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Gestion intégrée des risques

Le concept de gestion intégrée des risques apparaît probablement en microfinance en juillet 2000, à l'occasion de la publication par la GTZ d'un document intitulé A Risk Management Framework for Microfinance Institutions. Le constat est simple, les parties prenantes du secteur de la microfinance ne sont nullement conscients qu'une vision globale (au niveau de l'IMF) de la gestion des risques peut avoir des effets largement positifs sur l'ensemble des performances de l'IMF.

Sur base de cette approche, MicroSave a développé en 2005 la boîte à outils Institutional and Product Development Risk Management – Toolkit qui présente un cadre qui permet aux IMF d'anticiper et de gérer les risques, mais avec un focus sur le développement de nouveaux produits.

Une gestion intégrée des risques consiste à mettre en place une approche globale et systématique pour identifier, mesurer, suivre, contrôler et gérer les risques, dans le but de minimiser leur impact de façon durable. Ceci ne remet pas en cause les systèmes déjà en place, tels que ceux par exemple relatifs à la gestion du risque de crédit, de liquidité ou encore de taux d'intérêt. L'approche globale permet aussi de se rendre compte de l'interaction et/ou du renforcement de certains risques entre eux. Cela s'est avéré crucial lors de la dernière crise financière et ce à tous les niveaux du secteur financier.

Une réflexion sur la gestion intégrée des risques n'a pas pour objectif d'entrer dans le détail de la gestion de chaque risque spécifique, car ceux-ci dépendent trop de la spécificité de chaque IMF. L'approche globale joue le rôle de coupole afin d'assurer une cohérence nécessaire entre tous les domaines particuliers de risque et de bien de les voir dans leur ensemble. Cela sous-entend également le développement d'une culture de la gestion des risques. Les avantages de l'approche sont nombreux, mais entre autres : la réduction du risque de pertes financières, le renforcement de la crédibilité de l'institution et le développement de nouvelles opportunités, qui permettent d'assurer une croissance soutenable.

Une méthode de gestion globale des risques doit permettre :
1. d'intégrer dans l'architecture de l'IMF une série de processus systématiques afin d'identifier, de mesurer et de gérer un ensemble de risques différents. Cette approche globale doit permettre aux gestionnaires de remplir leur tâche de surveillance à tous les niveaux de risque et d'en avoir une vue complète ;

2. de mettre en place un processus vertueux, en forme de boucle de gestion, qui permet une réactivité rapide dans un environnement financier en perpétuel évolution ;

3. de développer des scénarios pour maîtriser l'interaction et le renforcement des risques entre eux ;

4. de positionner la responsabilité de l'établissement et de la surveillance de la politique générale de gestion des risques au niveau adéquat, c'est-à-dire le conseil d'administration et le comité exécutif ;

5. de gérer et d'allouer les ressources financières selon un processus décisionnel cohérent ;

6. de développer la culture de la gestion des risques, à tous les niveaux de l'institution.
Le pilotage d'une gestion intégrée des risques est une fonction à temps plein. Tenant compte de la taille et des activités de l'IMF, il doit être confié soit à un gestionnaire des risques, soit à un comité de gestion des risques sous la direction du gestionnaire. Le descriptif de ses tâches est spécifique et nécessite un profil adéquat : s'il s'agit d'une activité naissante, il doit être à l'origine du processus et de l'établissement de la fonction dans l'IMF.

Dans son activité courante, ses tâches principales sont :
(i) faire des recommandations à propos des politiques et procédures de gestion des risques,

(ii) piloter le processus d'un manuel de gestion des risques,

(iii) documenter l'évaluation des risques et superviser les limites décidées par les organes de gestion,

(iv) provoquer les réactions des responsables lorsque les limites sont dépassées, ou bien lorsque la tendance montre que les limites seront bientôt dépassées,

(v) surveiller les risques potentiels tout en évaluant le risque de l'IMF de manière globale.
La boucle de gestion, qui est la représentation opérationnelle de la méthode, permet de se représenter, de manière simple la matérialité du processus. Traditionnellement, cette boucle compte six étapes : (i) l'identification, l'évaluation et la priorisation des risques, (ii) le développement des stratégies de gestion des risques, (iii) le développement des tactiques qui y sont liées, (iv) l'attribution des responsabilités et de l'implémentation et (v) la mesure de l'efficacité des mesures prises, l'évaluation des résultats obtenus et (vi) l'adaptation des politiques et procédures de gestion des risques le cas échéant.

Boucle de gestion des risques

Boucle de gestion des risques

Source : auteur, inspiré de MicroSave

L'intérêt de la boucle est qu'elle met en contact les différents niveaux hiérarchiques impliqués dans la gestion des risques, et ce de manière dynamique, avec un flux d'information qui part du terrain vers les niveaux supérieurs de gestion pour revenir ensuite vers le terrain. Il y a dès lors une sensibilisation à tous les niveaux qui permet de créer la culture de la gestion des risques, car l'approche est la même pour tous, et le dialogue et les échanges peuvent intervenir sans aucune difficulté. Le plus complexe et le plus difficile reste cependant l'initialisation du processus, mais une fois qu'il est en mouvement, il devient quasiment naturel, et il permet de s'assurer de manière cohérente soit que les risques pris sont et restent acceptables, soit qu'ils doivent être réévalués et que les politiques de gestion doivent évoluer.

La fréquence et la vitesse à laquelle la roue doit tourner est fonction de l'activité analysée. Des risques nouveaux ou des risques majeurs devront être examinés de manière plus fréquente et plus approfondie afin d'être certain que le niveau de risque, en termes d'importance et de fréquence, n'évolue pas de manière trop importante par rapport à celle définie dans la politique.

Dans son document A Risk Management Framework for Microfinance Institutions, la GTZ énumère certaines directives utiles pour la mise en place d'un cadre de gestion intégrée des risques :
1. Le processus de gestion des risques doit être conduit depuis le sommet de l'organisation.

2. La gestion des risques doit être intégrée dans la mise au point des processus et des systèmes.

3. Il faut rester simple et compréhensible.

4. Tous les niveaux hiérarchiques doivent être impliqués.

5. Les objectifs de la gestion des risques doivent être alignés sur les objectifs individuels.

6. Les risques les plus importants doivent être traités les premiers.

7. Les responsabilités doivent être attribuées, de même que les schémas de suivi.

8. Les comités de gestion doivent être informés via la mise sur pied d'un système d'information de gestion.

9. Les mécanismes de contrôle interne doivent être développés.

10. La gestion des risques est une démarche permanente, qui nécessite la mise en place d'une boucle de gestion.

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