Le secteur bancaire compte une dizaine de banques et deux établissements financiers. Les banques commerciales sont installées dans les villes, et leur taux de couverture du territoire national est assez faible avec 43 guichets seulement au 31 décembre 2004. Leur taux de transformation des ressources prêtables en crédit est bas également, oscillant autour de 25%. Elles concentrent l’octroi des crédits sur les grandes entreprises et les institutions étatiques et paraétatiques, exigent des garanties réelles des clients conformément aux dispositions légales et cherchent à éviter tout risque pour maintenir un niveau de rentabilité acceptable à leurs actionnaires.
Ces limites du financement bancaire ont favorisé l’émergence et le développement des IMF qui ont connu rapidement un taux de croissance élevé. Les premières expériences datent des années 80. Les pionnières sont les CNCA (Caisses Nationales de Crédit Agricole) devenues ensuite CLCAM, et FECECAM après. Mais la microfinance a pris de l’ampleur avec la création de PADME et PAPME et l’émergence des ONG et association dans les années 90. Elles opèrent dans un vacuum laissé par les banques commerciales et dans une niche, qui ne peut pas être occupée par le secteur informel. Elles proposent leurs services à une couche de la population active, qui a parfois de la liquidité excédentaire, qu’elle peut déposer, et un besoin de liquidité, qui ne peut être financé par l’épargne.
Les prestataires de services financiers au niveau du secteur formel de la microfinance comprennent quatre types d’institutions :
Le secteur informel de la microfinance comprend :
La demande en services financiers des clients de la microfinance est très variée, et couvre d’abord les services de dépôts (surtout à vue), et les services de crédit du court terme (3 à 4 mois) jusqu’au moyen terme (2 à 3 ans). La gamme des clients comprend presque la totalité des couches basses et moyennes de la société, et les conditions d’accès aux services ne sont pas, en général, trop exigeantes.
Les activités des IMF couvrent l’ensemble des douze départements que compte le Bénin, avec une concentration dans les principales villes : Cotonou, Porto Novo, Parakou. Sur le plan structurel, la FECECAM demeure le leader, a 100 caisses, englobe à elle seule 65,9% de la clientèle, 66,7% des dépôts collectés et 19,7% des crédits accordés. Elle est suivie du PADME et du PAPME qui totalisent respectivement 5,7% et 1,9% de clientèle, 8,3% et 10,8% de l'épargne collectée et 29,5% et 24,8% des prêts au 31 décembre 2004.
Le nombre d’IMF recensées est passé de soixante onze (71) en 2002 à quatre-vingt et un (81) en 2004. En termes d'emplois, 1 860 salariés ont été recensés en 2004 contre 1 563 en 2003, soit un accroissement de 19% en un an. Les IMF se sont regroupées au sein de l’Association Nationale des Praticiens de la Microfinance du Bénin (Consortium ALAFIA), qui a pour objectifs la professionnalisation des praticiens de la microfinance, l’amélioration de l’environnement juridique, réglementaire, politique et économique dans lequel évoluent les IMF et la défense de leurs intérêts.
Le secteur de la microfinance au Bénin est caractérisé par la présence de systèmes de financement décentralisés de types différents. En 2006, sur la base des informations collectées auprès de la Direction de la Surveillance du Secteur de la Micro Finance) (ex Cellule de Micro Finance), sept cent soixante deux (762) IMF exercent sur l’ensemble du territoire national et apportent une assistance à 850 000 personnes (épargnants, emprunteurs et groupements) dont 54% de femmes, 40% d’hommes et 6% de groupements.
Selon la BCEAO, le taux de pénétration s’établirait en 2004 à 74,3%, ce qui fait qu’en moyenne, trois familles sur quatre au Bénin font régulièrement appel aux services financiers des institutions de microfinance.
Source : BCEAO. Monographie des SFD. Bénin 2004. Lire le résumé de la monographie
Evolution des principaux indicateurs entre 2002 et 2004
Source : BCEAO
D'autres données chiffrées sont disponibles sur le site de la Direction de la Surveillance du Secteur de la Micro Finance (voir la rubrique Statistiques)
Malgré des performances remarquables pendant plus d'une décennie, le secteur est affecté depuis 2005 par une série de crises. Malgré les mesures prises par la plupart des IMF pour ralentir le rythme des décaissements de crédits, la situation ne s’est guère améliorée. La plupart des grandes structures ont enregistré des résultats négatifs pour les années 2005 et 2006. Cette situation de crise s’explique par les éléments suivants :
Pour en savoir plus sur ce nouveau programme, voir le Coup de projecteur de mai 2007, proposé par le Consortium Alafia.
Principaux indicateurs
2002
2003
2004
Variations 2004/2003
Nombre d'institutions
71
79
81
1,3%
Nombre de points de services
311 *
449
435
-8,6%
Nombre de bénéficiaires directs
611 638 *
717 952
736 791
2,6%
Dépôts (millions de FCFA)
35 074
39 874
42 322
6,1%
Montant moyen des dépôts (FCFA) **
62 531
58 008
56 381
-2,8%
Fonds propres (millions de FCFA)
12 070
16 942
20 204
19,3%
Subventions (millions de FCFA)
2 672
1 645
1 974
20,0%
Nombre de crédits accordés
163 248
201 744
192 546
-4,6%
Crédits accordés (millions de FCFA)
66 390
88 217
99 001
12,2%
Montant moyen des prêts (FCFA) **
406 680 *
445 763
512 789
26,1%
Crédits en cours (millions de FCFA)
46 264
61 030
78 383
28,4%
Nombre de crédits en cours
151 328
164 982
186 816
13,2%
Montant moyen des crédits en cours (FCFA) **
299 708
329 149
411 956
25,2%
Crédits en souffrance
(millions de FCFA)1 253
3 595
4 844
34,7%
Placements (millions de FCFA)
9 566
9 637
11 676
21,2%
Actif total (millions de FCFA)
64 476
86 249
100 789
16,9%
Produits d'exploitation
(millions de FCFA)11 978
17 096
21 055
23,2%
Charges d'exploitation
(millions de FCFA)8 895
13 538
18 680
38,0%
Résultat net agrégé
(millions de FCFA)3 077
3 557
2 376
-33,2%
Nombre d'employés
1 468
1 563
1 860
19,0%
* Données corrigées. Les groupements sont comptés sur une base unitaire
** Les SFD pour lesquels le nombre de dépôts (respectivement crédits) ou le montant des dépôts (respectivement crédits) n'est pas disponible, ne sont pas pris en compte dans le calcul des moyennes.

