Un sinistre (maladie, décès, accident, catastrophe naturelle) peut provoquer une situation financière grave pour les ménages à faible revenu et les précipiter dans une situation de profonde pauvreté. Lorsque les ménages à faible revenu ne peuvent pas accéder à des produits d’assurance, ils se voient obligés de faire appel à des stratégies alternatives de gestion des risques. Ces stratégies sont souvent inadaptées et insuffisantes et peuvent aggraver la vulnérabilité de ces familles.
Concept
La micro-assurance est l’adaptation de services d’assurance à des populations non desservies par l’assurance classique. En d’autres termes, la micro-assurance s’adresse aux populations à faible revenu du secteur formel ou informel, qu’elles soient issues du milieu rural, urbain ou périurbain.
Les premières initiatives de micro-assurance sont nées au milieu des années 80 avec les mutuelles de santé, mais le terme « micro-assurance » n’est apparu dans la littérature que dans les années 90.
La micro-assurance est un outil qui permet de réduire la vulnérabilité des familles couvertes et de sécuriser leurs revenus. La micro-assurance recouvre une grande diversité de pratiques, que ce soit en termes de produit (vie, santé, etc.), d’acteurs (IMF, compagnie d’assurance, etc.) ou de modalités opérationnelles (elle est parfois liée à d’autres produits).
Quelles différences entre assurance classique et micro-assurance ?
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Assurance traditionnelle
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Micro-assurance
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| Les clients ciblés sont généralement les classes les plus aisées ou les classes moyennes. | Les clients ciblés sont les personnes à faible revenu, exclus de l’assurance traditionnelle. |
| Les clients ciblés, par exemple les clients corporatifs, sont familiarisés avec l’assurance. | Les clients ciblés ne sont pas familiarisés avec l’assurance. Il est donc nécessaire de les sensibiliser. Dans le cas des assurances qui impliquent des organisations communautaires les clients peuvent participer à la conception du produit et du dispositif. Ils sont donc plus sensibilisés aux questions d’assurance. |
| Les critères de sélection sont nombreux (par exemple des examens médicaux pour des produits vie ou santé). | Les critères de sélection doivent être minimaux (par exemple une simple déclaration de santé), tout en permettant de contrôler l’antisélection*. |
| Eligibilité limitée avec des exclusions standard qui sont fixées dans le contrat d’assurance. La police d’assurance est complexe et difficile à comprendre. | Eligibilité limitée avec moins d’exclusions fixées dans la police d’assurance. Ces polices doivent être simples et faciles à comprendre. |
| Les produits sont conçus à partir des données réelles du marché ciblé. Les expertises actuarielles sont donc basées sur des données fiables. | Les données (tables de mortalité, pathologies courantes, etc.) du marché ciblé sont rares ou inexistantes. Cela complique l’application de l’analyse actuarielle. |
| Le montant de la prime est calculé sur la base de l’évaluation du risque par individu (sauf dans les assurances de groupe, par exemple dans le cas d’assurance d’employés). | Le montant de la prime est généralement calculé sur la base d’une évaluation de risque d’un groupe. |
| Les primes sont collectées en espèces ou à partir de prélèvements directs sur le compte bancaire du client. Le montant est prélevé en une seule fois ou périodiquement. | La prime est collectée en espèces ou en nature. Le paiement peut être lié à une autre transaction financière (paiement d’un crédit, épargne, achat, etc.). La fréquence de collecte des primes doit répondre autant que possible à l’irrégularité des revenus des clients. |
| Les produits sont vendus par vente directe ou principalement par des intermédiaires (agents ou courtiers) agréés par l’autorité réglementaire. | Les produits sont souvent vendus par des intermédiaires non-agréés (IMF, chaînes commerciales, fournisseurs de services, etc.). Les produits peuvent aussi être distribués par les membres mêmes de l’organisation (mutuelles) qui ne prennent pas de commission. |
| Le processus d’indemnisation peut être long et complexe pour les assurés (déplacement d’un expert externe, devis éventuels, etc.) | La simplification du processus d’assurance est un défi essentiel pour la micro-assurance (en termes de coût et pour les besoins de compréhension de la clientèle cible). |
Adapté de : Microfinance Gateway, Hot Topics, Microinsurance http://www.microfinancegateway.org/p/site/m/template.rc/1.11.48248/
*les termes techniques non définis à l’intérieur du dossier sont explicités dans le glossaire.
En savoir plus…
- Qu'est-ce que la micro-assurance? BIT, Phily C., 2009.
- Micro-assurance : micro-enjeux ? AEF, Revue d'économie financière, n°80, Nabeth, M., 2005.
- La micro-assurance est-elle une priorité pour les pauvres ? Comprendre la demande de services finan-ciers de gestion des risques, ADA, Churchill, C., 2004.
- Outils de gestion des risques financiers pour les populations pauvres. Note d'information micro-assurance N.6, Microinsurance Center, Cohen, M., McCord, M.J., 2003.




