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Importance et couverture de la microfinance

Le secteur de la microfinance au Liban, initié durant la guerre civile par le biais de programmes caritatifs, a réellement pris son essor dans la seconde moitié des années 90. Le développement du secteur est resté cependant limité avec aujourd’hui une douzaine d’institutions qui couvrent l’ensemble du territoire libanais. Celles-ci servent aussi bien les milieux urbains et ruraux, avec cependant une prépondérance pour les emprunteurs masculins.

Le secteur semble être concentré d’une part sur la niche du micro et petit entreprenariat et de l’autre par des composantes microfinances de programmes sociaux et caritatifs, dont certaines de mouvance religieuse. Celles-là se concentrant essentiellement au Sud du pays et dans les camps des réfugiés palestiniens.

En l’absence d’association professionnelle et de cadre légal réglementant la profession, des données chiffrées et des statistiques précises sur le secteur ne sont pas disponibles. Cependant, deux institutions (Al Majmoua et Ameen) se détachent des autres en terme de portée et de volumes avec un portefeuille total de près de 20 millions de Dollars US servant 20 000 clients à fin 2006, soit un prêt moyen de 1 000 Dollars US (soit environ 18% du PIB/hab). Cependant il est estimé que la portée des IMF libanaises reste réduite et atteint seulement 10% de la population potentiellement nécessiteuse. Mais l’absence de cadre réglementaire et d’aide gouvernementale semble décourager les opérateurs et les organisations internationales de soutenir le secteur.
Depuis un an cependant, et suite au conflit israélo-libanais de juillet 2006 qui porté de profonds dommages particulièrement aux institutions engagées dans le Liban-Sud, quelques programmes à caractère d’urgence ont été initiés pour aider certaines IMF.

On note depuis plusieurs années un intérêt croissant de la part des banques commerciales de servir le secteur de la petite entreprise par le biais de partenariats avec des IMF professionnelles. De ce sens de nombreuses banques ont conclu des partenariats originaux avec des institutions de microfinance, les premières contribuant par leurs fonds, et les IMF apportent apportant leur savoir-faire et leur expérience de terrain. Ce mouvement est encouragé par la Banque Centrale du Liban (Banque du Liban) qui a promulgué une circulaire en 2004 autorisant les banques à soustraire du calcul de leurs réserves obligatoires les actifs alloués à ce type de crédit (assortis de certaines conditions). Ainsi les institutions Ameen et El Tamkeen ont-elles conclu de pareils partenariats avec des banques.

À noter enfin qu’en l’absence de réglementation spécifique au secteur, les activités de collecte d’épargne ne sont pas autorisées aux institutions de microfinance.

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