Ces alliances sont nécessaires pour sécuriser l’intervention de la microfinance, étendre son champ d’action, mais aussi – et surtout - pour améliorer et sécuriser les conditions d’insertion économique des ménages ruraux.
Un premier sous-thème montre l’importance, les acquis et les difficultés des alliances entre organisations professionnelles agricoles et institutions financières pour améliorer le financement de l’agriculture. Un second sous-thème documente les innovations en matière de « financement de la filière », d’agriculture contractuelle, notamment à travers l’exemple des liens entre microfinance et commerce équitable. Un troisième sous-thème fournit des matériaux de réflexion sur les liens entre microfinance autres services d’appui à l’agriculture et au monde rural : assurance, conseil agricole, …
1. Microfinance rurale et organisations professionnelles agricoles
2. Microfinance rurale, financement des filières, commerce équitable
3. Microfinance, services ruraux, « livelihood finance »
Des études de cas :
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Cette approche reste expérimentale. Elle s’appuie sur les acquis de l’agriculture contractuelle (= production agricole sous contrat) et semble se développer plus facilement dans les filières à haute valeur ajoutée.
L’agriculture contractuelle peut se définir ainsi : un accord entre des agriculteurs et des sociétés agro-alimentaires ou de commercialisation, ou les deux, portant sur la production et la fourniture de produits agricoles selon des accords à terme, fréquemment à des prix préétablis. Invariablement, l’accord engage aussi l’acheteur à apporter, dans une certaine mesure, un soutien à la production par le biais, par exemple, de fournitures d’intrants et de conseils techniques. (FAO)
Tout comme les services financiers, la plupart des services d’appui au monde rural antérieurement assurés par l’Etat, sont aujourd’hui confrontés à la privatisation : intrants, santé animale, vulgarisation et conseil agricole, fourniture d’agro-équipements… Une offre privée émerge progressivement sous différentes formes (entrepreneurs privés, formels ou informels, organisations paysannes,…), mais son développement rencontre de nombreux obstacles.
Comment organiser ces nouveaux services, comment assurer le changement d’échelle, quel rôle du marché, de l’action collective, quels sont les statuts juridiques adaptés, comment acquérir les compétences techniques et de gestion nécessaires au bon fonctionnement d’un service, comment financer les investissements financiers nécessaires pour leur développement, comment garantir la bonne qualité des services, comment assurer la concurrence loyale, sont autant de questions clé pour le développement des services qui ne sont pour l’instant pas résolues.
Au-delà de la restructuration de chaque type de service, se pose le problème de leur coordination : ainsi, par exemple, pour valoriser efficacement un crédit productif, un ménage rural aura besoin d’accéder aux intrants, de débouchés pour la commercialisation des produits, de conseil de gestion, d’accès à l’information. L’efficacité du crédit est donc conditionnée aussi par les performances du « système de services » ou « réseau de service » auquel les acteurs économiques ruraux auront ou pas accès.
Autrefois souvent assurée par l’Etat, cette coordination entre services est aujourd’hui laissée aux seules lois du marché et force est de reconnaître que dans de nombreuses zones rurales, cette coordination par le marché semble insuffisante pour garantir la viabilité et la qualité des services d’appui agricoles et ruraux. Des formes de coordination alternatives ou complémentaires au marché sont aussi explorées : négociation, coopération, contractualisation … La réflexion sur les réseaux de services ruraux est encore embryonnaire, mais la microfinance participe à cette réflexion alternative, notamment à travers le concept de « livelihood finance ».
Ce concept consiste à intégrer la microfinance dans une approche globale qui cherche à promouvoir des moyens d’existence durables pour les ménages pauvres, tenant compte de la diversité de leurs activités et de leurs contraintes. Cette approche repose sur 3 piliers : services financiers, services de développement agricole et économique, services de développement institutionnel.
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Un premier sous-thème montre l’importance, les acquis et les difficultés des alliances entre organisations professionnelles agricoles et institutions financières pour améliorer le financement de l’agriculture. Un second sous-thème documente les innovations en matière de « financement de la filière », d’agriculture contractuelle, notamment à travers l’exemple des liens entre microfinance et commerce équitable. Un troisième sous-thème fournit des matériaux de réflexion sur les liens entre microfinance autres services d’appui à l’agriculture et au monde rural : assurance, conseil agricole, …
1. Microfinance rurale et organisations professionnelles agricoles
2. Microfinance rurale, financement des filières, commerce équitable
3. Microfinance, services ruraux, « livelihood finance »
1. Microfinance rurale et organisations professionnelles agricoles
Les organisations professionnelles agricoles (associations de producteurs, coopératives, syndicats, …) se mobilisent pour améliorer l’accès de l’agriculture familiale aux services financiers. La collaboration avec la microfinance se construit progressivement, mais les partenariats restent difficiles à établir et à stabiliser. De nombreux travaux récents accompagnent ce processus.- Organisations paysannes et microfinance en Afrique de l’Ouest et à Madagascar : Une nouvelle alliance au service de l’agriculture familiale ? Contribution à l’atelier « Quel avenir pour l’agriculture familiale dans les pays ACP ? », Wampfler B., 2006
- Le rôle des Organisations de producteurs dans le financement de l'agriculture familiale : un atelier CTA/ROPPA/UE/FAO (BIM), Wampfler, B., 2006
- Organisations professionnelles agricoles et institutions financières rurales : construire une nouvelle alliance au service de l’agriculture familiale. Un guide opérationnel, Wampfler, B., F.Doligez, F., Lapenu, C. avec la contribution de Vandenbrouck, J.P. et Vilayphonh, J., 2008.
- Organisations professionnelles agricoles et institutions financières rurales : construire une nouvelle alliance au service de l’agriculture familiale (Synthèse du forum électronique), Wampfler, B., Doligez, F., 2002
- Quels rôles des organisations professionnelles agricoles dans la microfinance ? Atelier 4 du colloque FARM "Quelle microfinance pour l’agriculture des pays en développement ?" (Exposé introductif), Wampfler, B., Doligez, F., 2007.
- La difficile construction du partenariat, l’exemple du Niger, Groupe de travail OP-IMF, Maliki, B., 2007
- Quel rôle des organisations professionnelles agricoles dans la finance rurale ? Le cas du commerce équitable, Munoz, J., 2007
- Expérience de la fédération des ONG du Sénégal, Sall, N., 2007
- Organisations paysannes et microfinance, un partenariat qui progresse ?, Wampfler, B., 2007
- Les alliances avec des institutions financières : la meilleure solution pour financer les besoins des organisations paysannes et de leurs membres ? (Zoom Microfinance Septembre), Mees, M., 2008
- Eclairages sur la microfinance rurale, Grain de sel n°32, Inter-réseaux, 2005
- Facilitation par l’OP de l’accès au crédit des membres pour mieux commercialiser, Fiche n°5, Inter-Réseau, 2009
- Niger : une nouvelle étape dans le partenariat entre organisations paysannes et institutions de microfinance. Synthèse de l’atelier OP-IMF (BIM), Wampfler, B., 2005
- Une « formation action » pour construire la confiance entre organisations paysannes et institutions financières (BIM), Wampfler B., 2005
- Microfinance, organisations paysannes : quel partage des rôles, quels partenariats dans un contexte de libéralisation ? (Regard sur l’Afrique de l'Ouest. Atelier n°5), Mercoiret, M.R & Wampfler, B., 2002
- Organisations paysannes et microfinance, De Sousa-Santos, F., 2002
- Microfinance et organisations paysannes (BIM), Nguyen, G., 2000
- Contribution des organisations paysannes au financement de l'agriculture - 1er épisode (BIM), Wampfler, B., 2000
- Contribution des organisations paysannes au financement de l'agriculture - 2ème épisode (BIM) , Wampfler, B., 2000
- Contribution des organisations paysannes au financement de l'agriculture 3ème épisode (BIM), Wampfler, B., 2000
- Contribution des organisations paysannes au financement de l'agriculture - 4ème et dernier épisode (BIM), Wampfler, B., 2000
Des études de cas :
1. Microfinance pour l’agriculture : l’expérience de la FONG au Sénégal (BIM), Wampfler, B., 2008
2. La coopérative LA FLORIDA au Pérou, Mees, M., 2003
3. Organisations paysannes et microfinance : l'expérience de la FECECAM au Bénin, Agoua, F., 2002
4. Le crédit par les groupements paysans : le cas de la SODECOTON Cameroun (BIM), Roesch, M., 2001
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2. Microfinance rurale et filière. Un exemple : le commerce équitable
Le développement rural dépend du financement de l’ensemble des activités rurales. Partant de ce constat, une nouvelle réflexion émerge en finance rurale sur l’approche « value chain finance», ou « financement de la chaîne de valeur ». Cette approche encourage les IMF à financer l’ensemble des activités d’une filière, de la production à la commercialisation en passant par la transformation des produits agricoles, et à s’associer au secteur privé pour assurer des débouchés sur des filières à haute valeur ajoutée. L’objectif est de créer de créer un véritable tissu économique dans les zones rurales.Cette approche reste expérimentale. Elle s’appuie sur les acquis de l’agriculture contractuelle (= production agricole sous contrat) et semble se développer plus facilement dans les filières à haute valeur ajoutée.
L’agriculture contractuelle peut se définir ainsi : un accord entre des agriculteurs et des sociétés agro-alimentaires ou de commercialisation, ou les deux, portant sur la production et la fourniture de produits agricoles selon des accords à terme, fréquemment à des prix préétablis. Invariablement, l’accord engage aussi l’acheteur à apporter, dans une certaine mesure, un soutien à la production par le biais, par exemple, de fournitures d’intrants et de conseils techniques. (FAO)
- Expériences innovantes dans le financement des filières (2). La méthodologie Woccu au Pérou, revue Actualité des services aux entreprises n°18, d’après H. Schiff et J. Stallard, 2009
- Expériences innovantes dans le financement des filières (1), revue Actualité des services aux entreprises n°17, d’après H. Schiff et J. Stallard, 2009
- L'agriculture contractuelle : des partenariats pour la croissance. FAO, Eaton, C., Shepherd, A., 2002
- Intégrer la dimension du financement dans l’analyse de filière (BIM), Barlet, K., 2008
- L'analyse de filière, un outil pertinent de diagnostic du financement de l'agriculture dans le cadre de la décentralisation ? (BIM), Maiga, Y., 2005
- Intégrer la dimension du financement dans l’analyse de filière : le cas de la filière mangue au Chiapas, USAID, 2008
- Renforcer l’accès aux services financiers des organisations de producteurs et des familles agricoles associées au commerce équitable (Concept note pour un partenariat renforcé entre microfinance et commerce équitable), AGROFINE-CERISE, 2007
- Complémentarité du commerce équitable et de la microfinance (Compte rendu de la table ronde du 21 septembre 2006) (BIM), Association des Centraliens & CERISE, 2006
- Pour un partenariat entre commerce équitable et microfinance rurale : Renforcer l’accès aux services financiers des organisations de producteurs et des familles agricoles associées au commerce équitable. Wampfler B., Munoz J., Lapenu C., Doligez F., Kessari M., Communication au séminaire FTIS, Montpellier 2008.
- Analyse des possibilités de mise en œuvre des services financiers pour une organisation de producteurs du commerce équitable. La coopérative Naranjillo, Pérou. Geiger R., Rapport de recherche, 2006
- Quelle gouvernance pour un système de financement efficace pour une organisation de producteurs du commerce équitable ? Kessari M., 2007.
3. Microfinance, services ruraux, « livelihood finance »
La microfinance ne peut être efficace que si elle est insérée dans une économie rurale active, soutenue par des services fonctionnels : l’approvisionnement en intrants pour la production est assuré, la commercialisation fonctionne, le conseil agricole et rural favorise l’amélioration des techniques de production et de gestion, les systèmes d’information sur les marchés fonctionnent …Tout comme les services financiers, la plupart des services d’appui au monde rural antérieurement assurés par l’Etat, sont aujourd’hui confrontés à la privatisation : intrants, santé animale, vulgarisation et conseil agricole, fourniture d’agro-équipements… Une offre privée émerge progressivement sous différentes formes (entrepreneurs privés, formels ou informels, organisations paysannes,…), mais son développement rencontre de nombreux obstacles.
Comment organiser ces nouveaux services, comment assurer le changement d’échelle, quel rôle du marché, de l’action collective, quels sont les statuts juridiques adaptés, comment acquérir les compétences techniques et de gestion nécessaires au bon fonctionnement d’un service, comment financer les investissements financiers nécessaires pour leur développement, comment garantir la bonne qualité des services, comment assurer la concurrence loyale, sont autant de questions clé pour le développement des services qui ne sont pour l’instant pas résolues.
Au-delà de la restructuration de chaque type de service, se pose le problème de leur coordination : ainsi, par exemple, pour valoriser efficacement un crédit productif, un ménage rural aura besoin d’accéder aux intrants, de débouchés pour la commercialisation des produits, de conseil de gestion, d’accès à l’information. L’efficacité du crédit est donc conditionnée aussi par les performances du « système de services » ou « réseau de service » auquel les acteurs économiques ruraux auront ou pas accès.
Autrefois souvent assurée par l’Etat, cette coordination entre services est aujourd’hui laissée aux seules lois du marché et force est de reconnaître que dans de nombreuses zones rurales, cette coordination par le marché semble insuffisante pour garantir la viabilité et la qualité des services d’appui agricoles et ruraux. Des formes de coordination alternatives ou complémentaires au marché sont aussi explorées : négociation, coopération, contractualisation … La réflexion sur les réseaux de services ruraux est encore embryonnaire, mais la microfinance participe à cette réflexion alternative, notamment à travers le concept de « livelihood finance ».
Ce concept consiste à intégrer la microfinance dans une approche globale qui cherche à promouvoir des moyens d’existence durables pour les ménages pauvres, tenant compte de la diversité de leurs activités et de leurs contraintes. Cette approche repose sur 3 piliers : services financiers, services de développement agricole et économique, services de développement institutionnel.
- La livelihood finance, une réponse aux enjeux de la crise alimentaire ? (BIM), Wampfler, B., 2008
- BIM : Où l'on reparle des services intégrés…, (BIM), Barlet, K., 2007
- Le concept de « réseau de service » (BIM), Roesch, M., 2003
- Face au désengagement de l’Etat, quel renouvellement des services d’appui à la traction animale ? Revue d’élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux, 57 (3-4), Wampfler, B., 2004
- Articulation entre institutions de microfinance et systèmes d’assurance maladie - Etudes de cas de la Grameen Bank (Bangladesh), de Sewa Bank (Inde) et de FINCA (Ouganda), Galland, B., 2002
- Le financement de la production maraîchère : l'exemple de la zone de Potou, Sénégal (BIM), Mbengue Dieye, B, 2006
- Recettes, dépenses, crédits, comment accorder les rythmes ? Roesch, M., Vall, E., Mounkama Kenoukou, C., Havard, M., 2005
- Que peut apporter le Conseil de Gestion à l’analyse des besoins de financement des exploitations agricoles ? Lapenu, C. & Roesch, M., 2002
- Financement de l’agriculture : comment sécuriser le crédit par une meilleure information sur le fonctionnement des exploitations agricoles – le conseil de gestion (BIM), Roesch, M., Pesche, D., 2002
- Un outil de sécurisation du crédit à l’agriculture : les centres de gestion appuyant les organisations paysannes : l’exemple du Mali (BIM), Wampfler, B., 2002
- Contribution du projet centres de prestations de services de la zone Office du Niger. Mali, Guindo, A., Traoré, B., 2002
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