Pour guider les IMF dans la réalisation pratique des étapes du processus de développement de produit, différents outils ont été élaborés. Ils sont repris ici, classés en fonction de l’étape du processus.
1. Etude de marché et connaissance de la clientèle
1. Etude de marché et connaissance de la clientèle
Mieux connaître la clientèle est essentiel au démarrage d’une démarche de diversification. Deux outils disponibles en français font aujourd’hui référence dans le domaine :
- le guide AIMS d’analyse de la clientèle, intitulé « Connaître la clientèle des IMF : outils d’analyse pour les praticiens de la microfinance »
- les Outils MicroSave d’étude de marché pour les IMF
Deux études de cas concernant des IMF ayant développé leur propre étude de la clientèle sont également présentées :
- Le cas d' AMRET au Cambodge (version anglaise) ;
- Le cas du CRG (Crédit Rural de Guinée) en Guinée Conakry
1.1 Outils AIMS d’étude clientèle
|
Cohen, M.,
Connaître la clientèle des IMF : Outils d’analyse pour les praticiens de la microfinance , 2001, 375 p. |
Le programme AIMS (Assessing the Impact of Microenterprise Services), lancé et financé en 1995 par USAID, a eu pour ambition de réaliser le meilleur compromis possible entre rigueur scientifique et outils opérationnels, en associant tous types d’intervenants du secteur de la microfinance. Ce programme a pris fin en septembre 2000.
AIMS partait en particulier du constat que les IMF étaient pour la plupart très orientées vers l’offre, la performance institutionnelle, mais que finalement elles connaissaient relativement mal leurs clients. Le point le plus important du programme a donc été le travail, en collaboration étroite avec les praticiens du réseau SEEP, sur la définition d’outils d’analyse de l’impact et de la clientèle qui répondent à un double objectif : non seulement prouver l’impact, mais aussi améliorer les produits et la capacité des IMF à offrir des services financiers adaptés (‘prove and improve’). Les outils AIMS ont donc été conçus pour être relativement simples d’utilisation, d’un coût réduit, et utilisables par les IMF aussi bien pour analyser leur marché, analyser la satisfaction de leurs clients que démontrer leur impact auprès de la population.
Eléments d’originalité de ces outils par rapport à ce qui existait auparavant :
- les outils ont clairement été développés par et pour des praticiens (le réseau SEEP a été largement associé au travail de création des outils) ;
- un long processus de définition, consultation, validation par des tests terrain, a précédé la rédaction du manuel ;
- les outils portent à la fois sur l’analyse d’impact proprement dite (au niveau micro-économique), et sur des thématiques spécifiques relevant davantage de l’étude de marché ou de l’enquête marketing (étude des abandons de clients, enquêtes de satisfaction…) ;
- au maximum, il s’agit d’inciter les IMF à utiliser elles-même s ces outils, et à les intégrer autant que possible dans le pilotage des institutions, plutôt que de recourir à des intervenants extérieurs spécialistes de l’impact (universitaires ou consultants). Par exemple, les auteurs recommandent d’impliquer au maximum le personnel des IMF dans les enquêtes, donnant quelques indications pour éviter les ‘biais’ les plus importants qu’entraîne ce choix ;
- il est possible de réaliser ces enquêtes séparément ou ensemble ; le manuel offre une démarche par étapes, avec des indicateurs clairs, pour un coût limité ; l’utilisation d’un ou deux outils seulement peut impliquer de fait un coût très réduit.
Les outils
Le manuel intitulé « Connaître la clientèle des IMF : outils d’analyse pour les praticiens de la microfinance » se présente comme un ensemble d’outils, autrement dit des méthodes d’enquêtes, incluant des questionnaires types.
Cinq outils sont proposés :
- Outil #1 : étude d’impact
Cette étude repose sur 37 questions permettant de tester des hypothèses d’impact. Ce questionnaire est soumis à deux groupes (un groupe client, un groupe témoin). Le groupe témoin est constitué de personnes ayant rejoint le programme (donc présentant des caractéristiques proches des clients) mais n’ayant pas encore eu de prêt. - Outil #2 : étude des abandons de clients
Il s’agit d’un outil quantitatif appliqué aux clients ayant quitté le programme. Le but est d’identifier quand et pourquoi ces clients ont choisi de quitter le programme, et de révéler les forces et faiblesses de ce dernier. A utiliser régulièrement dans le cadre du système d’information, ou périodiquement lors d’une évaluation. - Outil #3 : étude des stratégies d’utilisation du crédit sur la durée
Outil qualitatif, sur la base d’entretiens individuels approfondis avec des clients sur l’utilisation du crédit. Le but est de comprendre comment l’utilisation et l’affectation du crédit évolue sur la durée, et d’obtenir des données sur l’impact estimé du crédit au niveau individuel / familial / collectif. - Outil #4 : émancipation des femmes
Cet outil qui cible les femmes bien entendu est proposé pour les programmes dont l’objectif affiché est de contribuer à l’émancipation des clientes. Technique d’entretien approfondi pour évaluer l’impact de la participation des femmes dans le programme. - Outil #5 : satisfaction des clients
Outil qualitatif reposant sur des techniques de discussions par ‘focus group’ pour mieux comprendre l’opinion des clients sur le programme, et leurs suggestions.
Tests terrains
6 tests terrains ont été réalisés en préparation des outils, sur financement AIMS, par des IMF de méthodologies différentes, dans des pays très variés (Honduras, Mali, Philippines, Bolivie, Nicaragua. Les IMF ont participé directement à la mise en œuvre et l’analyse des résultats, mais avec l’appui de consultants impliqués sur le programme AIMS pour la conception de l’étude et le choix des outils. S’agissant d’une expérimentation des outils financée par USAID, on ne peut pas parler réellement d’un « choix » par l’IMF des outils, qui de surcroît ont été modifiés grâce à ces tests.
Par la suite, plusieurs IMF semblent avoir choisi d’utiliser les outils AIMS, au Maroc, en Côte d’Ivoire, aux Philippines et en Europe de l’Est. Nous ne disposons pas de données sur le coût de ces études, leur mise en œuvre et leur utilité pour ces IMF.
Le manuel estime que pour mettre en œuvre les 5 outils trois semaines sont nécessaires pour administrer l’ensemble des enquêtes, mais que trois mois de préparation sont indispensables avant l’étude de terrain elle-même. Il est souligné qu’un effort important est nécessaire de la part du personnel de l’IMF, et que la coordination de l’ensemble est également exigeante. L’utilisation de personnel de l’IMF (20 personnes de Finca Pérou, pour les 5 outils) permet de réduire les coûts. Le savoir-faire n’est pas très pointu, même si une bonne formation des enquêteurs est nécessaire.
Le manuel recommande aux IMF de ne pas forcément chercher à utiliser au même moment tous ces outils, mais de répartir dans le temps le coût et l’effort liés à ces études.
A la suite de l’utilisation des outils, des impacts directs et indirects ont été mentionnés pour plusieurs IMF :
- Kafo Jiginew (Mali) : décision de différencier davantage les produits de crédit entre milieu rural et urbain, notamment concernant la taille des crédits.
- ODEF (Honduras) : création de nouveaux produits (prêt d’urgence, crédit à la consommation) ; allègement du suivi clientèle réalisé par les agents de crédit (plainte des clients) ; impacts indirects (formation continue des staff pour corriger des erreurs détectées lors des enquêtes ; révision des postes des staffs)
- ASHI (Philippines) : nouveaux produits (crédit d’équipement, prêt familial, prêts de réparation de l’habitat), amélioration de l’offre d’épargne (réalisent que les clients n’épargnent pas auprès d’Ashi par manque de confidentialité et peur de se voir confisquer l’épargne). Impact indirect : identification d’une dérive des agents de crédit (baissent le montant demandé par le client).
AIMS a démontré qu’il était possible d’organiser des études plus légères, plus opérationnelles, qui sont autant des études d’analyse de la clientèle que d’analyse d’impact, qui soient utiles pour les IMF et dans une moindre mesure leurs partenaires (bailleurs de fonds etc). Ces enquêtes, plus faciles à administrer et analyser, peuvent être menées par des équipes locales (personnel de l'institution ou chercheurs, consultants nationaux), et être donc plus abordables.
Ces outils peuvent permettre :
- de recentrer l’IMF sur la compréhension de la demande et de la satisfaction des clients, par exemple en cas de pertes de clients,
- fournir des informations de base pour l’identification de nouveaux besoins, servant de pistes pour de nouveaux produits,
- d’avoir quelques éléments d’impact simples à mettre en avant auprès des partenaires de l’IMF.
Ces outils paraissent plus utiles pour le pilotage des IMF et la formation de leur personnel, que pour les bailleurs de fonds (sauf s’il est admis que ces derniers veulent avant tout voir progresser et se pérenniser l’IMF, et ne sont pas focalisés sur l’impact visible à court terme), puisque les éléments sur l’impact lui même sont les plus imités (voir infra).
La publication du manuel AIMS, en anglais, espagnol et français, a pour objectif la diffusion la plus large possible de cet outil auprès des IMF.
Quelles sont les limites des outils AIMS ?
- aucun de ces outils n’offre une vision du marché, de l’environnement, de la concurrence, si ce n’est via la satisfaction des clients.
- clairement, les auteurs eux-mêmes reconnaissent que les outils devront nécessairement être adaptés pour être utilisés dans des pays différents, des contextes différents, des IMF spécifiques. Les tests réalisés dans des pays très différents témoignent d’un ajustement réel des questionnaires, et parfois des méthodologies d’enquête. Cette adaptation a un coût…
- l’outil permettant d’évaluer l’impact en termes d’émancipation des femmes a été critiqué pour sa superficialité : une interview rapide de femmes sur leur sentiment de progresser grâce aux produits financiers ne peut permettre de réellement de comprendre l’évolution de leur positionnement social. Cet outil fournit davantage des arguments faciles pour l’IMF face à ses bailleurs sur ce sujet, qu’il ne permet de creuser le sujet.
- le souhait de développer des outils opérationnels d’analyse de la clientèle ne doit donc pas faire oublier cependant que des enquêtes approfondies sont utiles en complément de ces outils pour pouvoir réellement creuser certains sujets et mesurer l’adaptation des IMF à leur environnement (ex études socio anthropologiques, telles que celles menées dans le cadre du Crédit Rural de Guinée).
1.2 Outils MicroSave d’étude de marché pour les IMF
|
Wright, G. A.N. & Ahmed, S. & Mutesasira, L.,
Méthodes accélérées de recherche participative pour les IMF - Kit d'outils , 2002, 88 p. |
Créé au départ pour améliorer les capacités des IMF à offrir des services d’épargne adaptés, MicroSave a réalisé en 1999 une grosse étude sur les pertes de clients en Afrique de l’Est, partant du constat que le taux de perte de clientèle était très élevé dans la région, atteignant dans un cas plus de 60 % par an, et que les IMF ne s’en rendaient pas toujours compte et ignoraient surtout les raisons de ces départs et les moyens d’y remédier.
L’originalité de ces outils réside d’abord dans leur approche résolument marketing (étude de marché, étude clientèle, développement de produit…). Par ailleurs, ces outils se présentent avant tout comme des outils de terrain : simples, maniables et orientés sur l’application concrète (comment former les enquêteurs, comment animer un groupe, etc.). Par rapport aux outils de AIMS, MicroSave privilégie l’analyse de l’environnement (marché, concurrence, point forts, etc.) et fait des efforts sur la présentation des résultats (tableaux parlants). Autrement dit, ce sont des outils plus exploitables, à l’opposé des études d’impact lourdes.
Présentation du kit d'outils
Microsave a développé conjointement un cours et un kit d’outils sur l’étude de marché en microfinance.
La compréhension des besoins des clients, la concurrence croissante entre IMF et la question des pertes de clients étant devenues des questions centrales, développer la capacité des IMF en étude de marché est le premier pas pour améliorer leur capacité de développement de nouveaux produits.
Le kit proposé comprend quatorze outils destinés à l’étude de marché/de la clientèle au moyen de techniques de recherche participative.
-
1. Analyse de la saisonnalité des revenus, des dépenses, de l’épargne et du crédit
2. Analyse de la saisonnalité des migrations, du travail temporaire, et des biens/services fournis par les pauvres
3. Profil du cycle de vie, pour définir les besoins de trésorerie dans le temps
4. Diagramme de Venn/Chapati, permettant l’analyse des groupes/organisations de services financiers et de leur rôle au sein de la communauté
5. Classification simple (lorsqu’il est utile de connaître l’importance relative de divers éléments)
6. Classification des préférences relatives, pour étudier comment les clients actuels et potentiels perçoivent les prestataires de services financiers et les composantes de ces services.
7. Classification « par paires » , pour examiner en détail comment les clients actuels et potentiels comparent et classent les composantes des services financiers.
8. Classification simple par niveau de richesse
9. Classification détaillée par niveau de richesse
10. Cartographie des flux financiers : carte montrant les lieux dans lesquels la population se rend pour obtenir ou dépenser de l’argent
11. Séries chronologiques des maladies, décès, pertes d’emploi, vols, catastrophes naturelles
12. Séries chronologiques de la propriété des actifs
13. Matrice des services financiers, permettant de déterminer quels services financiers sont utilisés par quelle couche socio-économique ou socioculturelle de la société.
14. Analyse des tendances du secteur financier, permettant de déterminer l’évolution du recours aux services financiers dans le temps.
Pour chaque domaine sont définis un ou plusieurs objectifs, puis une ou plusieurs procédures, et enfin un produit/résultat.
Par ailleurs, ces outils sont complétés par l’utilisation de techniques de discussion thématique de groupe (Focus Group Discussion). Le cours sur l’étude de marché comprend la présentation de cette technique appliquée à l’identification des besoins de la clientèle.
Moyens de mise en oeuvre
On dispose d’assez peu de détails sur les moyens de mise en œuvre. Ces outils ne bénéficient pas de la même publicité que les outils de AIMS, l’idée est plus que les IMF viennent faire la formation et obtiennent les outils par ce biais. Les données qui suivent sont extraites du site de MSA.
D’après MicroSave, le nombre de personne-jours nécessaire pour utiliser ces outils dépend du degré de détail souhaité par l’IMF et de l’objectif de l’étude de marché. Une IMF de taille moyenne cherchant à développer de nouveaux produits engagera environ 25 à 35 personne-jours dans le processus (de la planification à la production du rapport), dont la majorité se trouvera sur le terrain auprès des clients. L’étude doit être conduite par des membres du personnel senior.
Le temps total estimé pour mener à bien l’ensemble du processus dépend de la rapidité de mise en œuvre de chaque IMF. Dans le cas d’une réalisation rapide, le processus prendra de 3 à 5 jours, le travail sur le terrain 10 jours (pour une équipe de deux chercheurs – compter 5 jours pour deux équipes) et entre 5 et 10 jours pour l’analyse et la rédaction du rapport.
Tests terrains
Ces outils ont été utilisés par des IMF très diverses (depuis les caisses postales jusqu’aux petites organisations communautaires) en Afrique de l’Est, et également au Bangladesh, aux Philippines et au Népal. Plusieurs IMF mènent actuellement des études de marché pour développer de nouveaux produits ou redéfinir des produits existants à l’aide de ces outils.
Enseignements : intérêt et limites
Les outils sont très récents, il y a donc assez peu de visibilité sur les enseignements à ce stade. Il semble en tout cas qu’il y ait une forte demande, qui confirme le besoin des opérateurs pour ce type d’outils. Les intérêts et limites présentés ci-dessous sont essentiellement tirés de l’expérience de Bonnie Brusky au Brésil.
Intérêts :
- Souplesse et simplicité des méthodes. Les groupes de discussion, lorsqu´ils sont bien animés, sont un très bon moyen de recueillir des informations.
- Les outils permettent aux chercheurs d’examiner la problématique selon différentes perspectives. En fonction de l’outil utilisé et de l´habileté du modérateur, les composantes culturelles, historiques, sociales ou géographiques qui influencent les comportements sont mises en évidence.
- La méthodologie permet de recueillir beaucoup d’informations en peu de temps. Puisque, dans les méthodes qualitatives, on part du principe que les opinions du groupe sont représentatives de celles de la communauté, il n’est pas nécessaire de travailler avec des échantillons particulièrement grands. Il est néanmoins important d’appliquer l’outil d’analyse à un minimum de trois groupes différents pour pouvoir valider les informations recueillies.
- L’utilisation des groupes de discussion a un effet non négligeable sur l’estime de soi des participants. Dans un groupe bien encadré, les participants prennent conscience de la valeur de leurs opinions et les partagent plus librement.
Limites :
- Il est important que les objectifs de la recherche soient clairement établis pour ne pas se perdre dans toutes les informations recueillies.
- Les outils ont été conçus pour des IMF individuelles qui veulent faire des études de marché. Ainsi, avoir des objectifs destinés à des changements opérationnels aide à « diriger » l’étude vers des résultats plus précis. Quand les données vont être utilisées pour développer ou modifier un produit ou un procédure spécifique, il est plus facile de filtrer les informations et de savoir lesquelles doivent être approfondies. L’étude Brésil était orientée par une « grande » question (pourquoi les IMF sont-elles peu utilisées) et il a été difficile de faire le tri parmi les multiples « réponses » et de choisir quels aspects approfondir.
- L’application des outils peut exiger certaines adaptations culturelles. Les recommandations de MSA (p. ex. mettre au courant les leaders communautaires des objectifs de l’étude et donner des invitations pour assister aux groupes de discussion) ne sont pas toujours adaptées au contexte.
- L’utilisation des outils exige une formation, théorique et pratique. Initialement, les outils étaient disponibles gratuitement sur le site de MicroSave-Africa. Ils ont été retirés quand l’équipe de MSA s´est rendue compte que de nombreuses personnes sans aucune formation aux méthodes qualitatives utilisaient les outils et arrivaient à des résultats désastreux. Simple en apparence, l’application des outils exige un modérateur habile et beaucoup de préparation de la part de l’institution coordinatrice.
- Le rôle du modérateur est primordial. Il doit être familier avec le secteur financier et surtout la microfinance. Une connaissance approfondie des objectifs de l’étude est aussi essentielle. Un guide de discussion bien élaboré aidera le modérateur novice, mais ne suffit pas.
- Le travail logistique de préparation (identification et invitation des participants, formation des groupes, organisation des sessions, etc.) est essentiel au bon déroulement de la recherche et à la qualité des résultats. Ce travail exige du temps et de l’énergie et ne doit pas être sous-estimé.
Pour aller plus loin : trois exemples d’utilisation des outils MicroSave
Dans quelles conditions une approche participative a un sens pour une institution de microfinance ?
Contexte, objectifs, déroulement et résultats de l'application de la méthode MicroSave-Africa au Brésil, pour l'élaboration d'études de marché à destination des IMF
Présentation de deux cas de mise en pratique de l'outil MicroSave par DEMOS et Partner afin de mieux cibler les besoins de la clientèle, d'améliorer les produits ou de couvrir de nouvelles zones.
1.3 Des outils d’étude de la clientèle sur mesure : le cas de l’IMF cambodgienne Amret (ex-EMT)
Une étude d’impact et de la clientèle d’une durée d’un an, de juillet 2001 à juillet 2002, a été effectuée au sein d’EMT, institution de microfinance cambodgienne ayant obtenu sa licence en 2001, après 10 ans d’existence.
EMT a réalisé en 1996 une première étude d’impact, publiée en 1997, avec plusieurs phases de terrains effectuées par des stagiaires du GRET, suivie d’un travail d’analyse et de synthèse réalisé depuis Paris.
Cinq ans plus tard le conseil d’administration décidait de renouveler l’étude avec pour objectifs :
- 1. Informer les actionnaires sur l’efficience des activités d’EMT et leur adéquation aux termes de la mission d’EMT «participer au développement rural».
- 2. Construire avec le département marketing un support pour évaluer les produits existants, et éventuellement pour préparer la mise en place de nouveaux produits.
Il s’agissait donc de satisfaire indirectement à la demande des bailleurs et du gouvernement cambodgien, tournée vers la mesure de l’impact économique, tout en formalisant la connaissance qu’avait EMT de ses clients pour les besoins de l’institution.
L’institution présentait de bons résultats : elle était la première du pays en terme de parts de marché, et la seconde en en-cours de crédit. Cependant les responsables de l’institution attendaient de ce document un appui à fournir aux autorités locales et bailleurs internationaux, à une période de remise en question du bénéfice des programmes de microcrédit pour les pauvres dans le pays.
Nous restions donc dans la lignée des études définies par la formule : « prove and improve impact ».
Cette étude mise en œuvre par le GRET (1), devait combiner des outils de mesure d’impact et de connaissance de la clientèle, plus tournés vers des techniques de marketing. Elle a abordé les thèmes suivants :
- a. Description de l’offre de crédit formel et informel et son évolution dans le temps
- b. Impact du crédit sur les emprunteurs
- c. Compréhension des mécanismes collectifs au sein des associations villageoises
- d. Les abandons de clients
- e. La satisfaction des emprunteurs
L’originalité de cette étude résidait dans :
- la combinaison de ces deux objectifs internes et externe,
- l’intérêt marqué pour l’analyse contextuelle et donc une prise en compte de l’environnement dans l’analyse de l’impact (à la différence des outils AIMS par exemple),
- la tentative d’utilisation des apports de la méthode AIMS en terme d’étude de la clientèle, pour les volets d’évaluation de la satisfaction (par des focus groups) et d’étude d’abandon de la clientèle,
- la tendance à inciter l’IMF à s’impliquer en cherchant à répondre à ses préoccupations en association directement le département marketing dans la préparation et le déroulement de l’étude.
(1) Le GRET est à l’origine de la création d’EMT, et a fourni un appui technique à l’IMF jusqu’en 2003
Les outils
La recherche s’est effectuée dans quatre associations villageoises de la zone d’intervention d’EMT, un village de référence sans crédit formel ou semi-formel, une série de villages ayant quitté le programme, et auprès d’ex-clients de crédits individuels disséminés dans la zone d’action.
La méthodologie définie par le pôle micro finance et le directeur scientifique du GRET, associait une approche qualitative et quantitative, la première servant à l’analyse des informations contenues dans les questionnaires.
Le recueil de données s'est fait en plusieurs étapes pour chaque village :
- 1. Dans un premier temps dit « d’immersion », une série d’entretiens semi-directifs approfondis avec 20 à 30 informateurs clés du village (2) permettent d’acquérir une connaissance du contexte général et des pratiques liées au crédit formel et informel. Cette étape s'est faite à travers une étude approfondie des économies familiales de la zone et devait aboutir à :
- a. L’analyse de la saisonnalité des activités, des revenus, des pratiques d’épargne et de crédit ;
- b. L’élaboration d’une typologie des habitants fondée sur les systèmes d’activités des familles, intégrant une classification des niveaux de richesse (en capital et revenus) mais aussi une idée sur les trajectoires envisageables grâce à un indicateur d’investissement. Cette typologie devant servir à l’analyse finale des données quantitatives recueillies.
- 2. En parallèle, un travail a été effectué conjointement avec les responsables de province de l’institution pour analyser les données existantes sur le village : taux de pénétration et de rétention, évolution delà caisse depuis son ouverture, liste des membres…afin de faciliter et guider le travail de terrain.
- 3. Les résultats de cette étape privilégiant une approche qualitative ont servi à adapter le questionnaire, devant être administré à tous les habitants du village clients et non-clients, dans la mesure du possible, afin d’éviter les biais liés à la sélection d’échantillons représentatifs. Les non-clients tenaient lieu de référence « sans crédit » et participaient à la compréhension de la qualité des emprunteurs et du mécanisme d’octroi.
- 4. L’étape de recueil des informations quantitatives a été l’occasion de retourner voir les informateurs clés, afin d’avancer dans les discussions et de consolider les connaissances synthétisées.
- 5. Le traitement des données quantitatives ainsi que la connaissance acquise du contexte, devaient permettre d’adapter les thèmes abordés lors des réunions collectives. Élaborées avec pour objectif de mesurer la satisfaction, l’outil AIMS a été largement suivi pour cette étape. Nous avons cependant ajouté des thèmes spécifiques aux préoccupations opérationnelles et venant en validation de nos premiers résultats : la gestion du capital et de son remboursement, la constitution des groupes de solidarité, les changements liés à l’offre de crédit dans le village.
- 6. Chaque étude village a fait l’objet d’un rapport d’étape dont les résultats étaient présentés aux managers de l’institution lors d’une restitution afin d’assurer un suivi et de revoir avec eux si l’étude se dirigeait bien vers une réponse à leurs préoccupations.
- 7. L’analyse des abandons de clientèle s'est faite lors d’une étude ultérieure, par l’administration à un échantillon, sélectionné en raison de sa diversité, de questionnaires courts, selon la méthodologie proposée par AIMS.
- 8. Une restitution générale, avec les managers et les responsables provinciaux, puis dans les villages visités, a permis de présenter les résultats finaux qui devaient alors être validés et commentés.
(2) représentatifs de la diversité d’activité, du niveau de vie, et rôle social existant dans le village
Moyens de mise en œuvre
Le coût de cette étude a été estimé à 20 100 dollars sans la publication. .
L’équipe était composée :
- D’une stagiaire et d’un traducteur/ binôme à temps plein ;
- De huit enquêteurs pour la collecte de données quantitatives,
- Du responsable du département marketing et de son assistant pour une participation méthodologique ponctuelle et logistique permanente.
Le processus a duré une année complète sur laquelle il a fallu compter un temps de formation et d’adaptation à l’environnement non négligeable, estimé ici à six mois.
Implication de l’IMF et diversification des produits
L’IMF procédant à ce type d’étude intervenait à tous les niveaux pour une meilleure utilisation des résultats et une adaptation de l’étude aux besoins et questionnements de l’opérateur.
Il était prévu qu’ EMT participe à l’ensemble de l’étude, par l’implication d’une personne à temps plein sur le sujet.
Les réalités opérationnelles l’ont mené vers une solution intermédiaire, consistant à suivre l’avancement des opérations et des résultats, tout en s’impliquant dans la mise en place de la méthodologie :
- relecture des termes de références,
- participation à chaque étape de choix déterminante pour l’étude (caractéristiques à retenir pour les choix des villages, relecture du questionnaire),
- participation lors de la mission de la direction scientifique à l’élaboration de la nouvelle typologie des clients,
- participation du département marketing et du personnel de terrain à certaines phases de collecte de données, pour les thèmes directement liés à ses activités : la tenue des groupes de discussion incluant la satisfaction, quelques entretiens qualitatifs avec des clients, tant pour observer et enrichir la méthode utilisée que pour chercher des réponses à certaines préoccupations issues des chantiers en cours,
- prise en charge des problèmes logistiques et administratifs.
Le département marketing menait en parallèle à l’étude « d’impact ou suivi/ évaluation de clientèle » une étude sur la mise en place de produits d’épargne et de crédits en dollars.
Les résultats n'étaient donc pas attendus pour la mise en place de nouveaux produits mais plutôt dans l’objectif d’utiliser l’analyse produite par l’étude afin d’évaluer dans un second temps les produits existants et les modifier.
Il y avait d’ailleurs parfois une confusion à éclaircir, les responsables de l’IMF ayant tendance à penser que l’étude allait apporter des réponses là où dans le meilleur des cas elle pouvait soulever des questions…
Enfin certains volets de la méthodologie devaient être réutilisés dans les études futures et la formalisation des observations concernant l’économie familiale devait permettre d’avoir une référence pour des connaissances déjà existantes.
Enfin le département marketing s'est réapproprié les outils méthodologiques, en collaborant à leur élaboration et en les adaptant à ses études en cours.
Enseignements : intérêts et limites
Intérêts :
- L’insertion dans l’IMF donne un accès illimité aux informations et permet d’être plus à l’écoute pour recueillir les connaissances de chacun, qui sont des pistes indispensables ;
- Par l’approche qualitative de compréhension du contexte on appréhende un ensemble d’indicateurs contextuels, géographiques, agricoles, concurrence, pouvant biaiser l’analyse ;
- L’étude des économies familiales part des systèmes d’activités pour définir des classes aux besoins de financement homogènes permettant de comparer les comportements des différents groupes identifiés face au crédit.
- L’association de différentes étapes de terrains et de différentes techniques de collecte des données assurent un contrôle de la qualité des résultats obtenus.
- La participation active du département marketing, et son intérêt certain pour l’étude dénote d’une implication de l’institution et laisse donc espérer une appropriation future des résultats. C’est par ailleurs une occasion supplémentaire de rencontrer les clients et d’entendre leur point de vue.
- La participation d’autres départements d’EMT, notamment des personnels du terrain, agents de crédit et superviseurs de province et district leur implication dans l’étude garantie par l’intérêt et le soutien apporté par le directeur de l’institution, facilitent les étapes de terrain, l’accès à l’information. Leur présence lors des groupes de discussion a été l’occasion d’aborder des questions qui ne sont pas toujours posées directement mais aussi de mesurer la compréhension du système par les emprunteurs. Enfin ils sont une source très précieuse d’information et permettent certaines fois une bonne lecture du contexte. Les personnels de terrain se sont prêtés à l’exercice sans craintes et parlent de l’institution de façon critique et réaliste.
- La reproduction d’une telle étude nécessite à nouveau une adaptation des outils.
- Le travail de préparation du terrain est essentiel au bon déroulement du recueil de données, à toutes les étapes, l’introduction de l’équipe auprès des villageois, la préparation logistique, la participation des personnes clés de l’association villageoise sera déterminante quant à la qualité des données collectées.
- Un binôme clairement choisi et présent dès le début de l’étude aurait facilité et limité le temps d’adaptation, par ailleurs il aurait été garant de l’appropriation de l’étude par l’IMF.
- L’impact économique est toujours sujet aux mêmes limites dans l’analyse de fongibilité dans le budget familial.
- La majorité des résultats sont liés à l’observation du terrain, ils sont donc déjà connus de l’IMF qui est frustrée par le manque de nouveauté des informations transmises.
Pour en savoir plus sur cette expérience :
1.4 Une étude socio-anthropologique au service du changement institutionnel : CRG, Guinée
L’étude devait permettre de se prononcer sur la validité de la méthodologie de caution solidaire d’une part et de constater sur le terrain comment se réalisait le délicat équilibre des pouvoirs.
Mise en œuvre
… Et davantage
Les limites de l’étude socio-anthropologique
Concrètement, que s’est-il passé ?
Pour en savoir plus sur cette expérience :
La première partie de cet outil traite du calcul du coût des services financiers en deux sections:
Ce document décrit deux méthodes pour déterminer la structure des coûts administratifs de produits de microfinance spécifiques pour comprendre comment le produit contribue (ou non) à la viabilité financière globale de l’IMF.
Accédez à l’outil de simulation du CGAP au format Excel sur le site de CAPAF
La deuxième partie de cet outil expose différentes stratégies de tarification des services financiers, en :
Deux outils pratiques capables de guider les institutions dans le test pilote de nouveaux produits soit de prêt et soit d’épargne.
Chacune des 10 étapes du test pilote d'un nouveau produit de prêt et d’un nouveau produit d’épargne est déclinée en questions-réponses qui renseignent le lecteur sur tous les aspects pratiques de la mise en oeuvre :
Le Picard Ducroux, C.,
Étude de la clientèle à EMT (BIM) , 2002, 3 p.
Présentation d'une étude d'impact et de clientèle que le GRET a conduite auprès d'une IMF cambodgienne ; conception, mise en œuvre, intérêts et limites de cette étude. (L’étude proprement dite n’est pas distribuée).
Alors qu’il se trouvait à une phase charnière de son institutionnalisation, le Crédit Rural de Guinée, Institution de microfinance guinéenne, a demandé à une équipe de socio-anthropologues guinéens, avec l'appui d'un socio-anthropologue français, d'apporter une vision externe.
Une étude socio-anthropologique a été menée sur un an, entre le mois de juin 1999 et le mois de juin 2000, au sein du CRG.
En 1999, après 10 années d’existence, le CRG doit faire face :
L’originalité de cette étude repose sur l’ampleur des moyens consacrés à sa réalisation, et tout particulièrement sur le temps consacré à ce travail, mais aussi sur une collaboration assez peu habituelle entre des chercheurs, des universitaires et des praticiens aux préoccupations différentes.
La recherche s’est effectuée sur quatre caisses d’épargne et de crédit, situées dans chacune des régions naturelles de la Guinée. Elle a privilégié une approche qualitative avec des entretiens semi-directifs approfondis, en général en plusieurs passages, auprès d'un nombre limité d'informateurs (149 personnes).
Ces entretiens individuels ont été complétés par quelques réunions collectives et une restitution systématique des résultats dans les caisses, ce qui a permis un contrôle des interprétations et l’apport, parfois, de nouvelles informations.
Enseignements : intérêt et limites
La réponse aux questions posées …
Avant la recherche, le CRG était surtout sensible aux effets pervers de la caution solidaire. L'hypothèse était qu'il faudrait sans doute l'abandonner, après deux ou trois ans de fonctionnement des groupes, après que ceux-ci aient permis une meilleure sélection des emprunteurs au départ. La recherche montre la complexité de la question et fait une typologie des groupes dont certains ont réussi ou se sont reconstitués autour d'un noyau stable. Les principes de la caution solidaire ne sont pas remis en cause. En revanche les modalités d'application sont critiquées et les clients du CRG souhaitent une révision des principes de mise en œuvre de la garantie solidaire. Si les clients reconnaissent que le groupe de caution solidaire est indispensable, ils ne comprennent pas l’interdiction de former des groupes au sein d’un même ménage ou d’une même famille, « alors que la première garantie de l’individu reste sa famille ». L'une des recommandations de l'étude est l'ouverture d'un large débat dans les caisses pour en revoir les modalités et pour discuter de garanties complémentaires.
La gestion en commun a été instaurée début 99 et l'étude a commencé mi-99. S’il est difficile de tirer des conclusions, on constate néanmoins que les rapports entre agents et élus restent encore asymétriques. L'essentiel des décisions est pris par le siège du CRG et par les agents. Seul le temps et la mobilité des agents d'une caisse à l'autre permettront aux salariés de construire un nouveau mode relationnel avec les associés. La pesanteur du passé permet difficilement aux acteurs ayant structuré leurs relations sur des modes dirigistes et peu participatifs de s'engager vers d'autres types de rapports. C'est donc petit à petit, grâce à des formations et des changements de mentalité, que la gestion en commun deviendra une réalité. Mais il est évident que c'est un processus long sur le chemin duquel, peut être, tous les agents ne sont pas capables, ou prêts à s'engager.
Le regard socio-anthropologique a bien mis en évidence le rôle des différents acteurs du système ainsi que la perception que chacun d’eux avait des caisses d’épargne et de crédit. Ceci donne un éclairage sur les ressorts sociaux qui sous-tendent le fonctionnement du CRG et permet d’aborder les notions d’impact social et économique, qui n’étaient pas au cœur du questionnement des praticiens. Il s’agit moins d’une dérive ou d’une déformation professionnelle de la part des enquêteurs que la démonstration qu’il est impossible de répondre à des questions de méthode sans connaître la réalité des dynamiques sociales des clients d’une IMF.
Les raisons d’une collaboration fructueuse
La collaboration a pu être fructueuse grâce à la combinaison de plusieurs facteurs :
Le coût d’une telle étude est dissuasif et hors de portée d’une institution financière dans sa phase d’institutionnalisation, à un moment où sa capacité d’autofinancement est faible. Trois missions de suivi (23 000 €), un atelier séminaire (23 000 €) et le travail de terrain (7 000 €) auront été nécessaires et représentent un investissement de 53 000 €.
L’acuité du regard du chercheur en socio-anthropologie sur les dynamiques sociales ne suppose pas pour autant une capacité à traduire en recommandations techniques et opérationnelles les conclusions de ses observations. Dans le cas d’espèce la mobilisation des praticiens autour des chercheurs aura été nécessaire afin de déboucher sur quatre recommandations : le métissage du réseau, l’adaptation des produits financiers, la définition d’une politique de communication et d’information et l’approfondissement de la gestion en commun. Il faut reconnaître cependant que ces recommandations ressemblent fort à des déclarations de bonnes intentions et qu’un véritable travail de technicien doit être mené ensuite pour rendre ces conclusions opérationnelles.
Le travail d’étude a conduit à la publication d’une synthèse accessible et claire.
En revanche à ce jour la transcription des recommandations dans les faits apparaît faible.
Poser le métissage du réseau comme recommandation opérationnelle manque d’épaisseur. Il s’agit d’un principe général de culture d’entreprise qui ne sera suivi des faits que si les cadres montrent l’exemple et que si les procédures sont adaptées dans ce sens.
L’adaptation des produits financiers avait commencé avant la fin de l’étude. Le travail a plutôt permis ici de valider et de confirmer des décisions prises par les praticiens.
La politique d’information et de communication se nourrira efficacement de l’étude socio-anthropologique. La formation des cadres à cet exercice est toutefois nécessaire.
Les acteurs du CRG se sont prononcés sur un certain nombre d’améliorations à apporter à la « gestion en commun ». Beaucoup des recommandations sont très pratiques dont certaines ont été mises en action : formation des agents, organisation de journées nationales.
Le Crédit rural de Guinée vu par ses acteurs. L'étude socio-anthropologique comme outil de changement institutionnel , Kéfing Condé, Stéphane Bouju et Dominique Gentil dans la Collection Etudes & Travaux, co-édition GRET-CRG-IRAM, (Paris, juillet 2001, 95 p).
Comment déterminer un taux d'intérêt qui reste à la fois compétitif et rentable tout en préservant la vocation sociale de la microfinance ? Méthodes et formules.
Un outil de planification, de réalisation et de suivi des tests pilotes - Produits de prêt , 2003, 119 p.
Un outil de planification, de réalisation et de suivi des tests pilotes - Produits d’épargne , 2003, 105 p.
Une bibliographie sélective est également proposée à la fin.

