Opération au travers d'une banque ou d'un établissement financier : ceux-ci sont normalement constitués sous forme de Sociétés Par Action (SPA) dont le capital peut aujourd'hui être entièrement détenu par des entreprises étrangères, 49% pour le partenaire étranger, 51% pour le partenaire algérien. Une Banque commerciale peut pratiquer tous types d'opérations de banques. Le capital minimum est largement prohibitif pour des initiatives de faible ampleur : 10 milliards de DZD (soit 133 millions d'USD) pour la création d'une banque et de 500 millions de DZD (6, 5 millions d'USD) pour celle d'un établissement financier.
Opération au travers d'une ONG locale, non régulée : L'OMC 03-11 exclut des établissements de crédit les "organismes sans but lucratif qui, dans le cadre de leur mission et pour des motifs d’ordre social, accordent sur leurs ressources propres, des prêts à des conditions préférentielles à certains de leurs adhérents".
Cette disposition permet à une ONG algérienne l'exercice d'une activité de crédit au profit de ses membres, en dehors de la supervision bancaire. Certaines restrictions apportées par le texte peuvent constituer un frein au développement du financement des très petites entreprises (TPE) par ce biais, notamment le motif d'ordre social, l'obligation de s'adosser aux ressources propres ou encore la bonification du taux.
Opération au travers d'un système financier mutualiste, Le choix existe entre deux réglementations, l'une en création sur les Caisses d'Economie, et l'autre déjà existante dans le cadre de l'OMC 03-11. L'article 81 de la loi de finances pour 2006 a introduit en droit algérien la notion de Caisses d'Economie, comme suit : « Il peut être institué, sous forme mutualiste, un établissement à statut particulier, dénommé "Caisse d’économie", ayant pour objet la réception et la mobilisation de fonds et l’octroi de crédits par la caisse et ce, au seul bénéfice de ses adhérents.
Les modalités de constitution, ainsi que les règles de fonctionnement et de contrôle de cet établissement sont fixées par un texte de l’autorité monétaire ». (qui n'a jamais vu le jour)
Opération au travers d’une coopérative d’épargne et de crédit : Les coopératives d'épargne et de crédit, sont des « coopératives dont la création vise les groupements de salariés issus d'une même entité juridique, d'un même groupe, d'une même institution ou toute collectivité dont les membres ont un même intérêt avec laquelle un contrat de référence est conclu».
Le montant minimal du capital ainsi que les conditions d’agrément des coopératives d’épargne et de crédit en Algérie ont été fixés par deux règlements de la Banque d’Algérie publiés au Journal officiel N° 15. Ainsi, les coopératives d’épargne et de crédit doivent disposer, à leur constitution, d’un capital libéré en totalité et en numéraire au moins égal à 500 millions de dinars.
La demande d'autorisation d'établissement d'une coopérative d'épargne et de crédit est, conformément aux dispositions légales, adressée au président du Conseil de la monnaie et du crédit. Elle est appuyée d'un dossier dont les éléments constitutifs sont fixés par une instruction de la Banque d'Algérie». Après acceptation du dossier, l'agrément est accordé par son gouverneur sur instruction du Conseil de la monnaie et du crédit.
Taux d'intérêt. Les taux d'intérêts ont été progressivement libéralisés, d'abord en 1995 avec l’instruction 07-95 portant conditions applicables aux opérations de banque supprimant le taux d'usure mais permettant la définition par la Banque d'Algérie d'une marge maximale bancaire. Puis en 2001 avec la suppression de cette dernière limite, qui laisse les établissements de crédit libres de définir leurs conditions selon leur propre politique commerciale. En 2009, un règlement de la Banque d'Algérie sur les conditions générales de banque instaure un "taux prohibitif" , dont le taux n'a pas encore été fixé.
A noter que des normes anti-blanchiment, ayant été adoptées en Algérie en 2002 et 2005, peuvent être un obstacle au développement de la bancarisation de masse si elles sont appliquées trop strictement, notamment les normes imposant une identification précise du client et la conservation des documents.
Note sur le contexte réglementaire de la création de l'Agence Nationale de Gestion du Microcrédit :
l'Agence Nationale de Gestion du Microcrédit (ANGEM) a été créé par le décret présidentiel N°04-13 du 29 Dhou AL Kaada 1424 correspondant au 22 janvier 2004, relatif au dispositif du microcrédit ; le décret exécutif N°04-14 du 29 Dhou AL Kaada 1424 (corr. 22 janvier 2004), portant création et fixant le statut de l'ANGEM ; le décret exécutif N° 04-15 du 29 Dhou AL Kaada 1424 (corr. 22 janvier 2004), fixant les conditions et le niveau d'aide accordée aux bénéficiaires du Microcrédit ; le décret exécutif N° 04-16 du 29 Dhou AL Kaada 1424 (corr. 22 janvier 2004), portant création et fixant le statut du fonds de garantie mutuelle des Microcrédits.

