Cette rubrique a pour objectif de donner un aperçu des principaux arrangements institutionnels qui se forment entre des acteurs très variés que l’on trouve actuellement en micro-assurance.
Les principaux modèles peuvent se classifier comme suit :
Ces modèles institutionnels ne dépendent pas du statut juridique des acteurs, mais des modes d’intervention et/ou des partenariats entre eux, ainsi que des fonctions qu’ils exercent.
| Fonction | Assureur intégral | Partenaire-agent | Franchisé |
| Conception de produits | Assureur | Partenaire et agent | Franchisé |
| Distribution de produits et collecte de primes | Assureur | Agent | Franchisé |
| Portage technique | Assureur | Partenaire. L’agent peut participer au règlement des sinistres (avances d’argent) | Franchisé |
| Portage du risque financier | Assureur | Partenaire | Franchisé / Franchiseur |
| Relation avec l’offre des soins (pour santé) | Assureur | Partenaire | Franchisé |
Adapté de : « Les articulations Microfinance/Micro-assurance Aljounaidi, L., Prime - RFM (Réseau Français de la Microfinance), 2007.
La mise en place de certains modèles dépend aussi des cadres légaux et réglementaires qui permettent ou non l’exercice de l’assurance (par exemple la distribution) par des organisations différentes des compagnies d’assurance. Des combinaisons sont imaginables entre ces différents modèles ou certaines de leurs caractéristiques.
En savoir plus sur les modèles…
• « Initiation aux systèmes de micro-assurance dans les pays du Sud », Cera Foundation, Fonteneau B., Opdebeeck B., 2007.
• « Insurance Provision for Low-Income Communities Part 2 : Initial Lessons from Micro-Insurance Experiments for the Poor », USAID, Brown, W., Churchill, C., 2000
Dans ce modèle l’organisation (IMF, compagnie d’assurance, mutuelle, etc.) est seule chargée de toutes les fonctions de l’assurance, sans recours à des partenaires externes. Ce modèle suppose une bonne maîtrise de toutes les fonctions de l’assurance et permet un contrôle de toute la chaîne de valeur.
Ce modèle suppose que l’organisation dispose de moyens pour mettre en place un réseau de distribution ce qui peut s’avérer coûteux.
|
Modèle assureur intégral adopté par un réseau d’IMF en Afrique En savoir plus… |
|
Modèle assureur intégral adopté par une mutuelle de santé En savoir plus… |
|
Modèle assureur intégral dans le cadre de l’assurance santé |
Lorsque, dans le cadre de l’assurance santé, l’organisation fournit également elle-même les soins de santé, le modèle « assureur intégral » reçoit le nom de modèle fournisseur. Ce modèle facilite le contrôle des coûts et l’amélioration de la qualité des soins.
|
Modèle fournisseur au Bangladesh En savoir plus |
Ce modèle repose sur la collaboration entre une compagnie d’assurance (le « partenaire ») et un agent de distribution (IMF ou autre organisation) qui fournit des services ou des biens à une clientèle à faible revenu.
Les avantages de ce modèle pour la compagnie d’assurance sont d’une part que ce partenariat lui permet d’accéder à des populations à faible revenu qu’elle ne connaît pas, d’autre part d’accéder à un réseau organisé permettant une optimisation des coûts de transaction et d'administration pour des cotisations de faibles montants.
Pour le réseau de distribution, une IMF par exemple, ce partenariat lui permet d’élargir son offre de produits en incluant des produits d’assurance, donc de fidéliser ses clients, sans toutefois porter le risque financier. Selon le modèle retenu, elle peut ou non avoir à maintenir une liquidité suffisante pour faire face au règlement des indemnisations.
Les limites de ce type de partenariat sont : le coût lié à la formation des agents du réseau de distribution, la difficulté à garantir une relation de bonne qualité avec les clients (information à propos de l’assurance, suivi de satisfaction), ainsi que les éventuelles restrictions réglementaires.
|
La compagnie d’assurance Nacional de Vida, en partenariat avec l’IMF bolivienne Prodem propose aux 450 000 clients de Prodem une assurance vie avec garantie obsèques payée sous forme d’un capital versé en deux fois aux bénéficiaires. |
Dans ce modèle (couramment appelé en anglais « Protected Cell Company », PCC) l’assureur professionnel loue sa licence au franchisé et lui assigne une partie de son capital avec éventuellement un traité de réassurance. Le franchisé (généralement une IMF) est responsable de la conception du produit, de sa tarification, des pertes et des gains enregistrés.
|
Initiative de modèle franchisé abandonnée au Zimbabwe
|




