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Importance et couverture de la microfinance

Les institutions de microfinance, au cours de la dernière décennie ont connu un véritable essor au point de jouer un rôle important dans le financement de l’économie, particulièrement les activités des très petites entreprises, faisant d’elles un moyen efficace de lutte contre la pauvreté. Le développement du secteur s’est traduit par une forte croissance, principalement enregistrée au niveau des IMF de type mutualiste. Sur la période de 1995 à 2006, le nombre de clients est passé de 59.506 à 933.516, les dépôts collectés de 3,9 milliards de FCFA à 72.8 milliards de FCFA. Concernant l’encours de prêts consentis, il est passé de 8,9 milliards de FCFA en 1998 à 31,2 milliards de FCFA en 2006. Le nombre d'institutions est passé de 3 en 1995 à 93 institutions, représentant 210 caisses de base en 2006.

Les crises politico-militaires intervenues depuis 2000 et la scission du pays ont affecté le développement de la microfinance, notamment par une dégradation forte du portefeuille de crédits ; mais cette dernière reste indéniablement un outil important de financement des agents économiques exclus du secteur bancaire classique.

Le secteur de la microfinance en Côte d’Ivoire est structuré autour de deux types d’institutions à savoir les institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit et les institutions non mutualistes (ONG et Société Anonyme). Les structures mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit regroupent la quasi-totalité des instituions de microfinance de la côte d’Ivoire.

Le nombre d’institutions de microfinance et le nombre de caisses de base ont évolué comme suit en Côte d’Ivoire :

Evolution du nombre d’institutions de Microfinance et des caisses de base de 1995 à 2006
AnnéesInstitutions agrééesCaisses de base
Nombre Taux d’évolution Nombre Taux d’évolution
199503-95-
1996030%950%
19979200%12431%
19981122%14215%
19991973%16516%
20003163%163-1%
20013719%18010%
20024111%20514%
20034920%151-26%
2004684%1862%
2005749%1944%
20069325%2108%

Source : AISFD-CI

Implantation des IMF sur le Territoire National

Côte d'Ivoire



On note une inégale répartition des institutions de Microfinance au plan national avec 43% dans la région du sud tandis que le Centre et l’Est regroupent respectivement 8% et 6% du nombre total de structures.

Malgré la particularité des régions nord qui concentrent l’essentiel des activités agricoles, seules 13% des institutions de microfinance y sont présentes. L’inégale répartition des institutions de Microfinance est aussi constatée entre les zones rurales et les zones urbaines, ces dernières concentrant plus de 60% des IMF.





Evolution des dépôts et des crédits des SFD de 2002 à 2006

2002 2003 2004 2005 2006
Dépôts (milliards CFA) 39 42 51 58 72.8
Crédits (milliards CFA) 14 18 25 21 31.2
Bénéficiaires 485 93 496 55 576 95 629 45 933 516

Source : AISFD-CI

Les institutions de Microfinance affichent des taux créditeurs compris entre 0 et 4% l’an alors que les taux débiteurs se situent entre 10 et 42% l’an, avec des modalités de calcul qui varient d’une structure à l’autre.

Faiblesses et Contraintes du secteur de la Microfinance en Côte d’Ivoire

Ces importants résultats réalisés par le secteur de la microfinance ne doivent pas occulter les faiblesses et/ou contraintes constatées et qui sont relatives :

  • A la situation sociopolitique qui a grandement contribué à la fragilisation des réseaux d’IMF et plus particulièrement de leurs caisses de base ;
  • A l’intervention directe de l’Etat dans la distribution des crédits aux pauvres par le biais de fonds sociaux
  • Au retrait de la quasi totalité des bailleurs de fonds ;
  • Au manque de ressources de l’Association Interprofessionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés de la Côte d’Ivoire (AISFD-CI) ;
  • A la dégradation du portefeuille crédit qui est passée de 7% en 1998 à 30% en 2002 ;
  • Au niveau des fonds propres relativement bas voire négatifs pour certaines structures ;
  • A la non diversification de l’offre de produits et de services financiers ;
  • Aux nombreux problèmes de gouvernance ;
  • A une mauvaise gestion de la croissance au niveau de certaines institutions.

Opportunités et Atouts du secteur de la Microfinance en Côte d’Ivoire

Malgré toutes ces contraintes et faiblesses répertoriées, il n’en demeure pas moins que le secteur de la microfinance en Côte d’Ivoire dispose d’opportunités et d’atouts certains pouvant contribuer à asseoir un secteur financier accessible à tous. Au nombre de ces atouts et opportunités, on note entre autres :

  • Une volonté affichée du gouvernement à articuler le secteur de la microfinance aux autres secteurs de l’économie ;
  • Le désengagement des banques classiques des secteurs économiquement viables mais d’accès difficile (secteur informel, monde rural etc.) a favorisé le développement de marchés porteurs au profit des institutions de microfinance ;
  • La loi 96-562 du 22 juillet 1996 et son décret d’application ont fixé les règles pour l’exercice d’une microfinance formelle en Côte d’Ivoire ;
  • La BCEAO est en train de finaliser un long processus tendant à réviser la loi et à mettre en place un référentiel comptable spécifique pour tous les acteurs du secteur ;
  • L’existence d’une association professionnelle qui promeut la concertation, la dissémination de l’information et la formation des acteurs sur les meilleures pratiques en Microfinance ;
  • La mise en œuvre d’un programme de renforcement des capacités des acteurs du secteur grâce au partenariat entre l’Association Interprofessionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés de la Côte d’Ivoire (AISFD-CI) et le programme CAPAF ;
  • Les institutions de microfinance se sont lancées dans le développement de nouveaux produits et services adaptés à leurs cibles (transferts, virements de salaire, crédits à moyen terme etc.) ;
  • Une forte demande en produits et services financiers par les populations pour la relance de leurs activités affectées par les troubles politico-militaires ;
  • L’existence de conventions de refinancement avec certaines banques commerciales ;
  • La promotion d’Etablissements dédiés au financement des institutions de microfinance.


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