1. Définir les domaines de risque de l’IMF
2. Estimer le niveau de risque
Au départ, dans la phase d'identification, il est nécessaire de passer en revue l'ensemble des activités dans le but de faire ressortir les éléments qui pourraient être à l'origine de la réalisation d'un risque. Par exemple, une concentration des crédits aux micro-entrepreneurs dans un secteur déterminé peut générer un risque de non remboursement important en cas d'accident majeur sur ce type d'activité économique.
1. Définir les domaines de risque de l’IMF
Il n'y a pas de « bonne méthode » pour enclencher le processus : faut-il partir de l'évènement de risque (en abrégé le risque), par exemple le risque de non remboursement du crédit, ou bien de l'élément qui peut être à l'origine de la réalisation de ce risque, encore appelé inducteur de risque (en anglais risk driver), par exemple la concentration dans un secteur d'activité déterminé ? Peu importe, l'important est de passer en revue toutes les activités importantes et d'en faire une analyse exhaustive. L'idéal est de mettre sur pied des groupes de travail, en impliquant les personnes en charge de l'opérationnel.
Cette première étape va permettre de définir les domaines principaux de risque sur lesquels les activités ont un impact en y regroupant les risques qui y sont liés. Ces domaines de risque sont en général les catégories de risques majeures examinées et surveillées par les autorités de contrôle. Il est clair que si l'institution de microfinance est localisée dans un pays où la réglementation est développée selon des standards internationaux, il est a priori pertinent d'utiliser les catégories définies par la réglementation pour classer les évènements de risque dans ces catégories prédéfinies.
La règlementation de Bâle prévoit quatre grandes catégories de risques :
(i) le risque de crédit,
(ii) le risque de marché,
(iii) le risque bilantiel (comprenant le risque de liquidité, le risque de taux d'intérêt et le risque de change),
(iv) le risque opérationnel.
Pour être tout à fait complet, une cinquième catégorie doit être ajoutée, dans laquelle sont placés les risques qui ne sont pas repris dans les quatre premières catégories, essentiellement les risques institutionnels et les risques externes.
Dans le cas ou la règlementation ne suit pas les catégories réglementaires internationales, l'IMF dispose d'un peu plus de souplesse, mais il ne faut pas oublier que quel que soit le pays d'activité, la réglementation évoluera tôt ou tard. Il n'est donc pas utile de créer des catégories de risque trop inhabituelles : il est préférable d'utiliser des standards internationaux tels que risque de crédit, risque de liquidité, et ainsi de suite.
L'aide mémoire du CGAP, ainsi que le manuel de CARE, proposent une répartition des domaines de risque légèrement différente illustrée ci-dessous :

Le lien entre d'une part l'identification des risques et d'autre part leur classification dans des catégories spécifiques peut être fait d'emblée. Il est utile, même si ce n’est pas indispensable, d'établir au préalable une liste de questions prédéfinies, sur le modèle de celle présentée dans le Manuel de gestion des risques en microfinance de CARE, aux pages 114 à 119, afin d'éviter des va-et-vient excessifs entre l'équipe qui procède à l'identification et les personnes de terrain.
L'évaluation du niveau de risque se fait selon deux paramètres : d'une part la fréquence (à quel rythme le risque se présente-t-il ?) et d'autre part l'impact (quelle est la valeur ?).
L'évaluation se fait sur une échelle qui reste à la discrétion de l'IMF. Cependant, en microfinance, il n'est en général pas nécessaire de multiplier les grades de manière excessive. Avec trois niveaux (haut, moyen, bas), il est possible d'avoir une granularité du classement qui est suffisante, mais comme toujours, cela dépendra de la taille et du niveau d'activités de l'IMF.
Ces deux paramètres constituent les deux axes d'un premier tableau qui sera à la base du processus de priorisation. Ce premier tableau permet d'avoir une représentation visuelle de la cartographie des risques.

Source : auteur, inspiré de MicroSave
En se limitant aux trois niveaux précédemment décrits, cela implique qu'il y a neuf niveaux de risque représentés par les neuf cases du tableau. Il s'agit à ce stade de positionner les risques identifiés dans le tableau, en considérant que plus on se situe dans la partie supérieure droite du tableau, plus le risque est important et dangereux pour l'IMF. Lorsque tous les risques identifiés sont positionnés dans le tableau, les gestionnaires peuvent avoir une vision synthétique du niveau de risque global de l'institution.
Pour obtenir la cartographie complète qui permettra définitivement de prendre des décisions, il faut y intégrer deux éléments complémentaires :
(i) la qualité de la gestion du risque au moment de l'analyse (par exemple: bon, acceptable et faible)
(ii) la tendance suivie par l'évolution du risque (stable, en croissance et en décroissance).

Source : auteur, inspiré de MicroSave
L'exemple ci-dessus montre que l'approche ne dépend pas de la taille de l'institution, mais bien d'une pure décision de gestion. La gestion d'un document comme celui-ci peut tout aussi bien se faire en version papier, qu'en version électronique (Excel, Access) ou encore avec l'utilisation d’un logiciel dédié.
Cet outil va permettre à la structure de gestion des risques en place de prioriser les risques. Il s'agit bien entendu d'une approche qui devient subjective, et qui est laissée à l'appréciation de la personne (gestionnaire des risques) ou du groupe (comité de gestion des risques) qui se livrera à la classification. En fonction de l'évaluation réalisée, il s'agit de définir quels sont les risques importants pour l'IMF, ceux sur lesquels il faut mettre l'accent, en fonction des critères présents dans le tableau.
Pour entrer dans le détail des risques et des mesures de contrôle associées, voir le Manuel de gestion des risques en microfinance de CARE, aux pages suivantes :
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Exemple :
Domaine de risque : risque de crédit
Risque : le Portefeuille à Risque (PAR) est trop élevé et continue de croître.
Inducteur(s) de risque : mauvaise analyse des dossiers qui entraîne un octroi de crédit à des clients inappropriés – complaisance vis-à-vis d'emprunteurs récurrents – système de suivi du portefeuille inadapté – priorisation de la croissance du portefeuille plutôt que sa qualité.
A noter que la relation entre risque et inducteur est une relation de plusieurs à plusieurs : un risque peut avoir plusieurs inducteurs et un inducteur peut impacter plusieurs risques.
Cette première étape va permettre de définir les domaines principaux de risque sur lesquels les activités ont un impact en y regroupant les risques qui y sont liés. Ces domaines de risque sont en général les catégories de risques majeures examinées et surveillées par les autorités de contrôle. Il est clair que si l'institution de microfinance est localisée dans un pays où la réglementation est développée selon des standards internationaux, il est a priori pertinent d'utiliser les catégories définies par la réglementation pour classer les évènements de risque dans ces catégories prédéfinies.
La règlementation de Bâle prévoit quatre grandes catégories de risques :
(i) le risque de crédit,
(ii) le risque de marché,
(iii) le risque bilantiel (comprenant le risque de liquidité, le risque de taux d'intérêt et le risque de change),
(iv) le risque opérationnel.
Pour être tout à fait complet, une cinquième catégorie doit être ajoutée, dans laquelle sont placés les risques qui ne sont pas repris dans les quatre premières catégories, essentiellement les risques institutionnels et les risques externes.
Dans le cas ou la règlementation ne suit pas les catégories réglementaires internationales, l'IMF dispose d'un peu plus de souplesse, mais il ne faut pas oublier que quel que soit le pays d'activité, la réglementation évoluera tôt ou tard. Il n'est donc pas utile de créer des catégories de risque trop inhabituelles : il est préférable d'utiliser des standards internationaux tels que risque de crédit, risque de liquidité, et ainsi de suite.
L'aide mémoire du CGAP, ainsi que le manuel de CARE, proposent une répartition des domaines de risque légèrement différente illustrée ci-dessous :

Le lien entre d'une part l'identification des risques et d'autre part leur classification dans des catégories spécifiques peut être fait d'emblée. Il est utile, même si ce n’est pas indispensable, d'établir au préalable une liste de questions prédéfinies, sur le modèle de celle présentée dans le Manuel de gestion des risques en microfinance de CARE, aux pages 114 à 119, afin d'éviter des va-et-vient excessifs entre l'équipe qui procède à l'identification et les personnes de terrain.
2. Estimer le niveau de risque
Parallèlement à cette phase d'identification, il est nécessaire d'évaluer le niveau de risque. Cette étape d'évaluation est fondamentale, car elle est à la base de l'étape suivante, qui est celle de la priorisation. L'évaluation du niveau de risque peut s'opérer lors de la phase précédente d'identification, mais cela n'est pas indispensable. Néanmoins, le faire de manière simultanée sera probablement plus efficace.
L'évaluation du niveau de risque se fait selon deux paramètres : d'une part la fréquence (à quel rythme le risque se présente-t-il ?) et d'autre part l'impact (quelle est la valeur ?).
L'évaluation se fait sur une échelle qui reste à la discrétion de l'IMF. Cependant, en microfinance, il n'est en général pas nécessaire de multiplier les grades de manière excessive. Avec trois niveaux (haut, moyen, bas), il est possible d'avoir une granularité du classement qui est suffisante, mais comme toujours, cela dépendra de la taille et du niveau d'activités de l'IMF.
Ces deux paramètres constituent les deux axes d'un premier tableau qui sera à la base du processus de priorisation. Ce premier tableau permet d'avoir une représentation visuelle de la cartographie des risques.

Source : auteur, inspiré de MicroSave
En se limitant aux trois niveaux précédemment décrits, cela implique qu'il y a neuf niveaux de risque représentés par les neuf cases du tableau. Il s'agit à ce stade de positionner les risques identifiés dans le tableau, en considérant que plus on se situe dans la partie supérieure droite du tableau, plus le risque est important et dangereux pour l'IMF. Lorsque tous les risques identifiés sont positionnés dans le tableau, les gestionnaires peuvent avoir une vision synthétique du niveau de risque global de l'institution.
Pour obtenir la cartographie complète qui permettra définitivement de prendre des décisions, il faut y intégrer deux éléments complémentaires :
(i) la qualité de la gestion du risque au moment de l'analyse (par exemple: bon, acceptable et faible)
(ii) la tendance suivie par l'évolution du risque (stable, en croissance et en décroissance).
Le tableau ci-après montre le type de résultat auquel l'évaluation des risques peut mener. A noter que les risques choisis le sont à titre d'exemple et qu'en fait, chaque domaine de risque doit être développé beaucoup plus largement dans la phase d'identification.3. Hiérarchiser les risques

Source : auteur, inspiré de MicroSave
L'exemple ci-dessus montre que l'approche ne dépend pas de la taille de l'institution, mais bien d'une pure décision de gestion. La gestion d'un document comme celui-ci peut tout aussi bien se faire en version papier, qu'en version électronique (Excel, Access) ou encore avec l'utilisation d’un logiciel dédié.
Cet outil va permettre à la structure de gestion des risques en place de prioriser les risques. Il s'agit bien entendu d'une approche qui devient subjective, et qui est laissée à l'appréciation de la personne (gestionnaire des risques) ou du groupe (comité de gestion des risques) qui se livrera à la classification. En fonction de l'évaluation réalisée, il s'agit de définir quels sont les risques importants pour l'IMF, ceux sur lesquels il faut mettre l'accent, en fonction des critères présents dans le tableau.
Pour entrer dans le détail des risques et des mesures de contrôle associées, voir le Manuel de gestion des risques en microfinance de CARE, aux pages suivantes :
| Catégorie de risque | Page | |
| Risques institutionnels | Mission sociale | 15 |
| Mission commerciale | 21 |
|
| Dépendance | 26 |
|
| Risques opérationnels | Crédit | 38 |
| Fraude | 52 |
|
| Sécurité | 68 | |
| Risques de gestion financière | Actif et passif | 70 |
| Inefficience | 77 | |
| Intégrité du système | 84 | |
| Risques externes | Réglementation | 87 |
| Concurrence | 90 |
|
| Démographie | 92 |
|
| Environnement physique | 93 |
|
| Macroéconomie | 94 |
En savoir plus
Risques perçus par le secteur- Enquête « Peau de banane » sur la microfinance 2011 - La fin du conte de fée, CSFI, 2011, 36 p.
- Enquête « Peau de banane » sur la microfinance 2009 - Affronter la crise et le changement, CSFI, 2009, 20 p.
- La gestion des risques opérationnels dans les institutions de microfinance. Une approche exploratoire, Tchuigoua, H-T & Lamarque, E., 2009, 26 p.
- L’audit externe du risque de crédit appliqué au secteur de la microfinance dans les pays en développement, Donnadieu, L. ; 2009, 179 p.
- Etude et analyse du risque de crédit dans une institution de microfinance : cas de Padme-Bénin, Soglohoun, N. ; 2008, 142 p.
- Le scoring peut-il attirer les investisseurs soucieux du profit vers le microcrédit ?, Schreiner, M., 2007, 53 p.
- Notation de la microfinance, Schreiner, M., 2005, 38 p.
- Calcul, Analyse et Gestion de portefeuille à risque (PAR), Royer, C., 2005, 38 p.
- Echantillonnage statistique pour la mesure du portefeuille à risque en microfinance, Schreiner, M.2004, 43 p.
- La centralisation des risques : une nécessité pour la microfinance ? (BIM), Wampfler, B., 2004, 5 p.
- Gérer les risques systémiques : les leçons tirées de la microfinance (BIM), Wampfler, B., 2003, 6 p.
- IMF et catastrophes naturelles (BIM), Nguyen, G. & Lesaffre, D. & Vigier, J-P. & Falisse, M. & Mercier, F. ; 2000, 6 p.
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