La Plate-forme européenne de la microfinance (e-MFP) a été officiellement créée en novembre 2006. Elle constitue un réseau de plus de 130 organisations et individus d’Europe travaillant dans le domaine de la microfinance dans les pays en développement. Son objectif principal est de promouvoir la coopération entre ses membres, en facilitant la communication et l'échange d'informations. Elle regroupe une multiplicité d’acteurs, représentatifs de la communauté de la microfinance européenne : banques, institutions financières, organismes gouvernementaux, ONG, bureaux d'études, chercheurs et universités.
Répartition des membres par type
La Plate-forme est bien connue pour l’organisation de la Semaine européenne de la microfinance qui se tient chaque année au Luxembourg, évènement incontournable du secteur dont le succès ne se dément pas. Quelles sont les autres actions concrètes de la Plate-forme e-MFP ? Zoom sur une année d’activités et entretien avec son secrétaire exécutif, Christoph Pausch.
Défendre une certaine vision de la microfinance
En appelant dans la Déclaration de clôture de la semaine européenne de la microfinance 2010 à une réponse rationnelle face à la crise indienne, e-MFP entendait réaffirmer tout à la fois la confiance dans une microfinance majoritairement responsable et l’importance de deux piliers essentiels : performances sociales à tous les niveaux de la chaîne et réglementation adéquate.
La Plate-forme a également réagi à un article paru dans The Economist intitulé « Big Trouble for Microfinance » en rédigeant une réponse publiée sur la version en ligne du journal.
Elle a soutenu l’initiative de l’« Appel de Paris pour une microfinance responsable » lancé en juin 2011, a signé cet appel et encouragé ses membres à faire de même.
e-MFP est aussi signataire de la Smart Campaign et a un représentant au comité directeur de la campagne. La Plate-forme promeut activement les principes de protection des clients de la microfinance dans le secteur.
Contribuer à définir les bonnes pratiques et les diffuser
Les forces vives du réseau sont exploitées à travers des groupes de travail dont les réflexions et actions contribuent à cet objectif central.
Le groupe de travail sur l’investissement responsable a par exemple pour objectif de faciliter l’échange d’expériences et la diffusion de cas concrets de mise en œuvre des principes d’investissement socialement responsable.
Le groupe de travail sur la portée de la microfinance et l’innovation en milieu rural s’est concentré en 2010 et 2011 sur le thème du financement des filières et a produit plusieurs supports sur ce thème complexe aux enjeux importants. Une déclaration de position commune a été rédigée et largement exploitée, y compris par des organisations comme la FAO, le FIDA et la Banque mondiale pour promouvoir les bonnes pratiques sur le financement des filières. Cette déclaration a été complétée par un CD et un numéro dédié de la série European Dialogue (en anglais).
L’inclusion financière des jeunes est le thème d’un 3ème groupe créé en 2011 avec pour objectif de rassembler les opérateurs et autres professionnels de la microfinance impliqués dans des programmes d’émancipation financière des jeunes. Le groupe cherche à partager les expériences et les ressources, trouver des synergies et faire progresser ce thème.
Faire entendre la voix des acteurs de la microfinance dans les instances plus larges
En 2011 la Plate-forme a représenté la microfinance européenne à l’occasion d’une consultation du GAFI (Groupe d’Action Financière), organisme chargé de définir des normes dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent. Cette consultation portait sur la mise en œuvre de ces normes dans le contexte de l’inclusion financière.
Le président d’e-MFP a été convié à une table-ronde sur le financement de la microfinance lors d’un colloque international organisé par la Banque de France au Sénat français en marge du sommet du G20 en juillet 2011.
La Plate-forme a également participé à un atelier de la Commission européenne sur les conditions de l’entrepreneuriat social en Europe en mai.
Participer aux débats et réflexions sur les évolutions et défis de la microfinance
Les échanges et collaborations avec les autres réseaux et groupements de microfinance en Europe et dans le monde font partie des activités « naturelles » de la Plate-forme européenne. Citons parmi ceux-ci le Microfinance Centre (for Central & Eastern Europe and the New Independent States), le Réseau Européen de la Microfinance, la Rating Initiative, le Microinsurance Network, la SPTF, entre autres.
Le réseau est également présent dans les grandes conférences et principaux évènements structurants du secteur : Forum Convergences, Sommet Mondial du Microcrédit, Asia Network Summit, MCPI Annual Conference…
Faire le lien avec la recherche
Outre la participation à des séminaires impliquant des chercheurs, e-MFP fait le lien avec la recherche en microfinance via deux groupes de travail. Le groupe de travail sur la recherche en microfinance a notamment organisé la 2ème Conférence européenne sur la recherche en microfinance à l’Université de Groningen, laquelle a accueilli 200 chercheurs et opérateurs et distribué 170 articles de recherche servant de supports aux échanges.
Le groupe University Meets Microfinance (UMM) vise quant à lui à favoriser la coopération entre les étudiants européens et les opérateurs en microfinance, de façon à améliorer les conditions de recherche et de professionnalisation des étudiants dans ce domaine. Ateliers, récompenses et présentation de thèses font partie des outils mobilisés.
Offrir des services dédiés à ses membres
Les membres d’e-MFP ont été les premiers à être informés de l’appel à propositions lancé dans le cadre du programme de microfinance UE/ACP et ont pu rencontrer des représentants de la Commission européenne lors de la semaine européenne de la microfinance 2011.
La Plate-forme propose un service de diffusion permettant aux membres de mettre en ligne leurs informations relatives aux appels d’offres, publications, offres d’emploi, etc.
Elle a ajouté depuis peu un nouveau service à ses membres : des débats virtuels sur le site de la communauté e-MFP ainsi qu’un blog. En mars 2011 le premier débat posait la question de savoir si les « mauvaises » pratiques de microfinance pouvaient être une conséquence de l’afflux de gros volumes de financements concentrés sur un petit nombre d’IMF.
L’outil de débat en ligne est gratuitement mis à la disposition des membres qui souhaiteraient l’utiliser.
-------------
Christoph Pausch, secrétaire exécutif d’e-MFP, répond aux questions du Portail :
L’Assemblée générale des Nations unies a souligné lors d'une réunion en octobre 2010 le rôle d’e-MFP en tant que plate-forme d’échanges entre les acteurs européens de la microfinance travaillant dans les pays en développement et en tant que vecteur de promotion des bonnes pratiques du secteur. Est-ce que cela résume bien la raison d’être de la Plate-forme à vos yeux ?
Oui, favoriser les échanges et promouvoir les bonnes pratiques résume très bien notre rôle. J’ajouterais également que nous faisons cela avec l’objectif d’obtenir de meilleurs résultats pour la microfinance sur le terrain ainsi que pour ses clients. Le fait que l’Assemblée générale des Nations unies ait mentionné notre travail constitue pour nous un encouragement certain à poursuivre le développement des activités.
e-MFP a-t-elle aussi un rôle dans la recherche et l’innovation ?
Absolument, l’innovation et la recherche sont même inscrites dans notre « mission statement ».
Nous promouvons l’innovation et les bonnes pratiques par nos groupes de travail, par la diffusion de bonnes pratiques parmi nos membres. Nous informons nos membres sur le travail accompli par les autres membres. Nous favorisons surtout la collaboration, à pratiquement tous les niveaux, entre les professionnels de la microfinance et les meilleurs chercheurs universitaires européens en la matière (p. ex. conférences, groupes de travail, etc.). Pour soutenir davantage encore la recherche, e-MFP a organisé en 2009 (en collaboration avec le CERMi) et en 2011 (avec l’Université de Groningen) les deux premières Conférences européennes sur la recherche en microfinance.
Avec notre membre Planet Finance, nous sommes aussi actifs dans le programme « University Meets Microfinance (UMM) ». Ce programme, initié en collaboration avec la Freie Universität de Berlin, et soutenu par la Commission Européenne, a pour but de favoriser la coopération entre les étudiants européens et les praticiens de la microfinance. En 2010, nous avons établi un « Action Group » au sein de l’e-MFP pour accroitre cette coopération et travailler avec d’autres universités européennes pour promouvoir la recherche et l’éducation en microfinance.
Comment les activités de la Plate-forme sont-elles financées ?
Le financement provient des cotisations annuelles de nos membres, des sponsors, des droits d’inscription à la Semaine Européenne de la Microfinance et surtout du soutien du Ministère des Affaire Etrangères - Direction de la Coopération au Développement du Grand-Duché de Luxembourg.
Quel regard portez-vous sur l’avenir de la microfinance ?
Comment améliorer l’accès aux services financiers ? Comment adapter les produits et services financiers existants aux besoins des populations démunies ou exclues ? Ces questions sont devenues centrales en matière de développement. En même temps, la diversité d’acteurs représentant aujourd´hui le secteur de la microfinance et leur vocation à servir des populations privées de l’accès au système financier constituent des acquis inestimables, tant en expérience qu’en connaissances. Le secteur de la microfinance se trouve aujourd’hui en capacité d’apporter des réponses aux problèmes d’exclusion financière au niveau international. La pratique de la microfinance se spécialise, se professionnalise et s’améliore continuellement. Par conséquence, nous portons un regard positif sur le futur de la microfinance et nous considérons les pratiques du secteur comme source d’inspiration et facteur d’évolution des systèmes financiers traditionnels. La microfinance a un rôle important à jouer dans le processus de construction des systèmes financiers inclusifs.
Une étude récente du CGAP sur le surendettement recommande toutefois de prêter attention à ce risque à l’échelle mondiale, plutôt que de faire l’hypothèse que les problèmes rencontrés sur certains marchés de microfinance sont des cas isolés. Elle plaide pour une vigilance accrue et un approfondissement des recherches sur l’ampleur et les mécanismes du surendettement. Partagez-vous ce point de vue ?
Oui, et les membres de l’e-MFP sont très actifs dans ce sens. Ils sont majoritairement signataires de la « Smart Campaign », dont les principes sont bien connus dans le secteur et préconisent en priorité d’éviter le surendettement. L’un de nos membres, l’Université de Zurich, a commencé des travaux de recherche avec des investisseurs en microfinance pour développer un index de surendettement et un système d’alertes précoces pour les possibles crises de surendettement. Notre Groupe d’Action « Making Microfinance Investment Responsible » - MIR, travaille aussi sur le sujet, ainsi que des doctorants du CERMi, également membre de la Plate-forme.
En plus de plaider pour une vigilance accrue et un approfondissement des recherches sur l’ampleur et les mécanismes du surendettement, l’e-MFP et ses membres plaident pour une vision de la microfinance qui va au-delà de la stricte pratique du microcrédit. L’offre adaptée de services d’épargne, d’assurance, de paiement et de transferts font partie déterminante du concept de la microfinance responsable, une microfinance qui ne surendette pas ses bénéficiaires, parce qu’elle ne propose pas que du crédit.
Sur un sujet comme l’investissement responsable, quel rôle a la Plate-forme par rapport aux grandes initiatives existantes comme la SPTF, comment s’articulent leurs activités respectives ?
Les acteurs européens de la microfinance ont toujours été très impliqués dans l’avancée des réflexions au sujet des performances sociales. D’ailleurs, la SPTF a été fondée entre autres à l’initiative d’acteurs européens. Aujourd’hui, l’investissement responsable est un sujet discuté à différents niveaux. Au sein de la SPTF spécifiquement, il y a une multiplicité d’acteurs du secteur de la microfinance impliqués. C’est un sujet vaste et complexe et il doit être abordé en tenant compte des différents contextes, des types d’investisseurs et des pratiques.
L’e-MFP contribue à la réflexion à travers l’un de ses groupes d’action et très concrètement en capitalisant les expériences des fonds européens d’investissement. Le groupe « Making Microfinance Investment Responsible » (MIR) dirigé par nos membres Cerise, Oikocredit, Triple Jump et BlueOrchard entre autres, est une unité de recherche au sein du groupe des investisseurs sociaux de la SPTF. Le groupe MIR développe et analyse des thématiques précises, telles que la question de la gouvernance pour une microfinance responsable ou bien la gestion des données sociales collectées par les fonds. D’autres thématiques plus précises comme la focalisation de certains fonds sur un type spécifique d’IMF est aussi un sujet d’intérêt pour nos membres. Le travail de nos groupes s’articule avec celui de la SPTF par la production de documentation informative et spécialisée qui met en avant l’expérience de nos membres et les pratiques d’investissement en Europe.
Comment peut-on rejoindre un groupe de travail ?
En principe, les groupes de travail d’e-MFP (nommés « Action groups ») comprennent des membres de la Plate-forme, qui ont un intérêt spécifique et une expérience confirmée dans le domaine ou sujet du groupe de travail. Dans des cas spécifiques, des experts externes à notre Plate-forme sont invités à y participer. En moyenne un groupe de travail a entre 10 et 30 membres.
Quels sont les principaux évènements de l’agenda 2012 de la Plate-forme ?
L’évènement principal est sans aucun doute la Semaine Européenne de la Microfinance qui se déroulera du 14 au 16 novembre 2012. Le 15 novembre aura lieu la cérémonie du Prix Européen de la Microfinance. Le Prix a pour but de récompenser les meilleures contributions au secteur de la microfinance au niveau mondial, réalisées par des acteurs de la microfinance du « Sud ». L’objectif du Prix est de favoriser le développement de l’industrie et d’attirer l’attention du public sur le secteur de la microfinance. Le Prix est doté de 100 000 euros et le sujet de cette année est « La microfinance pour la sécurité alimentaire ». De plus amples informations sur le Prix, la procédure d'inscription ainsi que le formulaire de candidature (en anglais, français et espagnol) seront bientôt disponibles sur notre site www.e-mfp.eu. En plus de ce grand évènement à Luxembourg, nous sommes aussi impliqués et présents dans la plupart des conférences importantes du secteur de la microfinance.
De nouveaux groupes de travail thématiques vont-ils voir le jour ?
Nous l’espérons, oui. Les discussions et réunions lors de la Semaine Européenne de la Microfinance sont d’une grande importance pour déterminer la continuation des activités des Groupes d’Action ainsi que pour en former d’autres. Des thématiques comme la microfinance et l’environnement, la microfinance et les politiques publiques, la microfinance et les risques de change ou la microfinance et les transferts d’argent, par exemple, sont des sujets qui suscitent beaucoup d’intérêt pour nos membres et pourraient devenir à l’avenir des thématiques de travail au sein de la Plate-forme.
Que souhaiteriez-vous améliorer ou approfondir dans l’activité de la Plate-forme ?
J’aimerais compléter la diversité géographique de nos membres et augmenter encore davantage les collaborations entre tous les acteurs de la communauté en microfinance. Avec nos groupes de travail et notre conférence, nous avons déjà fait une bonne part du chemin dans cette direction.
Quels enseignements tirez-vous de votre expérience sur les défis et les conditions de réussite de l’animation de réseau ?
Le plus important est d’écouter attentivement les membres et également d’avoir une idée claire et réaliste sur nos bases, nos forces et nos objectifs.
A quand la version française du site de la Plate-forme ?
Le fait que notre site soit uniquement en anglais est tout simplement une question de ressources – ressources humaines et financières. Mais je serais très heureux de pouvoir proposer un site en anglais et français à nos membres. Dans les contacts avec nos membres, notre petite équipe est de toute façon plurilingue : nous parlons anglais, français, allemand, espagnol et même - si souhaité - gaélique d’ Irlande !
Répartition des membres par type
La Plate-forme est bien connue pour l’organisation de la Semaine européenne de la microfinance qui se tient chaque année au Luxembourg, évènement incontournable du secteur dont le succès ne se dément pas. Quelles sont les autres actions concrètes de la Plate-forme e-MFP ? Zoom sur une année d’activités et entretien avec son secrétaire exécutif, Christoph Pausch.
Défendre une certaine vision de la microfinance
En appelant dans la Déclaration de clôture de la semaine européenne de la microfinance 2010 à une réponse rationnelle face à la crise indienne, e-MFP entendait réaffirmer tout à la fois la confiance dans une microfinance majoritairement responsable et l’importance de deux piliers essentiels : performances sociales à tous les niveaux de la chaîne et réglementation adéquate.
La Plate-forme a également réagi à un article paru dans The Economist intitulé « Big Trouble for Microfinance » en rédigeant une réponse publiée sur la version en ligne du journal.
Elle a soutenu l’initiative de l’« Appel de Paris pour une microfinance responsable » lancé en juin 2011, a signé cet appel et encouragé ses membres à faire de même.
e-MFP est aussi signataire de la Smart Campaign et a un représentant au comité directeur de la campagne. La Plate-forme promeut activement les principes de protection des clients de la microfinance dans le secteur.
Contribuer à définir les bonnes pratiques et les diffuser
Les forces vives du réseau sont exploitées à travers des groupes de travail dont les réflexions et actions contribuent à cet objectif central.
Le groupe de travail sur l’investissement responsable a par exemple pour objectif de faciliter l’échange d’expériences et la diffusion de cas concrets de mise en œuvre des principes d’investissement socialement responsable.
Le groupe de travail sur la portée de la microfinance et l’innovation en milieu rural s’est concentré en 2010 et 2011 sur le thème du financement des filières et a produit plusieurs supports sur ce thème complexe aux enjeux importants. Une déclaration de position commune a été rédigée et largement exploitée, y compris par des organisations comme la FAO, le FIDA et la Banque mondiale pour promouvoir les bonnes pratiques sur le financement des filières. Cette déclaration a été complétée par un CD et un numéro dédié de la série European Dialogue (en anglais).
L’inclusion financière des jeunes est le thème d’un 3ème groupe créé en 2011 avec pour objectif de rassembler les opérateurs et autres professionnels de la microfinance impliqués dans des programmes d’émancipation financière des jeunes. Le groupe cherche à partager les expériences et les ressources, trouver des synergies et faire progresser ce thème.
Faire entendre la voix des acteurs de la microfinance dans les instances plus larges
En 2011 la Plate-forme a représenté la microfinance européenne à l’occasion d’une consultation du GAFI (Groupe d’Action Financière), organisme chargé de définir des normes dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent. Cette consultation portait sur la mise en œuvre de ces normes dans le contexte de l’inclusion financière.
Le président d’e-MFP a été convié à une table-ronde sur le financement de la microfinance lors d’un colloque international organisé par la Banque de France au Sénat français en marge du sommet du G20 en juillet 2011.
La Plate-forme a également participé à un atelier de la Commission européenne sur les conditions de l’entrepreneuriat social en Europe en mai.
Participer aux débats et réflexions sur les évolutions et défis de la microfinance
Les échanges et collaborations avec les autres réseaux et groupements de microfinance en Europe et dans le monde font partie des activités « naturelles » de la Plate-forme européenne. Citons parmi ceux-ci le Microfinance Centre (for Central & Eastern Europe and the New Independent States), le Réseau Européen de la Microfinance, la Rating Initiative, le Microinsurance Network, la SPTF, entre autres.
Le réseau est également présent dans les grandes conférences et principaux évènements structurants du secteur : Forum Convergences, Sommet Mondial du Microcrédit, Asia Network Summit, MCPI Annual Conference…
Faire le lien avec la recherche
Outre la participation à des séminaires impliquant des chercheurs, e-MFP fait le lien avec la recherche en microfinance via deux groupes de travail. Le groupe de travail sur la recherche en microfinance a notamment organisé la 2ème Conférence européenne sur la recherche en microfinance à l’Université de Groningen, laquelle a accueilli 200 chercheurs et opérateurs et distribué 170 articles de recherche servant de supports aux échanges.
Le groupe University Meets Microfinance (UMM) vise quant à lui à favoriser la coopération entre les étudiants européens et les opérateurs en microfinance, de façon à améliorer les conditions de recherche et de professionnalisation des étudiants dans ce domaine. Ateliers, récompenses et présentation de thèses font partie des outils mobilisés.
Offrir des services dédiés à ses membres
Les membres d’e-MFP ont été les premiers à être informés de l’appel à propositions lancé dans le cadre du programme de microfinance UE/ACP et ont pu rencontrer des représentants de la Commission européenne lors de la semaine européenne de la microfinance 2011.
La Plate-forme propose un service de diffusion permettant aux membres de mettre en ligne leurs informations relatives aux appels d’offres, publications, offres d’emploi, etc.
Elle a ajouté depuis peu un nouveau service à ses membres : des débats virtuels sur le site de la communauté e-MFP ainsi qu’un blog. En mars 2011 le premier débat posait la question de savoir si les « mauvaises » pratiques de microfinance pouvaient être une conséquence de l’afflux de gros volumes de financements concentrés sur un petit nombre d’IMF.
L’outil de débat en ligne est gratuitement mis à la disposition des membres qui souhaiteraient l’utiliser.
-------------
Christoph Pausch, secrétaire exécutif d’e-MFP, répond aux questions du Portail :
L’Assemblée générale des Nations unies a souligné lors d'une réunion en octobre 2010 le rôle d’e-MFP en tant que plate-forme d’échanges entre les acteurs européens de la microfinance travaillant dans les pays en développement et en tant que vecteur de promotion des bonnes pratiques du secteur. Est-ce que cela résume bien la raison d’être de la Plate-forme à vos yeux ?
Oui, favoriser les échanges et promouvoir les bonnes pratiques résume très bien notre rôle. J’ajouterais également que nous faisons cela avec l’objectif d’obtenir de meilleurs résultats pour la microfinance sur le terrain ainsi que pour ses clients. Le fait que l’Assemblée générale des Nations unies ait mentionné notre travail constitue pour nous un encouragement certain à poursuivre le développement des activités.
e-MFP a-t-elle aussi un rôle dans la recherche et l’innovation ?
Absolument, l’innovation et la recherche sont même inscrites dans notre « mission statement ».
Nous promouvons l’innovation et les bonnes pratiques par nos groupes de travail, par la diffusion de bonnes pratiques parmi nos membres. Nous informons nos membres sur le travail accompli par les autres membres. Nous favorisons surtout la collaboration, à pratiquement tous les niveaux, entre les professionnels de la microfinance et les meilleurs chercheurs universitaires européens en la matière (p. ex. conférences, groupes de travail, etc.). Pour soutenir davantage encore la recherche, e-MFP a organisé en 2009 (en collaboration avec le CERMi) et en 2011 (avec l’Université de Groningen) les deux premières Conférences européennes sur la recherche en microfinance.
Avec notre membre Planet Finance, nous sommes aussi actifs dans le programme « University Meets Microfinance (UMM) ». Ce programme, initié en collaboration avec la Freie Universität de Berlin, et soutenu par la Commission Européenne, a pour but de favoriser la coopération entre les étudiants européens et les praticiens de la microfinance. En 2010, nous avons établi un « Action Group » au sein de l’e-MFP pour accroitre cette coopération et travailler avec d’autres universités européennes pour promouvoir la recherche et l’éducation en microfinance.
Comment les activités de la Plate-forme sont-elles financées ?
Le financement provient des cotisations annuelles de nos membres, des sponsors, des droits d’inscription à la Semaine Européenne de la Microfinance et surtout du soutien du Ministère des Affaire Etrangères - Direction de la Coopération au Développement du Grand-Duché de Luxembourg.
Quel regard portez-vous sur l’avenir de la microfinance ?
Comment améliorer l’accès aux services financiers ? Comment adapter les produits et services financiers existants aux besoins des populations démunies ou exclues ? Ces questions sont devenues centrales en matière de développement. En même temps, la diversité d’acteurs représentant aujourd´hui le secteur de la microfinance et leur vocation à servir des populations privées de l’accès au système financier constituent des acquis inestimables, tant en expérience qu’en connaissances. Le secteur de la microfinance se trouve aujourd’hui en capacité d’apporter des réponses aux problèmes d’exclusion financière au niveau international. La pratique de la microfinance se spécialise, se professionnalise et s’améliore continuellement. Par conséquence, nous portons un regard positif sur le futur de la microfinance et nous considérons les pratiques du secteur comme source d’inspiration et facteur d’évolution des systèmes financiers traditionnels. La microfinance a un rôle important à jouer dans le processus de construction des systèmes financiers inclusifs.
Une étude récente du CGAP sur le surendettement recommande toutefois de prêter attention à ce risque à l’échelle mondiale, plutôt que de faire l’hypothèse que les problèmes rencontrés sur certains marchés de microfinance sont des cas isolés. Elle plaide pour une vigilance accrue et un approfondissement des recherches sur l’ampleur et les mécanismes du surendettement. Partagez-vous ce point de vue ?
Oui, et les membres de l’e-MFP sont très actifs dans ce sens. Ils sont majoritairement signataires de la « Smart Campaign », dont les principes sont bien connus dans le secteur et préconisent en priorité d’éviter le surendettement. L’un de nos membres, l’Université de Zurich, a commencé des travaux de recherche avec des investisseurs en microfinance pour développer un index de surendettement et un système d’alertes précoces pour les possibles crises de surendettement. Notre Groupe d’Action « Making Microfinance Investment Responsible » - MIR, travaille aussi sur le sujet, ainsi que des doctorants du CERMi, également membre de la Plate-forme.
En plus de plaider pour une vigilance accrue et un approfondissement des recherches sur l’ampleur et les mécanismes du surendettement, l’e-MFP et ses membres plaident pour une vision de la microfinance qui va au-delà de la stricte pratique du microcrédit. L’offre adaptée de services d’épargne, d’assurance, de paiement et de transferts font partie déterminante du concept de la microfinance responsable, une microfinance qui ne surendette pas ses bénéficiaires, parce qu’elle ne propose pas que du crédit.
Sur un sujet comme l’investissement responsable, quel rôle a la Plate-forme par rapport aux grandes initiatives existantes comme la SPTF, comment s’articulent leurs activités respectives ?
Les acteurs européens de la microfinance ont toujours été très impliqués dans l’avancée des réflexions au sujet des performances sociales. D’ailleurs, la SPTF a été fondée entre autres à l’initiative d’acteurs européens. Aujourd’hui, l’investissement responsable est un sujet discuté à différents niveaux. Au sein de la SPTF spécifiquement, il y a une multiplicité d’acteurs du secteur de la microfinance impliqués. C’est un sujet vaste et complexe et il doit être abordé en tenant compte des différents contextes, des types d’investisseurs et des pratiques.
L’e-MFP contribue à la réflexion à travers l’un de ses groupes d’action et très concrètement en capitalisant les expériences des fonds européens d’investissement. Le groupe « Making Microfinance Investment Responsible » (MIR) dirigé par nos membres Cerise, Oikocredit, Triple Jump et BlueOrchard entre autres, est une unité de recherche au sein du groupe des investisseurs sociaux de la SPTF. Le groupe MIR développe et analyse des thématiques précises, telles que la question de la gouvernance pour une microfinance responsable ou bien la gestion des données sociales collectées par les fonds. D’autres thématiques plus précises comme la focalisation de certains fonds sur un type spécifique d’IMF est aussi un sujet d’intérêt pour nos membres. Le travail de nos groupes s’articule avec celui de la SPTF par la production de documentation informative et spécialisée qui met en avant l’expérience de nos membres et les pratiques d’investissement en Europe.
Comment peut-on rejoindre un groupe de travail ?
En principe, les groupes de travail d’e-MFP (nommés « Action groups ») comprennent des membres de la Plate-forme, qui ont un intérêt spécifique et une expérience confirmée dans le domaine ou sujet du groupe de travail. Dans des cas spécifiques, des experts externes à notre Plate-forme sont invités à y participer. En moyenne un groupe de travail a entre 10 et 30 membres.
Quels sont les principaux évènements de l’agenda 2012 de la Plate-forme ?
L’évènement principal est sans aucun doute la Semaine Européenne de la Microfinance qui se déroulera du 14 au 16 novembre 2012. Le 15 novembre aura lieu la cérémonie du Prix Européen de la Microfinance. Le Prix a pour but de récompenser les meilleures contributions au secteur de la microfinance au niveau mondial, réalisées par des acteurs de la microfinance du « Sud ». L’objectif du Prix est de favoriser le développement de l’industrie et d’attirer l’attention du public sur le secteur de la microfinance. Le Prix est doté de 100 000 euros et le sujet de cette année est « La microfinance pour la sécurité alimentaire ». De plus amples informations sur le Prix, la procédure d'inscription ainsi que le formulaire de candidature (en anglais, français et espagnol) seront bientôt disponibles sur notre site www.e-mfp.eu. En plus de ce grand évènement à Luxembourg, nous sommes aussi impliqués et présents dans la plupart des conférences importantes du secteur de la microfinance. De nouveaux groupes de travail thématiques vont-ils voir le jour ?
Nous l’espérons, oui. Les discussions et réunions lors de la Semaine Européenne de la Microfinance sont d’une grande importance pour déterminer la continuation des activités des Groupes d’Action ainsi que pour en former d’autres. Des thématiques comme la microfinance et l’environnement, la microfinance et les politiques publiques, la microfinance et les risques de change ou la microfinance et les transferts d’argent, par exemple, sont des sujets qui suscitent beaucoup d’intérêt pour nos membres et pourraient devenir à l’avenir des thématiques de travail au sein de la Plate-forme.
Que souhaiteriez-vous améliorer ou approfondir dans l’activité de la Plate-forme ?
J’aimerais compléter la diversité géographique de nos membres et augmenter encore davantage les collaborations entre tous les acteurs de la communauté en microfinance. Avec nos groupes de travail et notre conférence, nous avons déjà fait une bonne part du chemin dans cette direction.
Quels enseignements tirez-vous de votre expérience sur les défis et les conditions de réussite de l’animation de réseau ?
Le plus important est d’écouter attentivement les membres et également d’avoir une idée claire et réaliste sur nos bases, nos forces et nos objectifs.
A quand la version française du site de la Plate-forme ?
Le fait que notre site soit uniquement en anglais est tout simplement une question de ressources – ressources humaines et financières. Mais je serais très heureux de pouvoir proposer un site en anglais et français à nos membres. Dans les contacts avec nos membres, notre petite équipe est de toute façon plurilingue : nous parlons anglais, français, allemand, espagnol et même - si souhaité - gaélique d’ Irlande !








