Portail Microfinance  

CGAP logo ada GRET

English     عربي     Español     Rechercher dans le site: 

 

Importance et couverture de la microfinance

La République démocratique du Congo, deuxième pays par sa surface en Afrique subsaharienne, émerge de plus de 15 années de guerre, de désordres civils, d’inflation vertigineuse et de crises économiques. Cette situation a eu des effets pervers sur tous les secteurs de la vie nationale y compris la microfinance.

De 1995 à 2000, le pays a connu une forte instabilité qui a durement frappé tout le cadre macroéconomique : baisse du PIB de plus de 40%, dépréciation de la monnaie nationale de près de 62%, inflation galopante où le taux a atteint deux voire trois chiffres (511 % en 2000).

Des mesures prises par les autorités à partir de 2001 ont conduit progressivement au redressement de la situation macroéconomique et politique du pays. Qui plus est, les élections historiques de 2006, ont introduit un ordre démocratique avec un vaste programme de redressement du pays qui a plusieurs axes de travail en commençant par le retour définitif de la paix dans toutes les parties du pays. L’économie de la RDC a enregistré des indicateurs de progrès significatifs par le PIB qui a connu depuis 2006 une croissance annuelle supérieure à 5%.

L’histoire de la microfinance congolaise s’inscrit dans la durée. Elle démarre sous la période coloniale avec des sociétés de type coopératif. Entre 1970 et 1990 les coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC) ont émergé dans le pays et se sont implantées dans des endroits reculés dépourvus de banques. En 1987, les COOPEC détenaient 7 % de l’épargne du secteur bancaire congolais. Avec la période de crise politique et de guerre qui a marqué la décennie 1990, le système financier congolais a été fortement fragilisé par les pillages, l’hyper-inflation (incapacité pour les Institutions du Système de Financement Décentralisé (ISFD) de trouver une valeur refuge) et les mesures monétaires incohérentes. Les COOPEC ont perdu entre 1991 et 1993 près de 80% de leurs membres et 66% des fonds placés dans les banques de dépôts.

Aujourd’hui, le secteur bancaire congolais est caractérisé par le nombre réduit de banques (18 banques pour un pays vaste comme la RDC) et la circulation d’une masse importante de signes monétaires en dehors des banques. Les banques commerciales ont quatre-vingt-dix sept points de services et gèrent environ 200 000 comptes (au 30 décembre 2009).

Pour ce qui est de la microfinance, elle est en pleine émergence et compte plus de 250 structures ; mais ces chiffres ne tiennent pas compte de nombreux systèmes informels (tontines, groupes d’entraide, fournisseurs informels d’intrants à crédit etc…). Néanmoins, malgré ces chiffres le taux de pénétration reste extrêmement faible soit 4% d’après les statistiques du Programme d’Appui au Secteur de la Microfinance congolais (PASMIF). Le secteur doit encore fournir d’importants efforts de professionnalisation de ses acteurs bien qu’un grand travail a déjà été abattu dans ce sens par le RIFIDEC et le PASMIF.

En République Démocratique du Congo, les services de microfinance sont offerts par les coopératives d’épargne et de crédit, des institutions de microfinance (entreprises et sociétés), les organisations non gouvernemental (bien que non officiellement autorisées d’œuvrer sous ce statut), des sociétés de transfert d’argent, et, plus récemment par de nouvelles banques spécialisées et enfin des banques classiques ayant ouvert un département de microfinance en leur sein.

Les prestataires de services financiers sont fortement concentrés à Kinshasa et dans le Bas Congo, bien que quelques banques aient ouvert des agences dans d’autres villes importantes du point de vue économique comme Lubumbashi, Kisangani, Mbuji Mayi, Kananga, Goma, Bukavu.

De tous les prestataires de services financiers, les COOPEC forment toujours la grande majorité numérique d’institutions qui offrent les services financiers. Le secteur microfinancier de la RDC est principalement urbain. Le milieu rural est moins desservi.

Bien que quelques ministères du Gouvernement aient initié quelques programmes de microcrédit : Ministère du Genre, de la Famille et de l’enfant, Ministère de l’agriculture en partenariat avec la FAO plus particulièrement avec le projet d’appui à l’horticulture urbaine et péri urbaine, le secteur reste dominé par l’initiative privée.

La méthodologie la plus marquante est le crédit individuel. Nous avons noté une percée importante de la méthodologie de crédit solidaire avec les « villages banking » de Finca et les « Banques de Communautés » de Hope RDC. Ce sont les deux expériences les plus importantes en termes de nombre de clients touchés dans la méthodologie de crédit solidaire.

Evolution des principaux indicateurs du secteur de la microfinance en RDC

  2007 2008 Sept 2009
Nombre d’IMF et de points de services 230 230 230
Nombre de bénéficiaires 248 173 270 908    477 693
Taux de pénétration (%)
2,48 2,7 4,7
Encours des dépôts (millions USD)
37 - 67
Encours des crédits (millions USD)
24,5 27,3 52,2
 
 Source : Fonds de Promotion de la microfinance – septembre 2009
le site en détail | nous contacter | contribuer | envoyer cette page à un ami