice de la microfinance, explique ici le processus qui a conduit à ces sanctions.

Mme Dollo, un certain nombre d’institutions de microfinance ont été récemment fermées. Qu’est-ce qui explique cette mesure ?

Il y a eu plusieurs situations. Il y en a un bon nombre pour lesquels l’activité était déjà arrêtée. Nous n’avons fait que constater que ces institutions ne fonctionnaient plus depuis longtemps. Il y a eu celles pour lesquelles il y a eu échec des administrations provisoires qui avaient été mises en place pour les sauver. Elles sont au nombre de cinq. La dernière situation, ce sont celles qui étaient sous surveillance rapprochée. Suite à notre interpellation, les dirigeants de ces institutions s’engageaient à mettre en œuvre les mesures nécessaires. Mais les engagements n’ont pas été tenus. Et quand nous allons faire les évaluations, nous constatons que la situation est pire qu’avant. Dans ces conditions, il vaut mieux arrêter pour ne pas aggraver la situation.

Quel est le niveau de mobilisation de l’épargne au niveau des institutions de microfinance ?

Nos dernières statistiques nous indiquent que nous sommes autour de 90 milliards FCFA de dépôts collectés. C’est faible rapporté à la masse de l’épargne nationale. Mais ce qu’il faut considérer, c’est que le secteur de la microfinance, à elle seule, a autant d’adhérents que l’ensemble du secteur bancaire. C’est à peu près 1 million de personnes. D’où la nécessité pour l’État de préserver cet outil. En 1995, quand le projet d’appui au secteur de la microfinance de la Banque mondiale se terminait en Côte d’Ivoire, l’évaluation qui avait été faite tablait sur 5 milliards FCFA de dépôts collectés par les structures de la microfinance. On était à 40 milliards FCFA en 2000. Mais le secteur a été un peu victime de son succès. Cependant, les actions que nous mettons en œuvre de façon discrète devront nous permettre d’ici à 2015 d’avoir un secteur de la microfinance plus professionnel.

Où en êtes-vous avec cette politique d’assainissement ?

L’objectif de cette politique est d’avoir d’ici trois ans, un secteur de la microfinance professionnel avec des institutions financièrement solides qui gèrent les activités de façon professionnelle, et garantissant la sécurité des dépôts. Ce plan d’assainissement se décline en plusieurs axes dont l’action de faire sortir du secteur les institutions qui ne sont pas viables.

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