La liquidité
En agissant comme un intermédiaire financier, l'IMF est exposée au risque de perte financière résultant du défaut du maintien de fonds pour rencontrer ses obligations financières. Si l’institution ne maintient pas de réserves adéquates pour satisfaire ses besoins quotidiens de déboursements de prêts et de retraits des épargnes, elle risque de perdre la confiance de ses clients créant ainsi des demandes de retraits massifs. Étant donné la croissance du nombre de transactions et les flux monétaires moins prévisibles, la gestion des liquidités est plus complexe. Pour réduire le risque de liquidités, les institutions de microfinance doivent être en mesure de prévoir et gérer les flux monétaires. Elles doivent contrôler minutieusement les moments des entrées de fonds (dépôts et remboursements de prêts) ainsi que des sorties de fonds (déboursements de prêts et retraits des épargnes) par un budget de trésorerie mensuel et disposer d’un plan de contingence.En résumé, afin de gérer convenablement et rencontrer le plus souvent possible les objectifs fixés, l’institution devra se doter
- D’outils permettant la planification et la projection des liquidités.
- De facilités permettant l’obtention de fonds liquides rapidement en cas de crises ou permettant d’investir les fonds excédentaires à un taux satisfaisant.
Aussi, l’établissement et le suivi de ratios financiers ainsi que l’établissement d’objectifs en rapport avec ces derniers est à privilégier et constitue même l’un des éléments clés de la gestion des liquidités. Parmi les ratios qui peuvent être utilisés en ce contexte :
- (Actifs court terme – Comptes Payables court terme) / dépôts : Mesure l’adéquation des liquidités par rapport aux dépôts des clients, une fois les obligations de court terme déboursées. Devrait se situer entre 10 et 15 %
- Actifs liquides / Actifs totaux : Parce que les actifs liquides génèrent habituellement un rendement moins élevé, une proportion trop élevée peut impliquer une perte de profitabilité pour l’institution. On recommande de conserver un ratio de l’ordre de 15 %
Les liquidités peuvent également être contrôlées en partie à partir de modalités spécifiques aux contrats ou d'éléments incitatifs pour les déposants, par exemple :
- Établir des règles quant aux montants maximaux de retraits ou au nombre de transactions.
- Exiger une notice préalable à des retraits de montants importants ou des frais plus importants lorsqu’aucun avis n’a été donné.
- Rémunérer de façon plus importante les comptes comportant des restrictions quant aux retraits.
- Exiger des nouveaux membres un certain montant de dépôt préalablement à toute demande d’octroi de prêt de leur part (ou exiger des dépôts obligatoires).
La Gestion bilancielle et de position de change ou l’appariement des échéances et devises
Comme intermédiaires financiers, les institutions de microfinance doivent se protéger de la perte que peuvent entraîner des fluctuations des taux d’intérêts. En mobilisant de l’épargne, elles courent un risque de souffrir d’une baisse de la structure des taux d’intérêts chargés sur les prêts par rapport aux intérêts qu’elles paient sur les placements à terme.Une gestion minutieuse au niveau de la correspondance (ou « appariement ») des échéances des dépôts et des prêts est un impératif ; les montants, échéances, taux d’intérêts chargés et servis doivent être suivis de façon rigoureuse.
De la même manière lorsqu’une institution offre des comptes d’épargne en devises étrangères et prête en monnaie locale, elle court des risques de pertes financières suite à une variation des taux de change. L’institution se doit ici aussi de développer sa capacité de gestion et de se doter de mécanismes appropriés avant de s’engager dans ce type de transaction.
La diversification des épargnants et les épargnes
La mobilisation d’épargne offre à l’institution le potentiel nécessaire pour étendre ses services en même temps qu’elle construit une base de capital diversifiée avec laquelle elle finance son portefeuille de prêts. Cependant, elle doit établir des balises, de façon à éviter une trop grande concentration de l’épargne entre les mains d’un petit groupe d’épargnants, ce qui la rendrait plus vulnérable en cas de retraits massifs de ces derniers et lui ferait également perdre sa vision sociale, l’accès à l’épargne étant concentré sur un nombre restreint de personnes.
Se référer aussi au dossier thématique « Réglementation » du Portail.
Voir également :

