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Crédit à l'habitat

Enjeux pour les IMF

Le financement de l’habitat des populations à faibles revenus est un enjeu économique et so-cial majeur dans les pays en développement comme dans les pays riches. En Europe, les Etats ont tenté de répondre à ce problème par la construction de logements sociaux largement sub-ventionnés. Dans les pays du Sud, les pouvoirs publics ont généralement une action très limi-tée. La croissance des villes, en raison d’un fort taux d’accroissement naturel et un exode rural très important, y est rapide et désorganisée. Des quartiers populaires précaires se créent sans suivre un plan d’urbanisme dans des conditions sanitaires parfois déplorables.

L’habitat joue un rôle fondamental dans la réduction de la pauvreté par les effets en chaîne qu’il induit en créant de meilleures conditions de santé notamment. Par ailleurs, la possibilité de disposer d’un espace sécurisé peut constituer le point de départ du développement écono-mique du ménage en permettant la création d’une activité. Une proportion significative d’activités de l’économie informelle dans de nombreuses villes est en effet liée à l’espace du logement.

Le financement de l'habitat social représente un enjeu grandissant pour les IMF. En 2002, on estimait que 150 IMF offraient des produits d'habitat à leur clientèle pauvre. Cet intérêt croissant a plusieurs explications.

  • Certaines IMF en recherche de nouveaux marchés, ont compris que le crédit habitat pouvait être proche de leur méthodologie de microcrédit classique

  • Des collaborations se construisent dans certains pays entre des structures de financement et des programmes spécialisés sur les techniques de construction innovantes et peu chères.

  • Certaines banques commerciales classiques ou réseaux coopératifs d ’épargne et de crédit considèrent que le crédit habitat s ’approche davantage de leur métier d ’origine que les microcrédits classiques

  • Des bailleurs de fonds de plus en plus soucieux de l ’impact social des IMF, s’intéressent au crédit habitat pour lequel l’impact sur le bien –être des familles est évident.

  • Enfin le constat d ’échec des politiques du ‘ tout subvention ’ pour l ’habitat, oblige à trouver des solutions alternatives au problème de l’accès des populations à un habitat décent.

Pour comprendre

Le financement de l'habitat offert par des IMF correspond généralement à des crédits successifs de relativement faible montant pour une amélioration progressive de l’habitat, calés sur les pratiques d ’auto-construction des habitants, par opposition au financement classique de l ’habitat qui vise le logement neuf et abouti, avec garantie hypothécaire.

TABLEAU COMPARATIF DES METHODOLOGIES DE CREDIT

Crédits aux Microentrepreneurs Crédit habitat par les IMF Crédit habitat classique
Le crédit impacte sur le revenu Le crédit impacte sur la valeur des actifs et parfois sur le revenu Le crédit impacte sur la valeur des actifs et parfois sur le revenu
Montant de crédits : en général < 500 US$ Montant : de 200 à 1 500 US$. Ils financent des améliorations progressives de l’habitat Montant : > 1 000 US$. Ils financent une construction achevée
Pas de suivi de l’utilisation effective du crédit Parfois un accompagnement dans la construction/réhabilitation Dépend des programmes
Méthodologie de crédit de groupe ou individuel Rarement méthodologie de groupe. Pas de garantie hypothécaire. Caution mo-rale/garanties/biens domestiques. Sécurisation foncière vérifiée Crédit individuel. Garantie hypothécaire. Titre de propriété exigée
Durée : excède rarement 24 mois Durées entre 2 et 15 ans. Généralement 3 ans Durée généralement > à 10 ans

On distingue deux approches du financement de l’habitat :

  • Le financement de l’habitat non subventionné.

    Financer l’habitat en dehors de toute subvention revient à proposer des produits d’épargne et de crédit relativement classiques dans une optique qui rejoint celle du financement d’activités génératrices de revenus. Des IMF comme Sewa Bank (Inde) et Grameen Bank (Bangladesh) ont diversifié leurs produits de crédit vers l’habitat en définissant des conditions proches de leurs produits classiques : crédits de petite taille pour la rénovation progressive ou la construction d’un habitat de base, durée de recouvrement relativement courtes (deux ans maximum), peu ou pas de subvention, garanties adaptées (formes alternatives de titres de propriété), mobilisation très progressive de l’épargne.

    Ce type de crédit est utile notamment pour financer des améliorations successives de leur logement, ce qui correspond au mode d’investissement naturel de beaucoup de ménages pauvres dans les pays en développement.

    En revanche, pour l’acquisition d’un habitat de base, où l’investissement initial est élevé, on reproche généralement à ce type de programme d’habitat son faible impact dans la mesure où les populations les plus pauvres ne peuvent avoir accès à ces produits qui nécessitent une forte capacité d’épargne.

  • Le financement de l’habitat subventionné.

    Lorsque l’objectif est de toucher des populations pauvres pour un habitat de base, la nécessité d’un recours à la subvention pour atteindre les derniers déciles de revenus est aujourd’hui largement admise, y compris au sein des Agences de Développement Multilatérales. Mais dès lors qu’une composante subvention est introduite, ce type de financement devient beaucoup plus complexe à gérer pour l’institution de microfinance car il n’est plus possible d’aborder le crédit habitat sous un angle purement financier et privé. Des considérations techniques et politiques sont à intégrer.

    L’Etat ou les bailleurs de fonds peuvent jouer un rôle majeur dans le développement de ce type d’activité soit par la mise en place de ressources longues à taux concessionnels, soit directement par le biais de subventions.

    Risques / recommandations

    Le financement de l'habitat représente un potentiel intéressant pour les IMF mais le développement de ces produits se heurte néanmoins à un certain nombre de difficultés.

    La sécurisation foncière : un préalable à l'investissement dans le financement de l’habitat?

    En théorie, la sécurisation foncière est un processus légal qui passe par des espaces lotis, un processus d ’attribution des lots (titre de propriété), et un marché foncier. L’approche classique du financement de l’habitat s’appuie sur cette conception : l’obtention d’un titre de propriété est un préalable.

    Dans les pays en développement, ce processus est rarement abouti. Ceci renvoie à la question de savoir si les IMF doivent s’engager ou pas sur les problèmes de sécurisation foncière. La plupart des IMF refusent de s’y engager parce que ce n’est pas leur métier et qu’elles n’en ont pas les moyens. Faut-il pour autant s’abstenir de faire du crédit habitat en l’absence de sécuri-sation foncière ? La position de beaucoup d'IMF comme Mibanco au Pérou (cf. étude de cas)est de dire que l’investissement dans l’habitat (construction en dur, réhabilitation) est un moyen de renforcer la sécurisation foncière car il est plus difficile pour des autorités de dé-guerpir des habitants ayant fait des travaux dans leur habitat que des habitants vivant dans des habitations précaires et provisoires. Sans pour autant s’impliquer dans des actions de lobbying par rapport au foncier, il est recommandé que les IMF s’assurent que leurs clients sont dans un début de sécurisation foncière : assurance pour l’usager qu’il ne se fera pas déguerpir d’un terrain occupé illégalement, matérialisation de cette assurance au travers des coutumes et lois locales (garanties plus ou moins formelles tels qu’un titre d’occupation). Ceci est important à la fois pour leur propre maîtrise du risque et pour la cohérence des politiques de développe-ment urbain.

    Faut-il fournir une assistance technique à la construction/réhabilitation?

    Beaucoup d'IMF justifient l’absence d’accompagnement dans la construction en misant d’une part sur la capacité des ménages à gérer le processus de construction/réhabilitation à des niveaux de qualité acceptables et d’autre part sur leur volonté de choisir eux-mêmes les options de construction/réhabilitation. Le débat est ouvert et beaucoup d’autres IMF considèrent que la maîtrise du risque sur ce type de crédit passe par la fourniture d’une assistance à la construction pour éviter notamment le risque de surestimation du coût des travaux. Certaines IMF intègrent cette assistance dans leur processus de crédit en formant du personnel spécialisé dans l’évaluation de travaux, d’autres s’associent à des compétences existantes et exigent de leurs clients qu’ils aient recours à ces services.

    S'assurer de la capacité à mobiliser des ressources à long terme.

    Les prêts à l’habitat sont par définition des prêts longs. L’objet du financement ne génère pas directement de revenus et est immobilisé. Les remboursements se font donc progressivement par prélèvement d’une partie du revenu du ménage (ceci est vrai d’une famille riche comme d’une famille pauvre).

    Les IMF qui veulent développer une activité de crédit habitat doivent donc pouvoir proposer des crédits sur plusieurs années, ce qui sous entend accéder à des ressources à long terme. Or ces ressources sont souvent difficilement accessibles pour les IMF.

    Trouver des formes de garanties adaptées

    Les montants plus importants et la durée plus longue de ce type de crédit font qu’il est souvent difficile de s’appuyer sur la méthodologie du crédit solidaire, même si certaines IMF y arrivent. Souvent les emprunteurs ne disposent pas de titres de propriété en bonne et due forme, ce qui rend difficile la prise de garantie classique.

    Les questions qu'une IMF doit se poser avant de décider de se lancer dans le développement de produits de financement de l'habitat.

    • Quelle est la situation foncière des habitants ?

    • La loi de la microfinance autorise-t-elle les IMF à financer l ’habitat?

    • Quelles sont les politiques publiques en matière d ’habitat ?

    • Quelle sont les types de demandes ? Rénovation (existence ou pas d ’un « capital habitat »), construction ou acquisition?

    • Quelles sont les pratiques d ’auto-construction des habitants? (impact sur niveau de standardisation des produits et montants nécessaires)

    • Quelle sont les capacités de remboursement mensuelles des ménages (le crédit habitat ne doit pas excéder 25% du montant des revenus mensuels)

    • L ’IMF a t-elle les moyens de garantir un accompagnement minimum? (au moins dans l ’évaluation des coûts liés à l ’habitat)

    • Quelles garanties l ’IMF peut-elle appliquer?

    • L ’IMF est-elle autorisée à lever l ’épargne?

    • L ’IMF a-t-elle accès à des ressources à moyen terme?

    Exemples

    Mibanco (Pérou) : l’implication d’une IMF sur un programme de financement de l’habitat

    Mibanco est une institution de microfinance créée en 1972 et qui est aujourd’hui la deuxième IMF d’Amérique latine par la taille. Elle est implantée à Lima.

    Lima est une ville de 8 millions d’habitants dont près de la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté. Les conditions d’habitat y sont précaires, et la plupart des familles ne possèdent pas de titre de propriété foncière. Comme dans la plupart des pays, l’amélioration de l’habitat est une priorité exprimée par les familles les plus pauvres.

    Fin des années 90, Mibanco fait le constat de ce besoin auprès de sa clientèle traditionnelle de microentrepreneurs et décide de lancer en 2000 l’expérimentation d’un produit de crédit habitat qui s’adresse à deux cibles : la clientèle traditionnelle de microentrepreneurs de l’IMF et une clientèle nouvelle, composée de travailleurs à plus faibles revenus mais résidant dans les mêmes communautés.

    Douze mois après son lancement, le programme Micasa comprend 3 000 clients pour un encours de 2,6 millions d’USD. Le taux de remboursement à l’échéance est de 99 %. Le produit est suffisamment rentable pour permettre à Mibanco de continuer à le proposer à la clientèle et la direction de l’institution prévoit que le crédit habitat représentera 50 % de son portefeuille total de prêts d’ici 5 ans. Deux années plus tard, la deuxième cible (la clientèle nouvelle) représente le tiers des clients du produit habitat et au total les femmes représentent la moitié du portefeuille de prêts habitat.

    La méthodologie adoptée par Mibanco est proche de celle de ses microcrédits classiques.

    • Crédits successifs pour la construction ou la réhabilitation de logements par étapes : l’idée étant toujours de se caler sur les pratiques d’auto-construction progressive des ménages, ce qui permet de proposer des montants de crédits accessibles et de motiver les clients au remboursement par la promesse d’un accès ultérieur à un plus gros crédit.

    • Le montant moyen des crédits habitat octroyé est de 1 000 US$ (montant minimum : 200 US$) soit l’équivalent d’un PNB annuel/tête au Pérou et soit deux fois le montant des crédits classiques proposés par l’institution

    • La durée maximum du crédit est de 36 mois (contre 24 mois maximum pour le microcrédit classique) et le remboursement du capital et des intérêts est progressif.

    • Le taux d’intérêt oscille entre 4/5 et 9/10 du taux des microcrédits classiques selon la taille du crédit.

    • Comme la plupart des IMF qui font du crédit habitat, Mibanco n’utilise pas de garantie hypothécaire (trop coûteuse à mettre en place par rapport au montant du crédit et difficilement réalisable). L’IMF réalise une étude précise des revenus globaux du ménage (comme pour le microcrédit classique) et incite fortement au remboursement par la promesse d’un accès à des prêts habitat de plus gros montants.

    • Mibanco ne procure ni n’exige, de la part de la clientèle, une assistance technique dans la prévision et l’exécution des travaux d’habitation effectués. De même, Mibanco n’exige pas de titre de propriété foncière.

    • Pour distribuer ce type de produits, Mibanco utilise son réseau d’antennes et d’agents existants.

    Selon Mibanco, les facteurs de succès de l’expérimentation relèvent d’une bonne implantation initiale dans les communautés, d’un appui sur un réseau expérimenté d’agents de crédits qui connaissaient la clientèle visée et d’une méthodologie de prêt éprouvée et efficace (celle du microcrédit classique à quelques aménagements près). Mibanco ne se doutait pas qu’il lui serait aussi facile d’adapter la méthodologie des microcrédits classiques à ce crédit habitat.

    Les questions et défis qui se posent à Mibanco à ce stade sont les suivants :

    • Comment trouver des ressources à moyen terme ? Aujourd’hui Mibanco, comme la plupart des IMF, n’a accès qu’à des ressources à court terme (un an au plus). L’accès à des ressources plus longues est une des conditions du développement de ce produit.

    • Comment gérer la croissance de ce type de produits ? En particulier comment maintenir durablement la qualité du portefeuille ? Le montant du crédit habitat est deux fois plus important que celui du microcrédit classique pour des garanties équivalentes.

    • Comment fournir une assistance à la construction/réhabilitation ? Jusque-là, Mibanco justifie notamment l’absence d’accompagnement dans la construction en misant d’une part sur la capacité des ménages à gérer le processus de construction/réhabilitation à des niveaux de qualité acceptables et d’autre part sur leur volonté de choisir eux-mêmes les options de construction/réhabilitation. Après un an d’expérimentation, Mibanco prévoit toutefois d’assurer une formation minimum de ses agents de crédit à l’estimation de projets de construction/réhabilitation et aux normes de qualité de base à respecter.

    • Quid de la situation foncière des clients ? Mibanco accorde des crédits habitat sans se soucier de la situation foncière de ses clients. Or la plupart de ses clients ne possèdent pas de titre foncier . Dans quelle mesure le programme Micasa parvient réellement à prêter aux familles en situation précaire ? Cette question rejoint le débat sur le subventionnement ou pas de ce type de programmes de crédit habitat (cf. BIM précédents). D’un côté, on a des programmes subventionnés qui ont une approche élargie du problème de l’accès à l’habitat et qui parviennent à toucher des populations pauvres mais dont la portée est forcément limitée du fait de leur coût. De l’autre, on a des IMF qui font des crédits habitat sans subvention, dont la portée est plus large mais qui ne touchent pas forcément les plus pauvres.

    Source : d'après le BIM du 16/9/03

    Beit el Mal : une articulation originale entre microfinance et politique publique de l’habitat

    La présentation de Beit el Mal, institution de microfinance mauritanienne qui réalise du crédit habitat dans le cadre de la mise en place d’une politique d’habitat social en Mauritanie, permet d’illustrer la problématique du crédit habitat subventionné.

    La Mauritanie a connu une croissance urbaine spectaculaire durant les trois dernières décennies, probablement l’une des plus importante d’Afrique noire. La population de la ville de Nouakchott a été multipliée par 30 en 30 ans (20.000 habitants en 1960, environ 600.000 aujourd’hui). Cette urbanisation récente pose le problème de l’accès à un habitat décent .

    Dans ce contexte, le programme de développement urbain Twize appuyé par le GRET a démarré en 1998, dans les quartiers périphériques lotis de Nouakchott. Il est financé par l’Etat mauritanien dans le cadre de sa politique de Lutte contre la pauvreté et vise à permettre l’accès des familles démunies à une unité d’habitation (qui est celle qu’elles construiraient si elles avaient les moyens de le faire). Ce qu’il propose est de mettre à la disposition de ces familles le financement nécessaire à cette construction et d’accompagner techniquement sa réalisation.

    La mise en place de crédits à l’habitat va de pair avec l’amélioration des revenus des habitants. L’une des conditions de recouvrement des crédits est en effet que les revenus des bénéficiaires puissent être parallèlement augmentés. Dans cette optique des microcrédits économiques sont également proposés aux habitants.

    Les produits proposés

    La composante microfinance du programme Twize également appelée « Beit el Mal » est en charge de la gestion de deux produits :

    • Le crédit habitat

      Le mécanisme financier de l’habitat social se décompose en 3 parts : une participation initiale des bénéficiaires (15 % du coût), une subvention de l’Etat mauritanien via le CDHLCPI, (50 % du coût) et un crédit habitat (35 % du coût).

      Actuellement le coût de construction de l’unité d’habitation de base, s’élève à 400 000 UM (environ 1 200 USD) soit 1,8 fois le PNB par habitant de la Mauritanie et 5,5 fois le revenu moyen mensuel estimé pour les familles des quartiers ciblés. Les dimensions de cette unité d’habitation sont de 5m x 4m. La méthodologie employée par la distribution de ce type de prêts est celle du crédit solidaire classique (taille du groupe solidaire « Twize » entre 5 et 10 personnes). Ce crédit est accordé sur une durée de 36 mois, avec un remboursement mensuel du capital. Le taux d’intérêt est de 12 %/an, sur capital constant.

    • Le micro-crédit classique

      Les méthodologies du crédit habitat et du microcrédit classiques sont proches. Comme pour le volet habitat, les bénéficiaires de ce type de crédit doivent s’organiser en groupes solidaires Twize. Les montants de prêts sont progressifs d’un cycle à l’autre. Au premier cycle, le montant accordé est de 10 000 UM (soit environ 40 USD). Le remboursement du capital est mensuel, la durée des crédits est au choix : 6 ou 12 mois. A la différence du crédit habitat, ce type de crédit se voit appliqué un taux d’intérêt de 24 %/an, sur capital constant.

    Des résultats…

    Beit el Mal parvient à pénétrer des quartiers dont certains ne sont pas ciblés par d’autres institutions de microfinance, et desservait 4 168 clients au 31/08/05. L'encours de crédit habitat est de 61 834 900 UM (1 675 clients) et celui de microcrédits classiques de 32 141 500 UM (2 493 clients). Une forte expansion est prévue à Nouakchott (où le programme se concentre actuellement) et Nouadhibou (capitale économique du pays), où Beit el Mal a ouvert une antenne.

    L’institutionnalisation formelle de Beit el Mal doit avoir lieu d’ici début 2007.

    …et des contraintes

    L’introduction d’une subvention de l’Etat mauritanien pour alléger le coût de l’habitat, oblige à adosser la dimension financement à une dimension accompagnement/suivi de la construction (composante habitat). L’Etat mauritanien qui octroie cette subvention veut légitimement s’assurer que la subvention ne va pas être détournée pour un autre objet que l’habitat, et que l’habitat construit grâce à la subvention publique correspond à des normes minimales de sécurité et salubrité.

    1. Une dépendance technique

      La construction de l’habitat doit être accompagnée et contrôlée. Concrètement dans le programme Twize, c’est la composante « habitat » qui se charge de la définition des caractéristiques techniques de l’habitat et de la mise en œuvre des chantiers de construction. Beit el Mal gère les aspects purement financiers (sélection des clients, gestion de la subvention et du crédit) mais l’interdépendance avec la composante «habitat» étant forte, une coordination étroite est nécessaire.



    2. Une dépendance politique

      L’activité de financement de l’habitat représente une part importante du volume d’activités de Beit el Mal. Un changement de politique du gouvernement qui ne ferait plus de l’habitat social sa priorité pourrait fortement déstabiliser la structure en provoquant l’arrêt d’un pan important de l’activité. Outre l’appui au gouvernement dans la mise en place d’une politique pérenne de financement de l’habitat social, Beit el Mal envisage trois stratégies pour garantir sa pérennité face à ce risque :

      • Renforcer le poids du microcrédit classique. Le renforcement de la diversification des activités est essentiel pour la stabilité de la structure surtout si un arrêt des crédits habitat devait être engagé.

      • Développer progressivement des produits de financement de l’habitat non subventionnés. La demande pour des produits complémentaires d’amélioration de l’habitat de base existe. La subvention ne se justifie plus dans ce cas mais il serait légitime que Beit el Mal puisse répondre à cette demande en proposant des produits d’épargne et de crédit adaptés.

      • Prévoir un schéma d’institutionnalisation de "Beit el Mal" qui (1) isole le risque lié à la dépendance de l’activité de crédit habitat social et le laisse à la charge de l’Etat puisque sa matérialisation dépend de ses décisions ; (2) distingue clairement la gestion des fonds publics et de celle des fonds privés.

    Source : Actualisation par le GRET du BIM du 7/5/02

    Pour en savoir plus

    • Plusieurs BIM d’EspaceFinance



    • Autres références en anglais

      • Documents téléchargeables sur le site de « Cities Alliance » :

        http://www.citiesalliance.org/citiesalliancehomepage.nsf

        Cities Alliance, un regroupement de villes et acteurs du développement urbain, vient de lancer avec trois réseaux de bailleurs et praticiens du développement, une série d'études de cas en anglais sur le financement de l'habitat pour les pauvres (Shelter Finance for the Poor Series). L'objectif est de valoriser des expériences d'IMF qui proposent des crédits habitat à leur clientèle pauvre et d'en tirer les enseignements pour la promotion de ce nouveau type de produits financiers.

        • Cities Alliance (2003). Shelter finance for the poor - Series Synthesis, Cities Alliance // Washington DC, USA.

        • Brown, Warren / Garcia, Angel (2002) // MiCasa: financing the progressive construction of low-income families homes in Peru. Washington DC, USA. Cities Alliance / Accion International

        • Brown,Warren / Tilock, K. / Mule, Nthenya / Anyango, E. // Washington DC, USA (2002). The enabling environment for housing finance for the poor in Kenya/ Cities Alliance / Accion International

        • Tilock, K. / Daphnis, F. / Anderson, Thea / Fulhauber, I. FUNHAVI’s housing microfinance program in Mexico (2002) // Washington DC, USA: Cities Alliance / CHF International

        • Tilock, K. / Daphnis, F. / Fulhauber, I. / Chandy, M. (2002). SEWA Bank’s housing microfinance program in India // Washington DC, USA: Cities Alliance / CHF International


      • Autres documents

        • Developping housing microfinance products un Central America (2004) . Insight N°12. Accion. Téléchargeable à l’adresse suivante : http://www.accion.org/insight/

        • The center for Urban Developpment Studies, Harvard University (2000). Housing Microfinance Initiatives : synthesis and regional summary: Asia, Latin America, and Sub-Saharan Africa with Selected Case Studies. DAI/USAID-MBP. Cette étude est téléchargeable gratuitement à partir du site de l’USAID (http://www.microlinks.org/ev_en.php?ID=7454_201&ID2=DO_TOPIC ) (Review paper n° 5)

        • Housing Microfinance (mars 2003). Revue Small Enterprise Development (Volume 14, number 1). ITDG Publishing.

        • So, you want to do housing Microfinance ? A guide for Incorporating a Home Improvement Loan Program into a Microfinance Institution. (janvier 2001). Cooperative Housing Foundation. Ce guide pratique peut être commandé sur le site de CHF à l’adresse suivante : http://www.chfhq.org/

          CHF est une organisation internationale qui travaille sur les problèmes d’accès à l’habitat dans le monde. Une partie de ses activités est axée sur la question du financement de l’habitat. Voir le site pour plus de renseignements.

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