Le secteur de la microfinance au Liban, initié durant la guerre civile 1975-90 par le biais de programmes par des associations caritatives ou communautaires, n’a réellement commencé à se développer que durant la seconde moitié des années 90. Aujourd’hui, avec une vingtaine d’institutions, dont la plupart sont non commerciales, et malgré une croissance remarquable ces dernières années (37% de progression en nombre d’emprunteurs sur les années 2008-091), le secteur reste toujours marqué par un développement plus ralenti comparé aux autres pays arabes et une portée faible avec une estimation de 11,5% seulement de la population potentiellement nécessiteuse couverte2.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette faiblesse de portée : en premier lieu et de manière préjudiciable, l’absence de cadre réglementaire avec pour conséquence la restriction pour les IMF de collecter de l’épargne et donc de se voir privé d’un accès important à des ressources financières, et qui les amènent à d’avantage de dépendance par rapports aux bailleurs et aux banques ; l’absence de cadre restreint les activités des institutions aux seuls crédits et les empêche d’offrir à leurs clients une palette complète de services ; la prudence dont font preuve les IMF dans l’octroi des crédits en raison de l’absence d’un bureau de crédit (Centrale des Risques) ; le manque de données officielles sur le secteur ; une compétitivité peu stimulée en raison notamment de la faible portée des IMF du pays ; et enfin l’engagement resté longtemps mesuré et sélectif mais actuellement en bonne progression des soutiens des organisations internationales (notamment USAID et l’initiative Grameen-Jameel) et surtout des investisseurs et financeurs.
Le secteur est cependant remarquablement marqué, et depuis son origine, par une dynamique d’acteurs philanthropiques engagés à but non lucratif, mais une majorité d’entre eux demeurent de petite taille (quelques centaines d’emprunteurs), manquent de réelles capacités et demeurent dépendants des fonds des donneurs. Il est remarquablement bien réparti sur l’ensemble du territoire servant aussi bien les zones rurales (qui comptent 12% de la population totale) que urbaines, avec une proportion d’emprunteurs femmes autour de 35%.
La cible essentielle des IMF libanaises est la niche du micro- et petit entrepreneuriat avec une part de 85% du portefeuille des prêts et de l’autre un composant microcrédit de programmes sociaux et caritatifs, dont certaines de mouvance religieuse. Ainsi la quasi-totalité des crédits octroyés consistent-ils en des prêts individuels.
En l’absence d’association professionnelle et de cadre légal réglementant la profession, des données officielles sur le secteur ne sont pas disponibles et demeurent estimatives. Selon Sanabel, le réseau de microfinance des pays arabes, l’encours de l’ensemble des portefeuilles de microcrédit au Liban s’élevait en 2009 à environ USD 62 millions pour un nombre de clients actifs situé entre 38,000 et 55,000.
Le marché est traditionnellement dominé par trois institutions (Al Majmoua, Ameen et Al Qard al Hassan), rejointes par Emkan, une nouvelle IMF à la progression rapide. Seules les deux premières IMF communiquent régulièrement leurs données au MixMarket et présentes un portefeuille combiné de près de 29 millions USD servant 31 000 clients à fin 2009, soit un prêt moyen de 930 USD, correspondant à peu près à 10% du PIB/hab.
On note depuis plusieurs années un intérêt croissant de la part des banques commerciales de servir le secteur de la petite entreprise soit directement soit en partenariat avec des IMF professionnelles (notamment Crédit Libanais, Jammal Trust Bank, BLOM Bank, First National Bank et BLC Bank). Ainsi quelques banques ont-elles conclu des partenariats originaux avec des institutions de microfinance, les premières contribuant par leurs fonds et mettant à disposition leur infrastructure, et les IMF apportant leur savoir-faire et leur expérience de terrain. Ce mouvement est encouragé par la Banque Centrale du Liban (Banque du Liban) qui a promulgué une circulaire en 2004 autorisant les banques à soustraire du calcul de leurs réserves obligatoires les actifs alloués à ce type de crédit (assortis de certaines conditions).
1Source: Microfinance Industry Profile - Lebanon, Sanabel, avril 2009
2Source : Lebanon, a diagnostic study on the demand for financial services by micro and small enterprises, International Finance Corporation, jullet 2008.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette faiblesse de portée : en premier lieu et de manière préjudiciable, l’absence de cadre réglementaire avec pour conséquence la restriction pour les IMF de collecter de l’épargne et donc de se voir privé d’un accès important à des ressources financières, et qui les amènent à d’avantage de dépendance par rapports aux bailleurs et aux banques ; l’absence de cadre restreint les activités des institutions aux seuls crédits et les empêche d’offrir à leurs clients une palette complète de services ; la prudence dont font preuve les IMF dans l’octroi des crédits en raison de l’absence d’un bureau de crédit (Centrale des Risques) ; le manque de données officielles sur le secteur ; une compétitivité peu stimulée en raison notamment de la faible portée des IMF du pays ; et enfin l’engagement resté longtemps mesuré et sélectif mais actuellement en bonne progression des soutiens des organisations internationales (notamment USAID et l’initiative Grameen-Jameel) et surtout des investisseurs et financeurs.
Le secteur est cependant remarquablement marqué, et depuis son origine, par une dynamique d’acteurs philanthropiques engagés à but non lucratif, mais une majorité d’entre eux demeurent de petite taille (quelques centaines d’emprunteurs), manquent de réelles capacités et demeurent dépendants des fonds des donneurs. Il est remarquablement bien réparti sur l’ensemble du territoire servant aussi bien les zones rurales (qui comptent 12% de la population totale) que urbaines, avec une proportion d’emprunteurs femmes autour de 35%.
La cible essentielle des IMF libanaises est la niche du micro- et petit entrepreneuriat avec une part de 85% du portefeuille des prêts et de l’autre un composant microcrédit de programmes sociaux et caritatifs, dont certaines de mouvance religieuse. Ainsi la quasi-totalité des crédits octroyés consistent-ils en des prêts individuels.
En l’absence d’association professionnelle et de cadre légal réglementant la profession, des données officielles sur le secteur ne sont pas disponibles et demeurent estimatives. Selon Sanabel, le réseau de microfinance des pays arabes, l’encours de l’ensemble des portefeuilles de microcrédit au Liban s’élevait en 2009 à environ USD 62 millions pour un nombre de clients actifs situé entre 38,000 et 55,000.
Le marché est traditionnellement dominé par trois institutions (Al Majmoua, Ameen et Al Qard al Hassan), rejointes par Emkan, une nouvelle IMF à la progression rapide. Seules les deux premières IMF communiquent régulièrement leurs données au MixMarket et présentes un portefeuille combiné de près de 29 millions USD servant 31 000 clients à fin 2009, soit un prêt moyen de 930 USD, correspondant à peu près à 10% du PIB/hab.
On note depuis plusieurs années un intérêt croissant de la part des banques commerciales de servir le secteur de la petite entreprise soit directement soit en partenariat avec des IMF professionnelles (notamment Crédit Libanais, Jammal Trust Bank, BLOM Bank, First National Bank et BLC Bank). Ainsi quelques banques ont-elles conclu des partenariats originaux avec des institutions de microfinance, les premières contribuant par leurs fonds et mettant à disposition leur infrastructure, et les IMF apportant leur savoir-faire et leur expérience de terrain. Ce mouvement est encouragé par la Banque Centrale du Liban (Banque du Liban) qui a promulgué une circulaire en 2004 autorisant les banques à soustraire du calcul de leurs réserves obligatoires les actifs alloués à ce type de crédit (assortis de certaines conditions).
1Source: Microfinance Industry Profile - Lebanon, Sanabel, avril 2009
2Source : Lebanon, a diagnostic study on the demand for financial services by micro and small enterprises, International Finance Corporation, jullet 2008.






