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Importance et couverture de la microfinance

Le contexte de la microfinance en R.D.Congo est indissociable du contexte politique et économique. Le pays a fortement souffert du conflit et ses conséquences l’ont durement frappé : entre 1995 et 2000, le PNB a connu une baisse de 40%, la monnaie s’est dépréciée à un rythme annuel de 62% par an et l’inflation a atteint des taux à 3 voire 4 chiffres (511% en 2000). S’est ajouté à cela le retrait de l’aide internationale, qui a fait son retour en 2001. Néanmoins, les mesures prises par les autorités dans le cadre du processus de reconstruction, en particulier la libéralisation des taux d’intérêt et la maîtrise de l’inflation, ont permis un redémarrage du secteur financier.

L’histoire de la microfinance en RD du Congo s’inscrit dans la durée. Elle a démarré sous la période coloniale avec des sociétés de type coopératif. Entre 1970 et 1990, des COOPEC (Coopératives d'Epargne et de Crédit) ont émergé dans le pays et se sont implantées dans des endroits reculés dépourvus de banques. En 1987, les COOPEC détenaient l’équivalent de 7% de l’épargne du secteur bancaire. Avec la période de crise politique et de guerre qui a marqué la décennie 1990, le système financier congolais a été fortement fragilisé par les pillages, l’hyper-inflation (l’incapacité pour les Institutions du Système de Financement Décentralisé du Congo (ISFD) de trouver une valeur refuge) et les mesures monétaires incohérentes. Les COOPEC ont perdu entre 1991 et 1993 près de 80% de leur clientèle et 66% des fonds placés dans les banques de dépôt.

Aujourd’hui, le secteur bancaire formel est considéré comme pratiquement sinistré : la sous capitalisation est chronique, le taux d’utilisation de la capacité de financement est faible, les normes prudentielles ont du mal à être respectées. Une masse importante de disponibilité monétaire se retrouve en dehors du circuit bancaire. A titre illustratif, à la fin août 2005, la base monétaire en Franc congolais se chiffrait à 122,7 milliards, dont 106,2 milliards (soit 86%) circulaient hors banque.

Pour le secteur de la microfinance, il est en pleine émergence et compte plus de 200 structures ; mais ce chiffre ne tient pas compte des nombreux systèmes informels (tontines, groupes d’entraides…). Néanmoins, malgré ce chiffre, le taux de pénétration reste extrêmement faible. Le secteur est aujourd’hui caractérisé par un manque de professionnalisme de ses structures, alors que l’avenir des activités de l’intermédiation nécessite des institutions de microfinance viables capables d’offrir aux populations pauvres, un accès durable aux services financiers.

En RDC, les services de microfinance sont offerts par des coopératives d’épargne et de crédit, des ONG (organisations non, gouvernementales), des sociétés et entreprises de microfinance, des sociétés de transfert d’argent, et, plus récemment, par de nouvelles banques spécialisées et par quelques banques explorant le marché de la bancarisation de masse (voir le tableau offrant une comparaison des différents types d’institutions dotées d’un statut légal reconnu dans la partie 3).

Avec une population de 8 à 10 millions de personnes, soit le sixième de la population nationale, la ville de Kinshasa possède le plus grand nombre de clients de microfinance : on estime à 57 000 (juin 2006) le nombre de comptes ouverts auprès d’IMF, de coopec et de banques de microfinance. Le secteur bancaire est fortement concentré à Kinshasa, bien que quelques banques aient ouvert des agences dans d’autres villes importantes du point de vue économique : Lubumbashi, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga, Goma, Bukavu et Matadi. La plupart des régions situées au centre du pays sont pratiquement dépourvues de services bancaires et souffrent de mauvaises infrastructures (réseau routier, téléphonie mobile, électricité).

Parmi les structures (petites et moyennes) qui opèrent dans le secteur de la microfinance, les structures agréées par la BCC sont au nombre de 72, au 5 décembre 2007. D’autres régularisent leur dossier à la Direction de la Supervision des Intermédiaires Financiers de la Banque Centrale du Congo (BCC) afin d’obtenir leur agrément.

Le programme PASMIF, en concertation avec la Banque centrale, a commencé à dresser mi-2007 l’inventaire de toutes les institutions de microfinance actives dans le pays, avec le soutien financier du FENU, du PNUD et du Ministère français des Affaires Etrangères.

Statistiques concernant la clientèle des institutions agréées situées à Kinshasa (juin 2006)
Institution Nombre de clients
Bolingo/Coopec
106
Coopec LOR
80
SOCECO/Coopec
77
Coopec Scolaire
1 306
SODEC IMF
195
COOPECAD/Coopec
ND
Coopec Molende
ND
Coopec's
364
MUFESAKIN/Coopec
2 452
ProCredit Bank10
21 250
Bomoko/Coopec
1 972
Coopecas/Coopec
963
CECI/PME/Coopec
1 753
MEC Bosangani/Coopec
1 319
FINCA IMF
22 186
IMF Life Vest
20
CECKI/Coopec
ND
Coopec ACCO
ND
HOPE IMF
2 039
Coopec MAKIN
897
Mecrekin
840
Total
57 819

Source : BCC


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