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Importance et couverture de la microfinance

La microfinance formelle au Niger est née à partir des réflexions sur le financement de l'agriculture, suite à la disparition à la fin des années 90, des principales institutions de crédit mises en place par l’État. Des solutions alternatives furent alors recherchées notamment au niveau de la mise en place de structures de type coopératives d'épargne et de crédit. Après une étude de faisabilité menée par l'Université d'Ohio, une phase pilote est initiée par l'Alliance mondiale des coopératives d'épargne et de crédit (WOCCU) de 1987 à 1992.

Cette phase a vu la création de 11 caisses dont la première a été mise en place à Sassoumbroum (au Sud-est) dans la région de Zinder, en mars 1990. En 1996, le Niger a adopté la loi PARMEC et ses décrets d'application, preuve de l'importance accordée au secteur de la microfinance et fourni un cadre juridique propre aux systèmes financiers décentralisés (qui jusqu'alors étaient régis par la loi bancaire) définissant les conditions d'exercice de leurs activités.

La décennie 1990 a été celle de l'essor du secteur avec l'émergence de nombreuses autres institutions de microfinance et de projets et programmes à volet crédit. Ceci a eu pour effet une rapide augmentation tant du nombre de bénéficiaires que du volume de crédit distribué et de l'épargne collectée. Toutefois, cet élan est ralenti par les crises financières qui ont affecté trois importantes institutions de microfinance : le réseau MCPEC, la CPEC TAIMAKO ainsi que la mutuelle ADDACHE liquidée. La décennie 1990 a été également marquée par la création de deux réseaux.

Le mouvement des caisses populaires d'épargne et de crédit MCPEC, regroupant à l'origine 47 caisses initiées par WOCCU, est créé en 1996 avec l'appui financier de l'USAID. Le retrait prématuré du principal partenaire a privé le réseau du soutien dont il a besoin pour le développement et la consolidation de ses activités. En 2011, ce réseau comptait 18 caisses de base.

Le réseau des caisses du projet microréalisations (PMR) qui comptait à sa création 43 mutuelles d'épargne et de crédit encadrées par le projet, avec l'appui financier de la coopération allemande (GIZ). A la fin du projet, cette structure a donné naissance à l'Union des Mutuelles d’Épargne et de Crédit (UMEC) en 2001. La faitière de cette union a perdu son agrément en 2009. Bien avant certaines entités de base de la région de Tahoua s’étaient désaffiliées. Les autres expériences de crédit développées au cours de la décennie 90 ont évolué sous diverses formes.

Dans le contexte actuel, l’on peut noter la répartition suivante, selon la nature juridique des SFD :

  • 2 sociétés anonymes (S.A) : Taanadi, ASUSU SA
  • 4 SFD constitués sous forme d’association : YARDA Zinder, Yarda Maggia, SICR KOKARI, SDSA.
  • des institutions mutualistes ou coopérative dont deux réseaux (MCPEC et UCMN) qui totalisent 29 caisses de base affiliées dont respectivement 19 pour le MCPEC et 10 pour le crédit mutuel.

En termes de couverture géographique, les SFD sont repartis de manière inégale sur le territoire national. Ainsi, 27% des SFD sont établis dans la communauté urbaine de Niamey, 24% à Tillabéry, 13,5% à Dosso et Maradi, 10% à Tahoua, 4% à Agadez et Zinder et Diffa 2%.

Selon les estimations de l’Agence de Régulation du Secteur de la Microfinance (ARSM), le secteur compte au 31/12/2011, 110 SFD légalement autorisé. L’AP/SFD-Niger (ex-ANIP MF) compte 48 SFD dont deux réseaux (MCPEC et Crédit Mutuel du Niger).

A cette même date, les membres disposent de 192 guichets/points de service soit une croissance de 1% entre 2010 (189 points de services) et 2011. Le nombre d’employés des SFD est estimé à plus de 429.

L’offre de produits des SFD se limite essentiellement à l’épargne et au crédit Il est à noter que l’épargne est à court terme compte tenu de sa volatilité et de l’insuffisance de ressources stables. Néanmoins quelques grandes IMF offrent dans les centres urbains, des services de transfert d’argent et de microassurance.

 

2010

2011

Variation (%)

Bénéficiaires

167 903

129 128

-22

Épargne (FCFA)

8 866 986 331

9 203 264 000

+4

Encours de crédit (FCFA)

16 709 849 415

15 876 239 000

-9

Selon les statistiques de l’ARSM, au quatrième trimestre 2011, le nombre de bénéficiaires directs des SFD est de 129 128 personnes soit une baisse de 22 % par rapport à 2010 où l’effectif des membres /clients était de 167 903.
L’épargne en cours est estimée à 9 203 264 000 de FCFA soit une hausse de 4% comparativement à 2010 où il s’élevait à 8 866 986 331 de FCA.

Quant à l’encours de crédit de qui était de 16 709 849 415 de FCA en 2010, il est passé à 15 876 239 000 de FCFA en 2011 ; soit une baisse de 9%.

D’une manière générale, on note une légère détérioration des principaux indicateurs du secteur de la microfinance au Niger. Ainsi la situation demeure précaire du fait de la fragilité de la structure financière de la plupart des institutions de microfinance et d’une baisse significative des subventions reçues des bailleurs de fonds. D’autre part, les SFD manquent globalement de professionnalisme et de compétences, ce qui rend difficile la production d’informations conformément au format prévu par le cadre réglementaire.

La professionnalisation, le renforcement et la consolidation de même que l’assainissement du secteur de la microfinance au Niger sont des axes majeurs de la stratégie nationale de microfinance adoptée par le gouvernement du Niger en mars 2004. Cet acte marque ainsi l’intérêt qu’il accorde à la microfinance, considérée dans le document de stratégie de réduction de pauvreté comme un levier de lutte contre la pauvreté.

Certains aspects de cette stratégie ont été révisés lors de l’atelier de présentation des résultats de l’étude sur l’inventaire des SFD et la validation du Plan d’action de redressement et développement de la microfinance en mars 2010 organisé par le Ministère de l’Économie et des Finances. Dans la même lancée, le processus de révision de la Stratégie Nationale de la Microfinance a démarré de façon effective au dernier trimestre de l’année 2011 sous l’impulsion du PNUD et de l’UNCDF.

Chiffres clés de la microfinance au 31/12/2011

Nombre de SFD 110

Bénéficiaires

129 128

Encours des dépôts (milliards FCFA)

9,203

Encours des crédits (milliards FCFA)

15,876


Source
: Agence de Régulation du Secteur de la Microfinance (ARSM) Niger, 2011

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