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Importance et couverture de la microfinance

Les premières expériences de crédit remontent au début de l’indépendance avec la création de la Société Mutuelle de Développement Rural (SMDR) devenue, à partir de 1965, Office National de Développement Rural (ONDR). Cette institution étatique accordait des crédits pour les matériels agricoles et des crédits intrants qui n’ont pas bien été remboursés faute de professionnalisme.

Parallèlement à l’ONDR et ce dans les années 1983-1985, après la grande sécheresse qu’a connue le pays, plusieurs ONG étrangères (ACRA, CARE et OXFAM notamment) et tchadiennes (ASSAILD, DARNA, BELACD) sont intervenues dans le financement du monde rural en intégrant des composantes microcrédits à leurs activités. Ces crédits visaient le rééquipement des familles après la grave sécheresse mais aussi la guerre qu’a connu le pays et qui a entraîné des déplacements massifs de populations vers les pays voisins.

A peu près à la même période, en 1984, a été créée VITA-Projets-Entreprises, plus connue sous le nom de VITA. VITA est l’institution de microcrédit de référence du pays jusque dans la 1ère moitié des années 1990. Elle a été créée par un accord de coopération entre le Gouvernement tchadien et une ONG américaine dénommée VITA (Volunteers In Technical Assistance).

Ignorés par certaines ONG opérant en milieu urbain, certains paysans de la région de Pala ont créé à partir de 1985 les premières véritables coopératives d’épargne et de crédit dénommées « clubs d’épargne et de crédit ». Ces clubs, organisés plus tard en réseau (UCEC-MK) grâce à l’appui du diocèse de la localité et celui financier de CARITAS Suisse ont commencé non pas directement par les activités de crédit mais par l’apprentissage à la notion d’épargne et de ses avantages. Ces structures fonctionnent sur le modèle développé par RAIFFESEIN qui consistait à prioriser l’épargne par rapport au crédit. Cette approche a été imitée dans d’autres régions du sud du pays et au niveau de la capitale (réseau URCOOPEC mis en place par l’Etat Tchadien et le PNUD) et a permis un essor important de la microfinance au début des années 1990.

L’adoption à partir de 2002 de la réglementation COBAC-CEMAC régissant l’activité de microfinance va accroître ce développement avec notamment l’émergence des deux premiers EMF sous forme de société anonyme (FINADEV TCHAD, EXPRESS UNION). Cet essor du secteur sera toutefois marqué par des crises à partir de 2004 au niveau de plusieurs institutions notamment celle du plus grand réseau de la capitale, l’URCOOPEC qui perdure encore.

Les principales structures de microfinance en activité au TCHAD ayant une masse significative d’activité sont : le réseau UCEC-MK (Union des Clubs d’Epargne et de Crédit du Mayo Kebbi), l’UCEC MC (Union des Coopératives d’Epargne et de Crédit du Moyen-Chari), l’ASDEC, FINADEV, et Express Union (spécialisée dans le transfert de fonds).

Selon le recensement effectué en juin 2008 par l’Association Professionnelle Tchadienne des Etablissements de Microfinance (APT-EMF), il existe 210 établissements de microfinance au Tchad. Ces établissements sont situés, pour plus de 90 % de leur effectif, dans la partie méridionale du pays et interviennent en milieu rural et milieu urbain en même temps. Dans leur majorité, les établissements de microfinance du Tchad fonctionnent en réseau, rares sont ceux qui ont choisi d’exercer leurs activités de façon indépendante.

Vous trouverez plus d'informations dans la section données chiffrées sur le secteur


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