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3. Produits et services

Cette rubrique présente les spécificités des produits et services adaptés à la demande rurale, dans trois domaines :
  1. des crédits adaptés à la diversité demande rurale et agricole
  2. des dispositifs pour gérer le risque rural et agricole
  3. la mobilisation des ressources financières rurales

1. Répondre à la diversité des besoins de crédit rural et agricole

La demande en crédit rural et agricole se caractérise par sa grande diversité : diversité des activités économiques rurales dans une zone donnée, mais aussi diversité des besoins de crédit au sein des ménages pluriactifs. Il s’agit donc pour la microfinance de développer une offre diversifiée en proposant des produits et des procédures adaptées aux besoins :
-de l’agriculture ;
-des petites entreprises rurales ;
-des « petites » activités économiques populations vulnérables.

Les coûts de développement d’une telle offre de crédit rural sont importants et engendrent des taux d’intérêt élevé qui continuent à faire débat.

Répondre aux besoins de financement agricole

Même si l’offre de financement de l’agriculture par la microfinance reste largement insuffisante, des innovations, ont permis de progresser en combinant adaptation aux besoins de financement et maitrise du risque : crédit stockage (111), crédit d’investissement (112), portefeuilles de crédit et partenariats diversifiés (113)

    •  Crédit de stockage
Le crédit de stockage, aussi appelé crédit-stockage, warrantage ou grenier commun villageois, répond à une double préoccupation : il permet à l’agriculteur de stocker sa production jusqu’à une période où les prix de vente seront plus favorables et d’obtenir un crédit permettant de développer une nouvelle activité ; le stock constitue une garantie du crédit octroyé par l’institution de microfinance.
    • Crédit d’investissement
Le manque d’accès à des crédits d’investissement reste un des freins majeurs de la modernisation des agricultures familiales des pays du Sud. Les causes concourant au faible développement de l’offre de crédit moyen terme – et, à fortiori, du long terme – par la microfinance rurale sont de différente nature :
  • technique : mauvaise maîtrise du risque, garanties inadaptées
  • financière : les IMF manquent de ressources et surtout des ressources longues et stables nécessaires pour le crédit moyen terme, du fait notamment de la faiblesse de l’épargne stable (dépôt à terme)
  • stratégique : les IMF préfèrent arbitrer en faveur d’investissement à court terme dans des secteurs sûrs ; la prise de risque sur le moyen terme nécessite une vision de développement à moyen terme qui fait défaut à nombre d’IMF

Certaines institutions de microfinance ont néanmoins développé des innovations encourageantes de crédit moyen et long terme.

Pour en savoir plus :
    • Dispositifs de financement originaux de l’agriculture
Certaines institutions de microfinance ont développé une expérience remarquable en matière de financement de l’agriculture :

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Répondre aux besoins de financement des populations rurales vulnérables : femmes, jeunes

Une large part de la microfinance rurale s’est développée pour répondre aux besoins de financement des femmes. Les jeunes en revanche ont des besoins de financement importants que peu d’institutions financières prennent en compte jusqu’à présent.

Pour en savoir plus :

Répondre aux besoins de financement des petites entreprises rurales

Les petites entreprises rurales ont des besoins de trésorerie et d’investissement, mais aussi de services non financiers.

Les taux d’intérêt de la microfinance rurale restent un sujet de controverse

Gestion de faibles montants de crédit, dispersion des clients, risques élevés sont autant de facteurs qui concourent aux taux d’intérêt « élevés » de la microfinance rurale. Ces taux permettent-ils aux ménages de développer leurs activités économiques et leurs revenus ? Le débat sur les taux d’intérêt reste particulièrement virulent.

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2. Gérer le risque agricole et rural

La gestion du risque rural et agricole est une préoccupation majeure de la microfinance rurale. Les dispositifs de gestion du risque mobilisent et souvent combinent des méthodes et outils bancaires « classiques » et plus innovants : garanties matérielles et fonds de garantie, caution solidaire, associations de caution mutuelle, centrale de risques, assurances…

La gestion du risque, préoccupation majeure de la microfinance rurale

Gérer le risque agricole et rural avec la garantie matérielle et les fonds de garantie

La microfinance rurale peut s’appuyer sur des outils bancaires classiques pour gérer le risque agricole et rural.

Pour en savoir plus :

Le recours à des fonds de garantie de différente nature est un mode de gestion du risque fréquemment mobilisé. Ses limites sont bien connues (« oreiller de paresse », il déresponsabilise le prêteur comme l’emprunteur, aucune des parties ne prenant de risque sur ses propres fonds ; vite épuisé et difficile à reconstituer, il n’est souvent pas un outil de sécurisation « durable », …). Mais il connaît un regain d’intérêt aujourd’hui pour sécuriser le financement de l’agriculture.

Sur les potentialités et limites des fonds de garantie, voir :

La caution solidaire, innovation majeure de la microfinance

La microfinance a profondément renouvelé les modes de gestion du risque rural et agricole en développant la caution solidaire. Fondée sur la mobilisation d’un capital social au lieu d’une garantie matérielle, ce principe a révolutionné les approches en matière de financement et permis l’accès aux services financiers aux plus pauvres.

Cependant, même si elle reste le fondement d’une part importante des IMF, ses limites apparaissent progressivement : la caution solidaire est souvent davantage l’expression d’une pression sociale que d’une réelle solidarité ; le mécanisme ne fonctionne que dans les contextes de forte cohésion sociale ; il s’érode au fil du temps, il peut être manipulé et reste étroitement enchâssé dans les systèmes de pouvoirs locaux …

Par ailleurs, la caution solidaire n’est d’aucun secours face aux risques covariants (si tous les emprunteurs sont touchés par la même catastrophe, aucun d’entre eux ne pourra rembourser pour le groupe solidaire), ce qui limite considérablement son emploi pour la sécurisation du crédit agricole.

Pour en savoir plus :

Les sociétés de cautionnement mutuel

Pour pallier les limites de la caution solidaire, les sociétés de cautionnement mutuel tentent de renforcer la caution solidaire (responsabilité collective) par une responsabilisation plus forte de l’individu et par la transformation de la caution sociale en garantie matérielle.

Le concept de fonds de garantie paritaire tente de contourner le problème de déresponsabilisation des emprunteurs et des prêteurs qu’entraîne le fonds de garantie classique : le fonds paritaire est abondé au moins partiellement par les différentes parties de la transaction de crédit, qui sont ainsi incitées à être plus attentives à sa gestion.

Les sociétés de cautionnement mutuel reprennent et affinent ce principe.

Les structures de caution mutuelle sont des institutions qui visent à constituer un mécanisme de garantie du crédit contracté par leurs membres auprès d’une institution de financement. La caution mutuelle conjugue les principes classiques du mutualisme (épargne préalable) avec l’approche de la caution solidaire. C’est un fonds de garantie abondé par les emprunteurs et la structure de financement, qui peut être mobilisé dans des conditions clairement contractualisées en cas de défaillance de remboursement du crédit.

Les premières expériences en la matière ont été créées, sous forme de société, en Europe et au Canada, en lien avec le mouvement mutualiste. Aujourd’hui, cette idée est reprise notamment en Afrique, pour sécuriser les dispositifs de crédit de la microfinance. Les exemples existant sont à un stade expérimental (4 ou 5 ans de fonctionnement seulement) et ont été créés sous des formes juridiques variant en fonction des contextes législatifs nationaux (sociétés ou associations).

Pour en savoir plus sur les structures de cautionnement mutuel :

Des outils de la régulation sectorielle pour sécuriser le crédit : les centrales de risque

Dans toutes les +zones où la microfinance s’est fortement développée, avec une multiplication des systèmes financiers travaillant dans les mêmes espaces, avec les mêmes populations, les besoins de maîtrise du risque, de contrôle et de régulation se renforcent. Les risques liés à la concurrence entre IMF d’un même territoire sont importants : risque de cavalerie (remboursement d’un crédit par un autre crédit), endettement des ménages, impayés… Le problème est renforcé dans les zones où de lourds impayés de crédit bloquent tout accès à de nouveaux financements.

La centrale de risque est une convention de collaboration entre différentes institutions de financement présentes dans une même zone. La convention instaure des procédures de régulation de la concurrence, d’échange d’information, de traitement des problèmes de financement de la zone : impayés, retards, …

La centrale de risque est un outil de régulation de la concurrence entre IMF et d’assainissement des situations d’impayés de crédit. Si l’outil est séduisant, sa mise en œuvre reste largement problématique, et on ne connaît pour l’instant que peu d’expériences réussies.

Pour en savoir plus :
Conférence BM 2004
  • Communications BNDA, FCRMD du Mali sur la Centrale de risque de l’Office du Niger, Mali au séminaire de Dakar

L’assurance

L’assurance est le champ le plus récent exploré par la microfinance en matière de gestion du risque rural et agricole.

Sur les assurances agricoles, voir :

Sur l’assurance santé, voir :
Accédez au dossier thématique sur la micro-assurance.

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3. La mobilisation des ressources financières rurales : épargne, fonds des migrants

La difficulté de mobiliser l’épargne rurale reste un problème majeur pour la microfinance. Dans un nombre croissant de régions rurales, l’épargne des migrants représente une contribution importante pour les économies locales. Cependant la valorisation de ces ressources pose plusieurs problèmes : comment les transférer dans le pays d’origine, jusqu’à la région d’origine ? Au delà de la thésaurisation, comment valoriser cette épargne pour le développement économique local ? Quels produits de crédit proposer en lien avec cette épargne ? La microfinance peut contribuer à répondre à ces questions :

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