Le secteur bancaire compte une douzaine de banques et deux établissements financiers. Les banques commerciales sont installées dans les villes, et leur taux de couverture du territoire national est faible avec 70 guichets au 31 décembre 2008. Elles concentrent l’octroi des crédits sur les grandes entreprises et les institutions étatiques et paraétatiques, exigent des garanties réelles des clients conformément aux dispositions légales et cherchent à éviter tout risque pour maintenir un niveau de rentabilité acceptable à leurs actionnaires.
Ces limites du financement bancaire ont favorisé l’émergence et le développement des IMF qui ont connu rapidement un taux de croissance élevé. Les premières expériences datent des années 80. Les pionnières sont les CNCA (Caisses Nationales de Crédit Agricole) devenues ensuite CLCAM, et FECECAM après. Mais la microfinance a pris de l’ampleur avec la création de PADME et PAPME ainsi que l’émergence des ONG et association dans les années 90. Elles opèrent dans un vacuum laissé par les banques commerciales et dans une niche, qui ne peut pas être occupée par le secteur informel. Elles proposent leurs services à une couche de la population active, qui a parfois de la liquidité excédentaire, qu’elle peut déposer, et un besoin de liquidité, qui ne peut être financé par l’épargne.
Les prestataires de services financiers au niveau du secteur formel de la microfinance comprennent quatre types d’institutions : Le secteur informel de la microfinance comprend : La demande en services financiers des clients de la microfinance est très variée, et couvre d’abord les services de dépôts (surtout à vue), et les services de crédit du court terme (3 à 4 mois) jusqu’au moyen terme (2 à 3 ans). La gamme des clients comprend presque la totalité des couches basses et moyennes de la société, et les conditions d’accès aux services ne sont pas, en général, trop exigeantes. Les activités des IMF couvrent l’ensemble des douze départements que compte le Bénin, avec une concentration dans les principales villes : Cotonou, Porto Novo, Parakou. Sur le plan structurel, la FECECAM demeure le leader, a 100 caisses, englobe à elle seule 65,9% de la clientèle, 66,7% des dépôts collectés et 19,7% des crédits accordés. Elle est suivie du PADME et du PAPME qui totalisent respectivement 5,7% et 1,9% de clientèle, 8,3% et 10,8% de l'épargne collectée et 29,5% et 24,8% des prêts au 31 décembre 2004. Le nombre d’IMF recensées est passé de soixante onze (71) en 2002 à quatre-vingt et un (81) en 2004. En termes d'emplois, 1 860 salariés ont été recensés en 2004 contre 1 563 en 2003, soit un accroissement de 19% en un an. Les IMF se sont regroupées au sein de l’Association Nationale des Praticiens de la Microfinance du Bénin (Consortium ALAFIA), qui a pour objet la défense et la professionnalisation des institutions membres en renforçant leurs capacités à fournir les services au regard des meilleures pratiques et en contribuant à l’amélioration de l’environnement politique.
En 2006, sur la base des statistiques de la Cellule de Surveillance des SFD (ex Cellule de Micro Finance), sept cent soixante deux (762) IMF exercent sur l’ensemble du territoire national et apportent une assistance à 850 000 personnes (épargnants, emprunteurs et groupements) dont 54% de femmes, 40% d’hommes et 6% de groupements. Selon la BCEAO, le taux de pénétration s’établirait en 2005 à 78,3%, ce qui fait qu’en moyenne, trois familles sur quatre au Bénin font régulièrement appel aux services financiers des institutions de microfinance. Source : BCEAO. Monographie des SFD. Bénin 2005. Lire le résumé de la monographie
Evolution des principaux indicateurs entre 2004 et 2006 Source : BCEAO _______________ 1 Les SFD qui n'ont pas communiqué leurs états financiers sont de petites institutions qui représentent moins de 5% du secteur tant en termes de nombres de bénéficiaires que de volume des opérations Malgré des performances remarquables enregistrées pendant plus d'une décennie, le secteur a été affecté en 2006 par une série de crises. La plupart des grandes structures ont enregistré des résultats négatifs pour les années 2005 et 2006. Cette situation de crise est caractérisée par les éléments suivants :
Principaux indicateurs
2004
2005
2006
Variations 2006/2005
Nombre d'institutions ayant communiqué leur états financiers1
81
30
28
-6,7%
Nombre de points de services
435
449
295
-34,3%
Nombre de bénéficiaires directs
dont nombre de groupements*736 791
12 695780 844
21 984733 429
28 507-6,1%
29,7%
Dépôts (millions de FCFA)
42 322
41 099
39 824
-3,1%
Montant moyen des dépôts (FCFA) **
56 381
50 884
48 765
-4,2%
Fonds propres (millions de FCFA)
20 204
21 289
13 523
-36,6%
Subventions (millions de FCFA)
1 974
1 785
1 634
-0,1%
Nombre de crédits accordés
192 546
112 158
113 319
1,0%
Crédits accordés (millions de FCFA)
99 001
81 098
100 048
23,3%
Montant moyen des prêts (FCFA) **
512 789
684 240
853 335
24,7%
Crédits en cours (millions de FCFA)
78 383
74 444
60 481
-18,7%
Nombre de crédits en cours
186 816
168 798
178 549
5,8%
Montant moyen des crédits en cours (FCFA) **
411 956
417 317
333 540
-20,1%
Crédits en souffrance
(millions de FCFA)4 844
6 089
6 774
11,2%
Placements (millions de FCFA)
11 676
12 369
19 965
61,4%
Actif total (millions de FCFA)
100 789
105 375
91 120
-13,5%
Produits d'exploitation
(millions de FCFA)21 055
22 869
20 582
-10,0%
Charges d'exploitation
(millions de FCFA)18 680
21 926
28 631
30,6%
Résultat net agrégé
(millions de FCFA)2 376
943
-8049
-953,6%
Nombre d'employés
1 860
1 663
1 764
6,0%
* Hypothèse d'un groupement composé de 10 membres sur la base d'enquête
** Les SFD pour lesquels le nombre de dépôts (respectivement crédits) ou le montant des dépôts (respectivement crédits) n'est pas disponible, ne sont pas pris en compte dans le calcul des moyennes.
- coup de projecteur de mai 2007, proposé par le Consortium Alafia, sur le programme MCPP ;
- communiqué du Consortium ALAFIA condamnant l’ingérence du gouvernement dans l’Association PADME ;
- rapport des performances 2006 et 2007 des institutions membres du Consortium ALAFIA






